Yoweri Museveni : Entre panafricanisme, stabilité et verrouillage politique

— Par Rodolf Étienne

Il dirige l’Ouganda depuis 1986.

Quarante ans plus tard, Yoweri Kaguta Museveni reste au centre de la vie politique ougandaise et demeure l’un des dirigeants les plus anciens du continent africain.

Son parcours résume à lui seul plusieurs grandes séquences de l’histoire politique récente de l’Afrique de l’Est : lutte armée, reconstruction de l’État, panafricanisme, guerres régionales, développement économique, militarisation du pouvoir, ouverture au multipartisme, pétrole, contestation démocratique et aujourd’hui question de la succession.

En janvier 2026, la Commission électorale ougandaise l’a déclaré vainqueur d’un septième mandat présidentiel, avec un peu plus de 70 % des suffrages. Son principal adversaire, Robert Kyagulanyi, plus connu sous le nom de Bobi Wine, a rejeté les résultats. Le scrutin s’est déroulé dans un climat fortement contesté, marqué notamment par une coupure d’Internet, des arrestations et des violences dénoncées par plusieurs organisations de défense des droits humains. Yoweri Museveni commence ainsi une nouvelle étape d’un pouvoir entamé alors que Ronald Reagan dirigeait encore les États-Unis, François Mitterrand la France et Mikhaïl Gorbatchev l’Union soviétique.

De Dar es-Salaam à la guérilla

Yoweri Museveni naît en 1944, dans l’ouest de l’Ouganda.  Lire Plus