Catégorie : Sociologie

Patrick Chamoiseau : « La radicalité est nécessaire »

— PAR JOSEPH CONFAVREUX —

chamoiseau L’écrivain martiniquais Patrick Chamoiseau juge un an de présidence Hollande, depuis son approche poétique de la politique, depuis son exigence de radicalité et depuis les Antilles, aussi éloignées de Paris que proches du « Tout-Monde ». Pour lui, « changer radicalement nos systèmes de représentations » constitue une exigence nécessaire mais « qui ne correspond plus aux temps politiques nationaux et aux petites conquêtes cycliques du pouvoir ».

Peu avant le 6 mai 2012, vous aviez expliqué qu’il était « indispensable que, d’une manière ou d’une autre, la gauche arrive au pouvoir. Pour des raisons de salubrité publique ». Comment jugez-vous, un an après, cette arrivée de la gauche aux commandes ?

Les choses sont infiniment difficiles. Cela confirme ce que nous savions déjà. Nous sommes dans un système d’oppression symbolique, quasi totalitaire, qui couvre l’ensemble de la planète.

→   Lire Plus

Avis de parution d’avril 2013

Sociologie

 Avis de parution

Avril 2013

CASQUETTES CONTRE KÉPIS
Enquête sur la police de rue et l’usage de la force dans les quartiers populaires
Manuel Boucher
Deux années que Manuel Boucher mènent en collaboration avec Mohamed Belqasmi et Eric Malière, une enquête de terrain sur le discernement policier dans plusieurs territoires stigmatisés comme « sensibles » par les forces de l’ordre à Paris, Saint-Denis et Marseille. L’originalité de cet ouvrage repose sur la prise en compte des représentations mutuelles de policiers et d’habitants. Dépassant les approches idéologiques de la question policière dans les quartiers populaires, il apporte des pistes de solutions pour combattre ce processus de défiance réciproque

(Coll. Recherche et transformation sociale, 44 euros, 456 p., avril 2013) EAN : 9782343006444
EAN PDF : 9782296534810  EAN ePUB : 9782336664491

LA CIVILISATION DU CLIC
La vie moderne sous l’emprise des nouveaux médias
Jean-Paul Lafrance
Préface de Sylviane Toporkoff
Les nouvelles technologies d’information et de communication ont changé l’homme dans son quotidien et dans ses comportements. Naître dans cette civilisation, c’est être toujours à un « clic » de l’énorme richesse contenue dans internet : c’est pouvoir joindre n’importe qui grâce à son smartphone, savoir en tous lieux et en tout temps où l’on se trouve, c’est se croire éternel et ignorer le risque de la mort parce ce que l’on peut toujours remettre à zéro les compteurs, comme dans les jeux vidéo.

→   Lire Plus

Génération Y… Les empêcheurs de travailler en rond

— Par Guillemette Faure —

C’est l’histoire de la directrice d’une agence de pub qui a voulu secouer un de ses salariés âgé de 28 ans pour qu’il accepte d’arriver au bureau avant 11 h 30 et qui s’est vu répondre : « C’est pas de ma faute, c’est mon biorythme. » C’est l’histoire de la responsable d’un magasin de luxe qui a trouvé son employé affalé dans un fauteuil en vente, un café à la main et a entendu : »Ben quoi, je suis en pause. » C’est l’histoire de la responsable des ressources humaines d’une grande entreprise de bâtiment à laquelle un jeune conducteur de travaux a demandé de cesser de prélever de sa paie les cotisations retraite, avec cet argument : « La retraite, ça ne m’intéresse pas. » Des anecdotes déversées par chariots dans les formations au « management intergénérationnel », voire plus explicitement intitulées « Apprendre à manager la génération Y ». Autrement dit, les moins de 30 ans (lire l’encadré).

« Comme dans « Super Nanny », les dirigeants font appel à des personnes extérieures pour élever leurs enfants », blague à moitié Christine Charlotin, du cabinet Openmind Conseil, qui intervient dans toutes sortes d’ entreprises, de Hermès à Eiffage.

