— Par Lina Sankari —
Une multitude d’enfants laissés sans protection par la pandémie tombent aux mains de trafiquants et d’un patronat décidé à combler ses pertes. Une véritable traite qui signe une régression historique.
Au bout du voyage, l’esclavage. Fin octobre, la police de l’État indien de l’Haryana (Nord) et la sécurité ferroviaire ont sorti 15 enfants d’un train à la gare d’Ambala. Partis du Pendjab voisin, les mineurs étaient conduits vers le lointain Bengale-Occidental. De manière probable, les trafiquants les destinaient à un travail à l’usine, à une vie de domestiques, de mendiants, d’ouvriers agricoles ou de prostitués. De telles arrestations ne sont pas rares : en août, la police du Bihar annonçait une opération similaire. « Tous les enfants secourus sont des garçons de moins de 10 ans, mais aucun document ne permet d’attester de leur âge exact », témoigne alors Sudhir Shukla, directeur de l’ONG ChildLine au quotidien « Hindustan Times ». Dans ces trains, tous sont accompagnés d’un prétendu oncle ou d’un « voisin ».
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