Catégorie : Politiques

La clause coloniale contre les dues réparations !

—- Le n° 389 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

Qu’est-ce qui, en 2025, pousse l’État français, à refuser depuis plus d’un demi-siècle, l’extension à ses Territoires dits Outre-mer, les dispositions juridiques favorables de la Charte Sociale européenne révisée de 1996 ?

Charte adoptée en 1961, ratifiée par la France en 1973 (membre du Conseil de l’Europe), laquelle garantit à TOUS ses ressortissants, des droits sociaux et économiques inaliénables (emploi, éducation, éducation santé, eau, etc.), et assure complémentairement, une protection spécifique, contre les discriminations, aux couches les plus vulnérables de la population (enfants, personnes âgées, femmes, personnes en situation de handicap).

Ces dispositions juridiques couvrent parfaitement, le champ des catastrophes sociales et économiques éprouvées par les peuples de Guadeloupe et de Martinique dont vie chère, eau, chlordécone, etc, sont la face visible !

Pourquoi la patrie de la déclaration des droits de l’homme est-elle si résolument hostile à de telles mesures pour nos populations ?

En février dernier, son actuel ambassadeur (Pap Ndiaye), représentant permanent de la France auprès du Conseil de l’Europe, avait jugé cette situation « anormale » !

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Inégalités: l’Outre-mer toujours exclu des droits fondamentaux

Le 31 mars 2025, les associations engagées dans la défense des droits des populations antillaises ont essuyé un revers juridique majeur. Le Comité européen des droits sociaux (CEDS), organe du Conseil de l’Europe, a rejeté leur requête concernant les graves inégalités qui existent entre la France métropolitaine et ses territoires d’Outre-mer, notamment en Guadeloupe et en Martinique. Ce rejet porte un coup dur à l’espoir de voir enfin reconnu le préjudice causé par la pollution au chlordécone et les crises liées à l’accès à l’eau potable dans ces territoires.

Les associations, dont la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), la Ligue des droits de l’Homme (LDH), et Kimbé Rèd FWI, avaient saisi le CEDS en mars 2024 pour dénoncer ces inégalités historiques et réclamer des réparations pour les graves conséquences environnementales et sanitaires du pesticide chlordécone, utilisé jusqu’en 1993, ainsi qu’une amélioration de l’accès à l’eau en Guadeloupe. Cependant, cette demande a été jugée irrecevable par le CEDS, qui a estimé que la Charte sociale européenne, bien que ratifiée par la France, ne s’applique pas aux territoires d’Outre-mer.

Le CEDS a ainsi ouvertement écarté la possibilité pour les populations ultramarines de faire valoir leurs droits économiques et sociaux à l’échelle européenne, mettant en lumière un vide juridique qui persiste depuis des décennies.

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Temps de carême pour Le “S” !

— Par Pierre Alex Marie-Anne —

Sa pénitence, prend la forme de trois déconvenues majeures successives: d’abord, en tout seigneur tout honneur,celle consécutive au passage en coup de vent de Manuel VALLS. Non content de venir la besace vide, au grand dam de ceux qui espéraient un aggiornamento de la politique de l’État outre-mer, ne voilà-t-il pas que” le brave pote “avec lequel on devisait en toute complicité sur les bancs de l’Assemblée Nationale se transforme soudain en horrible père fouettard. Il prend en effet un malin plaisir à lister toutes les carences et insuffisances de la CTM . En résumé : la responsabilité de la situation financière préoccupante de la CTM, (180 millions de déficit selon les chiffres communiqués ),n’incombe pas à l’État qui ne lui doit rien mais à ses gestionnaires (suivez mon regard !), et d’un ! Le développement de la Martinique est entravé par l’absence d’un projet global à 20 ou 30 ans qu’il revient aux responsables politiques locaux d’élaborer collectivement avec la population, l’État pour sa part étant prêt à apporter son soutien, et de deux !