→   Lire Plus

«Le recul des valeurs judéo-chrétiennes favorise le mensonge»

— Interview de Michel Fize, sociologue —

Comptes dissimulés de l’ex-ministre du Budget Jérome Cahuzac, mensonge et plagiats de Gilles Bernheim, le mensonge est-il devenu partie intégrante de la vie publique ? «Les tentations d’y recourir sont de plus en plus grandes», explique le sociologue Michel Fize au Figaro.

LE FIGARO – Pourquoi mentons-nous et qu’espèrons-nous en tirer?

Miche Fize – Il existe plusieurs types de mensonges. Nous mentons parfois par compassion, quand par exemple nous apprenons qu’un de nos proches est atteint d’une maladie incurable, nous pouvons être tenté de lui cacher la vérité. Nous pouvons aussi mentir par faiblesse, ou par simple souci de gagner du temps, quand la vérité parait trop longue ou trop compliqué à expliquer. Certains mentent aussi car ils ne peuvent pas faire autrement, comme certains voleurs sont amenés à le faire pour vivre: c’est le cas par exemple d’une personne sans aucune ressource qui enjolive son CV pour décrocher un poste. Mais la plupart du temps, nous mentons pour cacher des vérités qui pourraient nous causer des désagréments, pour éviter la sanction comme dans le cas de Jérome Cahuzac ou par intérêt dans le cas de Gilles Bernheim.

→   Lire Plus

Naître ou ne pas naître fille en Inde

— Par MARIO CIFALI Psychanalyste et écrivain —

Qu’il s’agisse du rejet des veuves ou de leur suicide, du mariage forcé des enfants, de l’infanticide ou du viol mortel, dans maintes situations les femmes indiennes sont brutalisées par une seule et même politique relationnelle.

A la différence de Montaigne, je ne peux soutenir : «Il n’y a rien de barbare et sauvage en cette nation, sinon que chacun appelle barbarie ce qui n’est pas de son usage.» Connaître les us et coutumes d’un peuple ne signifie pas accepter ses violences. Où que ce soit, la barbarie n’est pas justifiable sous couvert de croyance. Entendre que la vie doit être martyrisée, parce qu’ainsi elle donne accès à la félicité de l’au-delà, glace le sang. «Souffre et meurs ici bas, tu bénéficieras des béatitudes de l’autre monde» : cette parole d’un traditionaliste indien en dit long. Elle appelle la réplique : «Pourquoi ne meurs-tu pas à l’instant ?» En Inde, l’esprit déifiant qui tourmente les hommes, les femmes et les enfants est souverain. En lui, un imaginaire, mâtiné de superstitions, décide des conduites des individus.

→   Lire Plus

L’inquiétante résurgence des théories de la race

— Par Bernadette Hétier et Pierre Mairat, coprésidents du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples (MRAP). —

Bernadette Hétier et Pierre Mairat, coprésidents du Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les peuples (MRAP) mettent en exergue « la gangrène de la racialisation du discours qui affecte aussi certains secteurs communautaires, et c’est là un fait nouveau ». Ils en appellent « au législateur pour que la proposition de retirer le mot race de la Constitution soit retenue ».

 Leur tribune:

« Le racisme peut se définir par la multiplication de propos ou d’actes stigmatisant telle ou telle catégorie de la population, par des rapports de domination inscrits dans une histoire liée ou non à la colonisation, par la relégation sociale, les discriminations, par un statut de citoyen de seconde zone, par des contrôles policiers, etc.

Mais il peut s’exprimer aussi dans un corps de doctrine racial. Les théories racistes peuvent, selon les contextes, se propager à l’ensemble de la société et doivent être combattues et dénoncées clairement et fermement. Le combat du Mrap contre le discours racial d’extrême droite ou de droite extrême est connu.

→   Lire Plus

Que cache l’assistance sexuelle aux handicapés ?

