Au TNB, Ingmar Bergman relu par Arthur Nauzyciel

Scènes de la vie conjugale, anatomie d’un couple en crise

— Par Janine Bailly —

Mots pour maux… Elle est avocate, spécialisée dans les problèmes de divorces, il est universitaire, tous deux sont censés maîtriser le langage, connaître la valeur des mots, et savoir dire les choses au plus juste. Mais les mots sont versatiles. Tantôt servant la vérité, tantôt la déguisant ou la travestissant, ils laissent place à des silences, lourds de non-dits, mais qui peuvent s’avérer plus révélateurs que la parole.

Or, Scènes de la vie conjugale est tout à la fois un théâtre de parole et de non-dits, qui laisse le spectateur combler les vides et les ellipses, reconstituer, à partir du texte de Bergman, et peut-être de son propre vécu, ce que le dialogue suggère. Car si le couple de Marianne – Bénédicte Cerutti – et Johan – Laurent Poitrenaux – porte les stigmates des années soixante-dix, époque dans laquelle l’incarnation le fait vivre, s’il existe bien dans sa singularité, il se fait dans un même mouvement intemporel, universel, et donc archétypal. Nombre d’œuvres littéraires et cinématographiques disent aujourd’hui cette difficulté à vivre ensemble, à trouver entre l’homme et la femme un authentique terrain d’entente, à résister à la prise de pouvoir de l’un sur l’une.  Lire Plus