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Hamdan Ballal, coréalisateur palestinien du film oscarisé «No Other Land», attaqué par des colons israéliens et arrêté

Le 24 mars 2025, Hamdan Ballal, coréalisateur palestinien du documentaire oscarisé No Other Land, a été arrêté par l’armée israélienne en Cisjordanie, suite à une violente attaque menée par des colons israéliens. Cette arrestation a eu lieu à Soussiya, un village situé dans le sud de la Cisjordanie, un territoire occupé par Israël depuis 1967. Selon les témoignages rapportés par Yuval Abraham et Basel Adra, les autres coréalisateurs du film, un groupe de colons a agressé Hamdan Ballal, le laissant blessé à la tête et au ventre. Après l’attaque, des soldats israéliens sont intervenus dans l’ambulance qu’il avait appelée et ont procédé à son arrestation, malgré son état de santé. Les témoins affirment avoir filmé les événements, et l’ONG Center for Jewish Nonviolence a également relayé ces informations.

L’armée israélienne, dans un premier temps, a justifié cette arrestation en affirmant que Ballal et deux autres Palestiniens avaient jeté des pierres sur les forces de sécurité, un point de vue qui a été vivement contesté par des témoins présents sur place. De son côté, l’avocate Leah Tsemel, en contact avec la police israélienne, a indiqué que les trois détenus étaient en attente de soins médicaux dans une base militaire.

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Faure, Bayrou, Philippe, dans leurs « jeux de dupes »

—- Le n° 388 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

« Que vaut la parole du premier Ministre François Bayrou ? » : fausse naïve question d’Olivier Faure (Secrétaire du PS), se défendant de la récente pseudo « trahison » de Bayrou à l’égard du PS. Quels avaient été les enjeux du deal filandreux entre ces deux personnages ?

Dans la perspective des prochaines élections présidentielles, le PS (sous la pression de son aile droite, Hollande en tête) cherche à s’émanciper de l’hégémonie de LFI (La France Insoumise) au sein du NFP (Nouveau Front Populaire). De son côté, Macron via Bayrou, cherche à approfondir la fragilité évidente de l’unité électorale au sein du NFP.

Bayrou décide de la tenue d’un « conclave », « sans totem ni tabou », entre « partenaires sociaux » sur le dossier des retraites, pour obtenir le non-vote de la censure par le PS. La suite, on la connaît !

Bayrou non censuré, annonce avec aplomb et « sans aucun tabou », qu’il n’est ni raisonnable, ni même possible de revenir sur la retraite avant 64 ans.

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Réunion de l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR)

— Déclaration de la CGTM

Monsieur le Ministre,

Après la Kanaky, après Mayotte, la Réunion, vous poursuivez votre tournée et vous voilà depuis samedi dans les Caraïbes, et aujourd’hui en Martinique.

Dans le programme communiqué par la préfecture, il est indiqué : « 16.45 : Séance plénière de l’OPMR à la préfecture suivie d’un discours sur la vie chère ». Nous y sommes donc.

Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas un inconnu.

Vous avez été membre du Parti socialiste, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, et cela sous la présidence de François Hollande, un président dit socialiste. Et vous aviez eu au gouvernement un collègue à la tête du ministère de l’économie et des finances, M. Emmanuel Macron, dont vous êtes depuis quelques mois le ministre en charge des Outre-mer, expression employée pour désigner tous ces territoires loin de la France hexagonale.

Durant le mandat de François hollande, mais aussi avant lui, celui de Jospin, un de vos prédécesseurs et camarades, les travailleurs ont trinqué. D’un Jospin qui a déclaré que « l’Etat ne peut pas tout », à un Hollande qui a déclaré que « son véritable adversaire, c’était le monde de la finance » (Bourget en janvier 2012), on a vu comment cela s’est traduit : le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), l’Accord National Interprofessionnel (ANI) avec la réduction du délai de prescription en matière de salaires, passé de 5 ans à 3 ans, le barème des indemnités en cas de licenciement abusif, la loi travail, dite loi El Khomri, la réforme Touraine portant sur les retraites.

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Chlordécone : culpabiliser la population ou prendre les mesures nécessaires ?