Cette proposition renforce l’ordre établi 
par la domination masculine

— Par Anne-Cécile Mailfert 
et Julie Muret, porte-parole, 
et Claire Serre-Combe, 
militante d’Osez le féminisme. —

La société prend enfin conscience que les personnes handicapées, tout comme les valides, ont une sexualité et une vie affective. Mais le débat se focalise sur des cas individuels extrêmes, souvent des hommes, avec plusieurs handicaps physiques et/ou moteurs lourds, qui ne sont pas forcément représentatifs de la situation des personnes handicapées. Celui qu’on donne à voir en ce moment sur nos écrans de cinéma : The Session, de Ben Lewin, ou le documentaire Sexe, amour et handicap, de Jean-Michel Carré, ou encore Hasta la Vista, de Gilles De Schrijver, mettent en scène des personnages masculins lourdement handicapés, à la recherche d’une sexualité qu’ils estiment ne pouvoir trouver que dans le recours à une tierce personne, de préférence prostituée. Ils popularisent l’idée que la sexualité des personnes handicapées est forcément impossible autrement.

Cette sexualité est bien souvent taboue. Les professionnels se sentent mal à l’aise face à cette question, l’éducation à la sexualité est encore moins faite qu’ailleurs, les familles acceptent mal que leur enfant handicapé grandisse et s’émancipe également dans sa vie affective et sexuelle.

→   Lire Plus

La vraie Église des pauvres

 — Par Michael Löwy Sociologue franco-brésilien. Directeur de recherche émérite au CNRS. —

Le pape François entend être du côté des plus faibles. Née comme lui en Amérique du Sud, la théologie de la libération portait ce message. Fera-t-il le choix de s’en inspirer ?

Le premier pape latino-américain, François, semble vouloir se distinguer des idées et des pratiques de son prédécesseur, en se référant à saint François d’Assise et en mettant la pauvreté au centre de son pontificat. Pour être comme elle d’origine sud-américaine, est-il proche de la théologie de la libération ? Il est permis d’en douter…

Ce qu’on désigne habituellement par théologie de la libération – un corpus de textes produits depuis 1971 par des figures comme Gustavo Gutierrez, Hugo Assmann, Frei Betto, Leonardo Boff, Pablo Richard, Enrique Dussel, Jon Sobrino, Ignacio Ellacuria, pour ne citer que les plus connus – n’est que l’expression intellectuelle et spirituelle d’un vaste mouvement social, né au moins une dizaine d’années plus tôt, qui se manifeste à travers un réseau serré de pastorales populaires (de la terre, ouvrière, urbaine, indigène, de la femme), de communautés ecclésiales de base, de groupes de quartier, de commissions justice et paix, de formations de l’Action catholique, qui ont assumé de façon active l’option préférentielle pour les pauvres.

→   Lire Plus

L’islamisation est un mythe

— Par Raphaël Liogier (politologue) —

Contrairement aux apparences le débat autour de l’affaire dite Baby Loup relative au licenciement d’une employée de crèche ayant refusé de retirer son voile au travail, ne porte pas sur la défense de la laïcité. Si c’était le cas personne ne serait étonné que la Cours de cassation, sensée juger strictement en droit, ait cassé les décisions précédentes du juge du fond qui violait objectivement la liberté d’expression, en l’occurrence la liberté d’expression religieuse.

Rappelons qu’il s’agit en l’espèce d’un simple foulard, qui ne masque en rien le visage. Alors pourquoi un tel scandale presque unanimement reconnu, de droite à gauche, au point que le ministre de l’intérieur Manuel Vals sorte même de sa réserve en pleine séance du Parlement. Au point que l’on projette déjà une loi pour nous préserver du désastre, tandis qu’un sondage BVA affirme que plus de 80 % des français souhaiteraient une interdiction s’appliquant à l’ensemble des entreprises privées et des lieux accueillant le public.

Le débat est en réalité nourri par le sentiment de faire face à une catastrophe imminente qu’il faudrait à tout prix éviter, au prix même de la violation des droits de l’homme.

