— Par Éric Cabéria & Christian Jean-Étienne (*)
L’agression antisémite d’un rabbin à Orléans a suscité des condamnations immédiates des plus hautes autorités de l’État. Mais lorsqu’il s’agit de racisme anti-Noirs ou anti-Arabes, la République regarde ailleurs. Jusqu’à quand ?
Samedi dernier 29 mars 2025, la 8 ème édition des marches de la solidarité, baptisée journée mondiale contre le racisme et le fascisme, rassemblait plus de 90 000 personnes dans les rues, une manifestation appelée par 220 associations et syndicats contre le racisme et l’extrême droite. Une manifestation puissante, portée par des citoyens conscients de l’urgence d’une société plus juste. Mais un incident en marge — l’agression d’un rabbin par un adolescent de 16 ans — a suffi à mobiliser l’appareil d’État : le Président, le Premier ministre, le ministre de l’Intérieur, tous ont pris la parole, dénonçant avec vigueur « le poison de l’antisémitisme ».
Soit. L’antisémitisme est une abomination. Il doit être combattu avec détermination.
Mais où est cette même vigueur quand le racisme vise les Noirs ou les Arabes ? Où sont les déclarations solennelles, les condamnations officielles, les tweets républicains, quand la négrophobie frappe ?