—Le n° 387 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

Dans une interview au journal Libération, Edwige Duclay, chargée de mission de l’État sur la question du chlordécone, lève le voile sur le fond de la politique officielle à ce sujet.

Si l’on considère la faiblesse des moyens mis en œuvre par l’État en comparaison avec d’autres affaires de pollution majeure, tant en France que dans d’autres pays, on doit dire que le maître mot de cette politique est « communication ». Et, toute la stratégie est basée sur la culpabilisation de la population couplée au dédouanement de l’État.

La chargée de mission parle bien « des colères de la population », mais ces colères sont présentées comme autant de freins à l’action ! Elle comprend que l’on pose la question de l’impunité, mais c’est pour affirmer immédiatement après que cela ne sert à rien de revenir sur le passé, puisque ce n’est pas ça qui nous donnera à manger !

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Plaidoyer pour la mise en place d’une Zone Franche Sociale en Outre-mer

Lettre ouverte au Ministre des Outre-mer, Manuel Valls

Objet : Plaidoyer pour la mise en place d’une Zone Franche Sociale en Outre-mer

Monsieur le Ministre,

Tous nos territoires d’Outre-mer, et particulièrement la Martinique et la Guadeloupe, traversent une crise structurelle dont les effets sociaux et économiques ne cessent de s’aggraver : chômage, précarité, violence… Loin d’être conjoncturelle, cette situation est le résultat d’un mal-développement chronique qui empêche toute dynamique de relance durable et efficace.

Face à ce constat alarmant, nous, élus et citoyens engagés, portons une proposition forte et structurante : la création d’une Zone Franche Sociale, un dispositif innovant destiné à redonner de la compétitivité à nos entreprises, à relancer l’emploi et à renforcer le pouvoir d’achat de nos concitoyens. En somme, une mesure destinée à rendre espoir et dignité par le travail.

Un territoire en souffrance : l’urgence d’agir

Les Antilles françaises sont confrontées à trois problématiques majeures :

1. Un e4ondrement démographique : La Martinique perd en moyenne 5.000 habitants par an depuis 2009. Ce phénomène entraîne un vieillissement accéléré de la population et une fuite des talents vers l’Hexagone et l’étranger.

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Plus rien ne sera comme avant

— Par Georges Zaméo —

Aussi complexe soit-il, le problème martiniquais n’est pas insurmontable. Pour autant, il présente des points de blocage à caractère psychosociologique que nous ne devons pas passer sous silence, sinon les projets les mieux peaufinés ne donneront pas les résultats escomptés. Georges Zaméo Nous souhaitons que nous construisions notre futur en contrôlant aujourd’hui l’orientation de notre société. Nous savons tous que nous ne voulons plus d’une société construite sur des rapports de domination et sur le racisme, quel que soit son déguisement. Raphaël Constant et Victor Permal

D ire que plus rien ne sera comme avant peut signifier que c’était mieux avant, que, avant, c’était quand même acceptable. Mais, dans le même temps, cela peut aussi vouloir dire que la situation n’est plus vivable et doit faire l’objet de changements. C’est cette deuxième acceptation qui commande ma démarche. « Seul, disait Nietzsche, seul ce qui fait mal, très mal, saisit l’homme tout entier et accélère le processus d’irruption de l’esprit en lui. » J’ai cité à dessein cette pensée de Nietzsche qui, selon moi, traduit on ne peut mieux ce que nous vivons en ce moment dans la cité.

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Non à l’abandon de l’espace forestier martiniquais!

— Communiqué de la CGTM-ONF —

Les travailleurs forestiers, affiliés à la CGTM-ONF, sont en colère. Ils sont mobilisés pour dénoncer l’abandon de l’espace forestier martiniquais.

Durant ces dernières années, le syndicat CGTM-ONF, n’a eu de cesse de dénoncer ceux qui ont à charge la responsabilité de cet établissement public qu’est l’ONF en Martinique.