→   Lire Plus

Sociologie : les avis de parution de mars 2013

 

 

L’ÉCOLE ET LA FAMILLE DANS LES MILIEUX POPULAIRES AU BRÉSIL

Discours parental et apprentissages scolaires
Cristiane Regina Arns de Oliveira
Ce que pensent les parents de l’école et de l’impact de la réussite scolaire sur la qualité de vie future des individus joue-t-il un rôle sur la trajectoire scolaire des enfants ? Les propos de parents d’élèves en situation d’échec ou de réussite dans les milieux populaires d’une ville du sud au Brésil ont été recueillis puis comparés afin de faire émerger « le discours parental sur l’école ». Cet ouvrage dessine les contours du programme d’intervention Ciranda de Pais, mis en oeuvre avec succès au Brésil.(Coll. Recherches Amériques latines, 29 euros, 294 p., mars 2013) EAN : 9782336007052
EAN PDF : 9782296530461  EAN ePUB : 9782336660134

FRAGMENTS POUR UNE SOCIOLOGIE EXISTENTIELLE (TOME 1)
Théories et concepts
Marcel BOLLE DE BAL
Une sociologie existentielle ? Pour quoi faire ? Surtout pour aborder sociologiquement les dimensions cruciales de l’existence humaine : la naissance, la vie, les émotions, la croissance, l’amour, la mort… en étroite collaboration avec les sciences voisines que sont la psychologie et la philosophie.

→   Lire Plus

Les bons nègres de la manif pour tous, idiots utiles du racisme et de l’homophobie

 

La «Manif pour tous» défile aujourd’hui en Martinique & en Guadeloupe & demain à Paris contre le mariage pour tou/te/s. Cette organisation (la presse l’a démontré, notamment «Le Monde» & le «Canard enchaîné») n’est qu’un agglomérat de mouvements plus ou moins fictifs qui dissimulent en réalité l’église catholique + l’UMP + le FN + des organisations hostiles aux droits des femmes + des patrons fortunés (comme Claude Bébéar, président d’AXA).

 Plus le temps passe, plus ses affiches & slogans se font homophobes, nationalistes & racistes (prenant pour cible la «négresse» Christiane Taubira). Dans ce contexte, il est regrettable que des Français/es d’outre-mers se fassent les «bons nègres» d’un tel cartel & deviennent les «idiots utiles» d’organisations qui les méprisent & les discriminent à longueur d’année.

 La guadeloupéenne Gwladys Pallas, présidente régionale de la Fédération Total Respect / Tjenbé Rèd en Île-de-France, a déclaré : «Les cultures d’outre-mers doivent être respectées : personne n’a le droit de les instrumentaliser dans le sens de ses convictions personnelles & les Français/es d’outre-mers LGBT (lesbiennes, gaies, bi & trans) y ont toute leur place».

→   Lire Plus

« Pour une anthropologie logique du discours postcolonial »

La Bibliothèque Schœlcher vous invite à la conférence débat autour de l’ouvrage « Pour une anthropologie logique du discours postcolonial » d’Alexandre ALARIC.

 

Alexandre Alaric nous invite à découvrir son essai sur le nouvel enseignement de la représentation discursive que la littérature antillaise délivre.

A cet effet, cet ouvrage examine de manière critique les usages de fragments et de traces des grandes approches linguistiques et logiques afin de mieux comprendre les stratégies langagières des écrivains de la Caraïbe et des aires afro-américaines.

 

Intervenants :

 

Rudy Rabathaly, journaliste, écrivain

Alfred Alexandre, écrivain

Fabrice Silpa, Maître de conférences en informatique linguistique.

Michel Dispagne, Maître de conférences HDR en Science de l’éducation


Mercredi 27 mars 2013 – 18h30 – Bibliothèque Schœlcher

 

→   Lire Plus

Contre la constitution de ghettos raciaux en Île-de-France

 Le Cégom condamne l’attaque subie le 16 mars par les passager/e/s d’un train de la ligne RER D, en gare de Grigny-Centre dans l’Essonne, & établit un rapprochement avec d’autres signaux préoccupants en banlieue parisienne. Depuis 2012, à la Grande-Borne (à Grigny également), UPS ne livre plus. Depuis 2010, en Seine-Saint-Denis (à Pantin & dans d’autres «quartiers dangereux»), Darty ne livre plus l’après-midi. Depuis 2007, en Seine-Saint-Denis encore, à Bondy, La Courneuve (Cité des 4.000), Saint-Denis (Franc-Moisins) ou Stains (Clos St-Lazare), la Poste ne livre plus de colis.

