— Par Jean-Marie Nol, économiste —
Depuis quelques mois, la Martinique s’embrase en marge du mouvement des activistes nationalistes rouge-vert-noir dans une dérive antivax . Émeutes, pillages, incendies criminels d’un vaccinodrome et très récemment d’un centre de la poste avec la destruction de 25 véhicules , menaces envers les médecins, et pour couronner le tout, injures et insultes à l’aéroport envers les soignants de la réserve sanitaire venus de la France hexagonale pour aider à désengorger le CHUM : déjà quelques années que l’île est le théâtre d’une flambée de violences diverses. Pourquoi une telle inflation de violence ? Est il besoin de souligner à l’attention de certains esprits critiques que la Martinique est actuellement le seul territoire français d’outre-mer à connaître ce type de désagréments. Certains font valoir que la résurgence du débat sur la vaccination vise peut-être à faire oublier les effets sociaux de la crise économique engendrée par la COVID-19. L’explication demeure insuffisante. Cette disjonction entre « l’obligation vaccinale » et les questions sociales et économiques est cruciale pour comprendre le débat actuel en Martinique. Faut-il pour autant relativiser ces événements sous prétexte que ces faits sont commis par une poignée d’individus , que l’immense majorité de la population désapprouve, même si bien sûr elle demeure passive ?.