Aujourd’hui, la forêt ce domaine publique qui relève du patrimoine Martiniquais, est en bonne partie laissée à l’abandon. Et ce, tant pour ce qui concerne l’espace forestier, que pour ce qui concerne le respect des droits, de ceux assurent au quotidiennement son entretien, c’est à dire les ouvriers forestiers.

C’est un combat citoyen, pour exiger que la direction de l’ONF en Martinique, ait une autre conscience du bien public que celle affichée devant les représentants du personnel. Aujourd’hui, les salariés exigent de rencontrer une mission ONF d’intérêts sociales, ainsi qu’une mission d’inventaire forestier.

La CGTM rappelle, que seul l’engagement sérieux de la direction nationale de l’ONF, fera revenir la confiance perdue, des travailleurs forestiers.
Pour la CGTM-ONF
Le Secrétaire syndical
Félix Félicie

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Vie chère, misère sociale, mépris colonial : nouveau souffle de la lutte ?

—Le n° 386 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

La proposition du RPPRAC de rencontrer les organisations syndicales montre de façon très claire qu’il a tiré les leçons des phases précédentes du mouvement contre la vie chère, et qu’il prend en compte les éléments nouveaux de la situation.

Aujourd’hui, la stratégie du pouvoir a un objectif unique : mettre fin à la mobilisation, assorti de deux moyens : pourrir l’emploi du temps par le harcèlement répressif, fermer la porte à toute négociation. Mais cette stratégie se heurte à des faits têtus : la colère populaire est toujours là, les prix étant toujours exorbitants, la réalité des superprofits, aussi bien de GBH que de CMA-CGN, est de plus en plus connue. Le mépris colonial qui transpire dans la gestion de cette affaire comme du reste, jette en permanence de l’huile sur le feu.

Cette situation rend nécessaire un mouvement plus large dans ses revendications comme dans sa composition. En déclarant adhérer à la volonté de poser la question des salaires, des minima sociaux, des pensions de retraite, en affirmant son intention de mettre les forces éveillées par son action au service d’une lutte commune, le RPPRAC prend le chemin de l’efficacité.

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Municipales & intercommunales 2026 : un pas vers la parité!

— Communiqué de presse —

À la suite de l’adoption par le Sénat de la proposition de loi visant à renforcer la parité dans les fonctions électives et exécutives du bloc communal, Intercommunalités de France salue le fait que lors des élections municipales et intercommunales de l’an prochain, l’ensemble des conseils municipaux seront paritaires. L’extension du scrutin de liste aux communes de moins de 1 000 habitants, soit 71 % d’entre elles, représente une grande avancée pour la représentation des femmes dans les fonctions électives.


Intercommunalités de France plaide depuis de nombreuses années pour la parité dans l’ensemble des communes alors qu’aujourd’hui,
la part des femmes dans les conseils municipaux est de 42,4 % seulement. Cette évolution sera un gage de vitalité démocratique et permettra de faire naître des vocations nouvelles dans les petites communes.


Elle permettra en outre de
renforcer la part des femmes dans les conseils des intercommunalités. Aujourd’hui, en raison des règles de représentation des communes, seulement 35 % des conseillers communautaires sont des femmes. On compte 25,6 % de vice-présidentes et 11,9 % de présidentes d’intercommunalités.


Toutefois,
Intercommunalités de France regrette que par la voix de Françoise Gatel, ministre de la Ruralité, le Gouvernement ait supprimé du texte le système de fléchage et de double-liste.

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Journée des droits des femmes : Votons enfin la parité dans les conseils municipaux

— Communiqué de presse —

À l’occasion du 8 mars, journée internationale des droits des femmes, Intercommunalités de France salue le vote en commission au Sénat de la proposition de loi visant à renforcer la parité dans les fonctions électives et exécutives du bloc communal. Elle appelle le Sénat à concrétiser cette évolution indispensable en votant la proposition de loi en séance le mardi 11 mars. Depuis de nombreuses années, l’association appelle à étendre le scrutin de liste paritaire, qui ne concerne aujourd’hui que les communes de plus de 1000 habitants, soit seulement 29 % d’entre elles.