 

    Le sociologue martiniquais Pierre Pastel, président du Cégom, a déclaré : «De nombreux Français/e/s d’outre-mers vivent dans les communes & quartiers qui sont ainsi abandonnés puis dégradés, avant d’être stigmatisés & finalement discriminés. Depuis les États généraux de l’outre-mer, le Cégom demande inlassablement à l’État de désenclaver ces ghettos hexagonaux, où nos compatriotes se trouvent – avec d’autres personnes de couleurs – réduit/e/s à une citoyenneté de second rang.»

 

    Ce désenclavement est l’un des objets de la 60ème des mesures annoncées par l’État le 6 novembre 2009, du 30ème des engagements pour les Français/e/s d’outre-mers annoncés par François Hollande le 10 mars 2012 & enfin de la cinquième des revendications que nous avons adressées le 17 décembre au président de la République.

→   Lire Plus

Mots d’excuse : le meileur du pire

Qui a dit que le fossé s’élargissait entre parents et enseignants ? Pour la deuxième fois, Patrice Romain, directeur d’école et, précise-t-il, « ancien parent d’élève, donc ancien sujet d’hilarité en salle des maîtres », livre son florilège des meilleurs « mots d’excuse » (Nouveaux mots d’excuse, Bourin éditeur). L’ensemble est parfois attendrissant, parfois alarmant…, mais toujours hilarant. Le Point.fr vous propose son top 10 (en conservant, cela va de soi, l’orthographe, la syntaxe et la ponctuation originales des textes).

Monsieur, Mardi, Dylan s’est réveillé en retard, donc il est arrivé en retard à l’école. C’est aussi simple que cela, et c’est inutile d’en faire un drame. Merci et cordialement,

Madame, Auriez-vous s’il vous plaît l’obligeance de donner au petit mais néanmoins déjà célèbre Tanguy quelques leçons d’éducation sexuelle ? Il a en effet dit hier à ma fille, je cite in extenso : « Ta mère, c’est un pédé ». J’accepte néanmoins par avance ses excuses.

Monsieur, Et voilà ! Il restait plus que 3 jours de plâtre pour Alexis et il cavalait partout. Il a voulu dessendre les escaliers à cloche pied et il est tombé à cause que l’assenseur était en panne.

→   Lire Plus

Racisme : juifs, musulmans, même combat

La Commission nationale consultative des droits de l’homme pointe du doigt la hausse du sentiment anti-musulman, ainsi que l’augmentation des actes antisémites.

Le sentiment anti-musulman progresse fortement en France, et la hausse des « indicateurs de racisme » est « préoccupante », s’alarme jeudi la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) dans son rapport annuel, « Racisme, antisémitisme et xénophobie en France ». « Pour la troisième année consécutive », la CNCDH constate que « les indicateurs de racisme sont en hausse, que l’intolérance augmente. Le phénomène s’ancre dans la durée, et cette évolution est particulièrement préoccupante », écrit la commission, en se basant sur un sondage CSA réalisé fin 2012 auprès de 1 029 personnes.

Le rapport souligne une « augmentation toujours plus marquée de la méfiance à l’égard des musulmans » et « un rejet croissant des étrangers, perçus de plus en plus comme des parasites, voire comme une menace ». En effet, 55 % des personnes interrogées estiment que les musulmans forment un groupe à part dans la société (+ 4 points par rapport à 2011 et + 11 points par rapport à 2009), et 69 % des personnes déclarent qu' »il y a trop d’immigrés aujourd’hui en France », soit + 10 points par rapport à 2011 et + 22 points par rapport à 2009.

