Entre Garvey, la Négritude, l’Afrique et la biguine

— Par Rodolf Étienne

Dans la famille Jean-Louis-de Rivel, qui demander ? Il arrive que l’histoire disperse les membres d’une même famille au point de nous empêcher d’y voir clair !

Henri Jean-Louis est généralement présenté comme juriste, écrivain, militant panafricaniste et pancaribéen. Son fils, Victor Jean-Louis Baghio’o, apparaît dans l’histoire littéraire comme romancier et ingénieur du son. Sa fille Cécile Jean-Louis, devenue Moune de Rivel, appartient quant à elle à l’histoire de la chanson créole. Leur mère, Fernande de Virel, reste beaucoup moins connue alors qu’elle fut compositrice, violoniste, pianiste et pédagogue.

Pourtant, réunis, leurs itinéraires dessinent quelque chose de beaucoup plus vaste : l’histoire d’une famille créole qui, pendant près d’un siècle, fait circuler entre les Antilles, l’Europe, l’Afrique et les Amériques des idées, des textes, des musiques et une certaine conception de la dignité noire. Charles W. Scheel lui-même invite à considérer ensemble Henri Jean-Louis, Fernande, Victor et Moune dans ce qu’il appelle le « losange » de l’Atlantique noir.

Au commencement, Henri Jean-Louis et Fernande de Virel

Henri Jean-Louis naît à Sainte-Anne en Guadeloupe en 1874.<p>  Lire Plus