Aujourd’hui, la part des femmes dans les conseils municipaux est de 42,4 %, et l’extension du scrutin de liste à toutes les communes permettrait d’atteindre la parité dans les conseils municipaux appelée de leurs vœux par Intercommunalités de France, l’AMF, l’AMRF et le Haut Conseil à l’égalité. Pour renforcer également la place des femmes dans les conseils des intercommunalités, Intercommunalités de France appelle le Sénat à conserver l’amendement voté en commission qui étend le système de fléchage et de double liste aux communes de moins de 1000 habitants.

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La France, l’Europe, les droits sociaux et nous.

— Par Philippe Pierre-Charles —

Le travail de Sabrina Cajoly, juriste antillaise (et hexagonale, précise-t-elle), spécialiste des droits humains à l’échelle internationale, sur le sujet évoqué dans le titre, mérite toute l’attention du mouvement social, des politiques, des citoyennes et citoyens des dernières colonies et de leurs soutiens en général. 

Bien qu’elle se cantonne à la dimension juridique des choses, son travail méticuleux incite, en fait, à convoquer les profondeurs du passé colonial. Il expose, avec perspicacité et sang-froid, les turpitudes d’un présent fait de discriminations. Et il pose enfin, objectivement, des questions stratégiques sur le futur du combat pour l’égalité et l’émancipation. 

Le passé dont il s’agit nous renvoie au moins à la révolution de 1789, à la grande contradiction de sa signification réelle chez nous. Alors que les cris de liberté et d’égalité des droits secouaient l’Europe des princes et l’Amérique des tyrans esclavagistes, les héros de « la grande révolution « , dans leur majorité, refusaient de voir la faille béante de l’universalisme dont ils se revendiquaient. Ils pratiquaient en effet une triple exclusion : exclusion de la nature humaine des masses africaines, chosifiées dans le code noir, victimes des gigantesques crimes du rapt, de la traite et de l’esclavage, crimes perpétrés sur deux continents et un océan, exclusion des femmes (et pas seulement dans le vocabulaire), exclusion enfin du bas peuple français de tous les droits humains allant au-delà des seuls droits civils. 

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Le parachutage de Sterline Civil à la direction du Fonds national de l’éducation 

Vers le renforcement de la corruption et de l’impunité dans le système éducatif national d’Haïti

 — Par Robert Berrouët-Oriol (*)—

kleptocratie, cleptocratie /klɛp.tɔ.kʁa.si/ nom féminin — « Régime politique où l’autorité et le pouvoir de la ou les personnes qui en [assurent la direction] pratiquent à une très grande échelle la corruption pour s’enrichir et/ou accroître cette autorité ou ce pouvoir ». (Wiktionnaire, n.d.)

Les remontées de terrain qui nous parviennent d’Haïti témoignent de la persistance de maux à la fois chroniques et systémiques affectant l’École haïtienne, notamment sa gouvernance. Ils sont nombreux les directeurs d’écoles, les enseignants et les parents d’élèves à être profondément indignés et révoltés suite à la récente et délictueuse nomination de Sterline CIVIL, jeune trentenaire PHTKiste, au poste grassement rémunéré —650 000 Gourdes par mois–, de directrice du Fonds national de l’éducation d’Haïti. Pour bien contextualiser, d’entrée de propos, l’indignation résultant de la scabreuse nomination de Sterline CIVIL à la direction de la plus corrompue des organismes du système éducatif national haïtien, il est nécessaire de rappeler des faits amplement documentés et rapportés à maintes reprises par la presse locale.

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Combats quotidiens & Résistances à la poussée fasciste internationale

—Le n° 385 de « Révolution Sociliste », journal du GRS —

Les luttes quotidiennes contre la répression, pour des conditions de vie dignes, contre le mépris colonial et l’arrogance capitaliste, participent à la résistance au fascisme, au postfascisme, au néofascisme comme on voudra l’appeler.