→   Lire Plus

Le rôle des Jésuites dans les débuts des « bagnes » coloniaux de Guyane

  — par Danielle Donet-Vincent —

L’Ancien Régime avait ponctuellement eu recours à l’exil afin de débarrasser le territoire d’individus jugés encombrants : condamnés de droit commun, opposants politiques, prostituées avaient ainsi été mis à la disposition d’entrepreneurs chargés de développer certains territoires coloniaux français ; ils avaient été dirigés essentiellement vers le Canada et la Louisiane. La première de nos Républiques inscrivit ce processus dans l’arsenal législatif ; elle envoya en Guyane ses contingents d’indésirables, parmi lesquels les prêtres réfractaires. Le taux de mortalité fut dramatiquement élevé. Supprimée en 1801, la déportation fut rétablie par le code pénal de 1810. Faute de destination établie, la peine a été commuée en détention en forteresse en 1815. Le premier Empire puis les Restaurations étudièrent longuement le moyen de reprendre le processus interrompu pour des raisons essentiellement politiques. En 1816, un Comité fut mis sur pied afin de trouver une solution à cette situation ; il étudia avec attention les mesures prises par les Anglais en Australie. Dès cette époque, la Guyane est pressentie pour recevoir les exilés. L’Angleterre donnait un exemple magistral avec sa colonie pénale d’Australie, et la Deuxième République, déjà en marche vers le Second Empire, s’en inspira pour instaurer ce que nous appelons improprement les « bagnes » coloniaux.

→   Lire Plus

Gromov : « La science bute sur trois énigmes majeures »

INTERVIEW – Il est un des plus grands mathématiciens du siècle. Âgé de 69 ans, il a quitté l’URSS en 1974 et travaille actuellement entre la France (à l’Institut des hautes études scientifiques de Bures-sur-Yvette) et les États-Unis (New York). Titulaire de nombreux prix, notamment du prix Abel en 2009, l’équivalent du Nobel des maths, ce savant franco-russe touche-à-tout porte un regard curieux sur l’état des sciences, des maths à la physique en passant par la biologie. Pour le JDD, Misha Gromov explique « les trois principales énigmes » de la science actuelle : l’univers, la vie et l’esprit humain… Il lance aussi un cri d’alarme sur l’état de l’enseignement de haut niveau en France et son « incapacité » à déceler des « personnalités non standards ». Rencontre avec un des penseurs les plus originaux du monde actuel.

Pourquoi les maths, si ludiques à vous entendre, sont-elles souvent enseignées de façon aussi ennuyeuse à l’école?
D’abord parce que c’est un non-sens que de vouloir enseigner la même chose à tous. Selon moi, seulement une moitié de la population a des dispositions pour les maths!

→   Lire Plus

Pourquoi (ne) donne-t-on (pas) aux mendiants ?

— L’altruisme nous semble aller de soi, mais contredit les principes de la théorie de l’évolution —

Pourquoi tant de gens font-ils l’aumône ? Par empathie, pitié, sentiments auxquels se mêlent parfois le souci de se donner bonne conscience ou de se faire bien voir du bon Dieu. Jusque-là rien de surprenant.

On peut aussi inverser la question. Pourquoi tant de gens ne font-ils pas l’aumône, ou rarement? Par manque d’empathie ou de pitié ; par égoïsme ou avarice ; par cynisme, parce qu’on ne voit pas ce que ce geste nous rapporte ; par lucidité, si l’on perçoit le racketteur sous le mendiant ; par mépris, si l’on pense que le geste de mendier est dégradant ; par conviction, si l’on croit que donner incite le clochard à demeurer dans son état au lieu de chercher à s’en sortir.

Nous avons donc d’excellentes raisons de donner ou de ne pas donner. Là où les choses deviennent surprenantes, c’est quand on replace la première question, «pourquoi tant de gens font-ils l’aumône ?», dans le contexte plus général de l’évolution de l’homme.

→   Lire Plus

Faut-il réaffirmer le collège unique ou privilégier une orientation précoce ?

La refondation de l’école, c’est un sujet qui fait réagir. Lorsque nous avons proposé aux lecteurs du Monde.fr de donner leur point de vue sur l’un des points de tension qui a surgi à l’Assemblée nationale lors de l’examen de la loi d’orientation et de programmation sur l’école – faut-il réaffirmer le collège unique ou privilégier une orientation précoce ? –, nous avons reçu plusieurs dizaines de contributions en quelques heures. 

Que ce soit en tant qu’enseignant, retraité de l’éducation nationale, ancien élève ou parent d’élève, beaucoup s’inquiètent de l’état actuel de l’école. Trop cloisonné pour certains, le collège doit s’adapter aux profils différents des élèves, quitte à professionnaliser certains parcours dès la sixième. Pour d’autres, au contraire, l’orientation doit être la plus tardive possible, pour éviter tout dispositif qui enfermerait trop tôt les élèves dans une filière. Mais la plupart des contributeurs pensent qu’avec plus de souplesse, on peut trouver un équilibre entre « collège universel » et professionnalisation prématurée.

Nous avons sélectionné quelques-unes de ces contributions.

  • « The right man in the right place », par Alfred Raveau, 82 ans, maître de conférences honoraire en didactique des langues

Jusqu’à l’adolescence, les aptitudes intellectuelles de l’enfant sont en constante évolution pour de nombreuses raisons (contexte, personnalité, environnement, etc.).

→   Lire Plus

Homosexualité, avortement… les prises de position du pape François

A son poste d’archevêque de Buenos Aires, Jorge Mario Bergoglio s’est montré avare d’entretiens avec la presse. Mais à travers des lettres ouvertes ou des homélies, il a néanmoins régulièrement pris position sur des sujets de société ces dernières années.

Dans la lignée de Benoît XVI, il est opposé au mariage homosexuel, contre lequel il a mené croisade en 2010. Il est également hostile au mariage des prêtres, à la légalisation de l’avortement, au contrôle des naissances, à l’ordination de femmes, et au droit octroyé aux transsexuels de faire enregistrer ce changement à l’état civil. Par contre, il s’est montré critique en septembre 2012 à l’égard des prêtres qui refusent de baptiser les enfants nés hors mariage, les qualifiant d’« hypocrites ». Dénonçant le néolibéralisme, la corruption, le clientélisme politique et la pauvreté, il est en revanche davantage progressiste en matière sociale.

  • Mariage homosexuel

En 2010, lors du débat sur l’adoption du mariage gay en Argentine, pays où les trois-quarts des habitants sont catholiques, l’archevêque de Buenos Aires qualifie l’homosexualité de « démon infiltré dans les âmes » et estime que le mariage gay est un acte de « guerre contre dieu »

→   Lire Plus

Éducation parentale : l’urgente nécessité de poser des règles

— Par Gracienne LAURENCE —

Le football, jeu collectif par excellence et combien populaire, bouée de sauvetage, voie d’intégration et de reconnaissance pour certains jeunes en difficulté, chemin de la gloire pour d’autres peut malheureusement ici comme ailleurs être entaché d’incidents graves. Ce fut le cas au cours du match New-Star/Eclair du 22 décembre 2012 où l’arbitre a été lâchement agressé (frappé de dos) par un joueur à qui il avait attribué deux cartons jaunes.

Cet acte déplacé amenait les dirigeants de la ligue de football de la Martinique à tenir une réunion le samedi 19 janvier 2013 (FA du 21 janvier 2013) à laquelle étaient conviés entre autre un psychologue, un représentant de la brigade de prévention de la délinquance, des responsables de clubs de football et un responsable de l’UNAF (union nationale des arbitres de France). En introduction, les organisateurs avaient affiché un slogan très intéressant, fort significatif, posant d’emblée le problème, et traduit en ces termes « je respecte la règle, je respecte l’arbitre » .Effectivement, en frappant l’arbitre, ce jeune faisait état de son manque d’appropriation de la notion de règle mais également de son refus de l’autorité.

→   Lire Plus

La gauche et l’éducation

 par Jean Robelin

 

Jean Robelin, ancien élève de l’Ecole Normale Supérieure, Professeur émérite en philosophie Université de Nice. 

On ne peut nier les bonnes intentions de la gauche à l’égard de l’éducation nationale, ni son engagement financier, même dans des conjonctures difficiles. Mais ces bonnes intentions, l’effort même consenti, ont souvent été contre productifs.

Non seulement la gauche n’a pas enrayé la perte de qualité de l’enseignement public, ni la dégradation certaine des conditions de travail des enseignants, mais à bien des égards elle les a accélérées. Il faut bien reconnaître, pour quelqu’un qui, comme moi, a enseigné 16 ans dans le fameux neuf trois, avant d’aller faire le mandarin dans les universités, qu’à chaque période de gouvernement de gauche, que ce soit sous monsieur Savary, monsieur Jospin, ou l’inénarrable Claude Allègre, on a assisté à une montée de la violence dans les quartiers difficiles, de la démagogie partout. La gauche a participé à la création de la situation désastreuse que nous connaissons aujourd’hui.