L’activité des masses est toujours positive contre les projets mortifères de l’ennemi. Mais croire que cela suffit, c’est prendre le risque d’avoir toujours un temps de retard préoccupant pour le futur. L’expérience historique prouve de façon malheureusement indiscutable, ce qu’il peut nous en coûter.

Les dirigeants de la première puissance mondiale font ouvertement devant toutes les caméras du monde le salut nazi. Des journalistes BCBG de France, dissertent doctement de l’intérêt économique d’un plan ahurissant de nettoyage ethnique de la bande de Gaza. Une internationale fasciste se met en place, se réunit tranquillement, s’appuie sur une dizaine d’États, nourrit des programmes déclarés de soutien entre brigands, et dispose déjà de moyens financiers, technologiques et d’appuis électoraux dans les masses de loin supérieurs à ceux dont Mussolini et Hitler disposaient avant de prendre le pouvoir.

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Narcotrafic : Serge Letchimy interpelle le Premier ministre

La Martinique est aujourd’hui confrontée à une crise sans précédent, conséquence directe du narcotrafic qui menace non seulement la sécurité publique mais aussi l’ensemble du tissu socio-économique de l’île. En raison de sa position géographique stratégique dans les Caraïbes, la Martinique est devenue une plaque tournante du trafic international de stupéfiants, servant de porte d’entrée pour les drogues destinées à l’Europe. Cette situation engendre une montée en puissance des réseaux criminels, qui profitent des faiblesses locales pour s’implanter solidement et étendre leur influence, ce qui place l’île dans une situation de vulnérabilité extrême.

Les chiffres de la lutte contre le narcotrafic sont frappants et révèlent l’ampleur du phénomène. En 2024, la Martinique a enregistré 60 % des saisies nationales de cocaïne, soit 32 des 54 tonnes de drogue interceptées sur l’ensemble du territoire, un chiffre alarmant qui illustre la gravité de la situation. En parallèle, la violence liée à ce trafic connaît une explosion, avec 24 homicides commis en 2024, dont 17 par arme à feu, et déjà 4 meurtres en 2025. Ce chiffre situe la Martinique parmi les régions les plus touchées par les crimes violents, à l’instar de la Guyane et de la Guadeloupe.

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Haïti : Une crise humanitaire et sécuritaire sans précédent face à la violence des gangs et à l’insécurité alimentaire

La situation en Haïti se dégrade à un rythme alarmant, frappant durement une population déjà affaiblie par des années de crises politiques et économiques. Depuis fin janvier 2025, le pays, notamment sa capitale Port-au-Prince, est plongé dans une spirale de violence extrême alimentée par des gangs criminels. Les autorités haïtiennes et les organisations internationales tirent la sonnette d’alarme face à l’intensité de cette violence, qui a causé de nombreuses pertes humaines et forcé plus de 10 000 personnes à fuir leurs foyers.

Les attaques violentes des gangs se multiplient, avec des familles entières anéanties dans leurs maisons et des civils, y compris des enfants, tués alors qu’ils tentaient de fuir. Le témoignage de victimes, relatant des maisons incendiées et des agressions brutales, illustre l’ampleur du drame humain auquel les habitants sont confrontés. La violence des gangs, déjà omniprésente en Haïti, a pris une nouvelle dimension depuis février 2024, lorsque des groupes armés ont intensifié leurs attaques pour obtenir la démission du gouvernement précédent. Malgré l’intervention d’une mission multinationale de soutien à la sécurité (MMAS), qui déploie des policiers de plusieurs pays, la situation ne semble pas se stabiliser.

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Réguler le capitalisme ou travailler à son renversemennt ?

 Le n° 384 de « Révolution Sociliste », journal du GRS —

L’histoire du monde et notre propre expérience nous ont convaincu·e·s de deux choses.

La première : les problèmes de fond que vivent notre peuple et tous ceux du monde ne se résoudront pas dans le cadre du système colonial et capitaliste qui en est la cause principale. Faire remonter le rocher vers le sommet du morne est une activité certes courageuse, mais peu stimulante, sachant que celui-ci redescendra la pente en laissant sur son passage grand nombre de victimes.