Certes, la droite a fait pis, en asséchant les moyens de lutte contre l’échec scolaire, en tarissant les recrutements et en ghettoïsant l’école.

→   Lire Plus

Peillon veut diminuer le nombre de redoublements

Par Marie-Estelle Pech,

redoublement et reussite scolaire

INFOGRAPHIE – À l’école et au collège, la France est championne en la matière, alors que ce dispositif coûte cher et n’a pas prouvé son efficacité.

Dans son projet de loi, présenté lundi après-midi devant l’Assemblée nationale, Vincent Peillon explique vouloir «poursuivre la réduction progressive du nombre de redoublements».

Sur RMC, le 10 décembre, le ministre affirmait vouloir réduire «au moins de moitié» le nombre de redoublements en cinq ans. La pratique du redoublement a baissé en France depuis vingt-cinq ans – où elle touchait alors près de 50% des élèves- mais notre pays recourt encore beaucoup à cette solution.

Selon le projet, «il s’agit d’une pratique coûteuse (8000 euros par redoublement au collège, plus de 10.500 euros au lycée, NDLR), plus développée en France que dans les autres pays et dont l’efficacité pédagogique n’est pas probante.» Pour arriver à ses fins, le ministre entend relancer la politique des cycles. Il s’agit en clair d’organiser les acquisitions sur trois ans, un temps plus continu et plus long que celui de l’année scolaire afin de permettre à tous les enfants de progresser à leur rythme.

→   Lire Plus

Qui a vidé la banque des békés ?

 

 

Par Marie-France ETHEGOIN dans Le Nouvel Observateur 17 janvier 2013 – N° 2515

 

 

Découverts abyssaux, prêts jamais remboursés, largesses accordées aux amis et aux partenaires en affaires. Pendant des décennies, le Crédit Martiniquais tenu par les puissantes familles créoles qui dominent l’économie de l’île, a dilapidé les économies des épargnants. Marie-France Etchegoin relève les dessous d’un scandale qui ravive les brûlures de l’histoire coloniale. La Martinique est un puzzle. Mémoires disparates, blessures séculaires, colères enfouies. Celles des fils d’esclaves contre celles des enfants de colon, des Noirs contre les Blancs, des « petits » contre les » gros ». Fin novembre, à Fort-de-France, il faut grimper sur les hauteurs de la ville pour avoir un aperçu de cette névrose insulaire. Jusqu’à la cour d’appel, qui siège dans un modeste préfabriqué surplombant l’époustouflante baie. C’est là, loin des regards, dans le ronron des climatiseurs, que l’on finit d’enterrer l’une des affaires les plus emblématiques de l’île. Le scandale du Crédit Martiniquais. Charles Rimbaud, 69 ans, crinière blanche et bretelles apparentes sous le blazer, écoute d’un air las les litanies de l’accusation. A la fin des années 1990, les en-cours de cet ex-promoteur en vue s’élevaient à près de 40 millions d’euros.

→   Lire Plus

Je veux un pape ringard !

Par Solange Bied-Charreton, écrivain

 

Malgré l’extravagance de son accoutrement, il a bien fallu se rendre à l’évidence : le pape est un homme comme les autres. Mais il faut avouer que la décision qu’a prise Benoît XVI de nous quitter le 28 février a mis tout le monde K.-O.

Les uns ont versé dans le lyrisme de circonstance, faisant de lui un saint, un martyr de la cause. Un incompris victorieux, émouvant et sensible. Des milliers de mercis sont venus s’agréger sur les réseaux sociaux comme sur la tombe d’Elvis. Les autres se sont réjouis qu’il ne se sente plus tellement à la hauteur, car le monde va si vite et il ne comprend rien.

Il n’est plus adapté. Tel un téléviseur sans écran plasma qui nous ferait l’affront de vouloir rester encore parmi nous, il nous faut maintenant le descendre sur le trottoir et appeler les encombrants pour qu’ils l’emmènent à la décharge.

Dans la joie ou dans la tristesse, tous l’ont bel et bien enterré. Et pourtant Joseph Ratzinger respire encore ! Et il se pourrait même qu’il continue à croire en Dieu après la date de son départ.

→   Lire Plus