La deuxième : passer son temps à psalmodier des visées stratégiques certes justes, mais privées d’objectifs opérationnels tangibles, n’est ni plus efficace ni plus glorieux.

« Seule l’indépendance » (version nationaliste), « Seul le communisme » (version révolutionnaire) permettra de résoudre le chômage, la vie chère, la souveraineté alimentaire etc., etc., etc., ces beaux discours sont inopérants à une échelle de masse.

L’apport fondamental des révolutionnaires russes de 1917, développé dans les quatre premiers congrès de la troisième internationale, puis systématisé dans le programme de transition de la Quatrième internationale, consiste dans une méthode permettant de surmonter les contradictions révélées précédemment.

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Intérêt collectif et planification comme base d’un autre modèle économique et social agricole ! 

— Par Max Dorléans (GRS) —

La critique que nous formulions il y a quelques années au sujet de l’attribution par la CTM d’une subvention de 15000 € à tout jeune martiniquais (diplômé) pour venir s’installer au pays, vaut également sur le fond, pour l’attribution de terres à des jeunes dans l’agriculture.

Non pas que nous soyons, loin de là, opposés à cette attribution de terres (nous n’avons cessé, dans d’autres cadres, d’exiger de cette institution, sous Marie- Jeanne et Lise notamment, de puiser dans sa banque de terres pour en mettre à la disposition de jeunes ou pas, désirant faire de l’agriculture leur activité professionnelle), mais plus prosaïquement, il nous semble que ce type de mise à disposition risque de n’avoir pas l’effet recherché – l’autonomie alimentaire – si elle ne s’inscrit pas dans un plan global (un concept qui fâche les libéraux) visant l’intérêt général.

En effet s’il importe de produire de quoi nourrir la population, et de réduire, ce faisant, notre dépendance alimentaire, une agriculture visant prioritairement la satisfaction des besoins alimentaires de la population, ne peut pas se contenter de productions agricoles pensées individuellement et déconnectées du choix d’autres agriculteur/trices, c’est-à-dire sur la base de choix strictement personnels visant l’intérêt individuel.

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Le Conseil présidentiel de transition promeut le culte de l’escroquerie impunitaire en Haïti

— Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Impunité – Du latin impunitas, impunité.
(…) absence de sanction, de punition, de châtiment. (…) fait pour quelqu’un de ne pas risquer d’être mis en cause pour les fautes qu’il a commises, d’échapper à toute enquête qui pourrait le mettre en accusation, conduire à son arrestation ou à le juger s’il est reconnu coupable. (…) état dans lequel se trouve celui qui n’est pas exposé à des conséquences fâcheuses en raison des actes qu’il a commis. (toupie.org)

Lors de son séjour à Montréal en 2022, Arnold Antonin, le plus talentueux de tous les cinéastes haïtiens contemporains, nous a fait l’amitié de nous offrir une copie de son magistral film documentaire, « Le règne de l’impunité ». D’une durée de 65 minutes, cette œuvre filmique de premier plan réalisée en 2013 éclaire la nature, le rôle et l’étendue des crimes de masse commis pendant 29 ans par la dictature des Duvalier. « Le règne de l’impunité » –pour lequel le cinéaste a recueilli 50 témoignages sur le terrorisme d’État en Haïti et l’impunité dont les bourreaux ont longtemps bénéficié–, s’inscrit dans la vaste fresque mémorielle que peint depuis nombre d’années Arnold Antonin, réalisateur de plus de cinquante films aux formats long métrage et vidéo.

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Actualité de la décolonisation

Intervention de Alain Liméry, Porte-Parole du CNCP, Lamentin – Vendredi 21 février 2025

Notre Président Jean ABAUL nous a rappelé la sauvagerie des rapports imposés par les pays impérialistes occidentaux aux pays qu’ils dominent. Dans ma contribution, je parlerai du contexte dans lequel se pose la problématique de la décolonisation chez nous.

Notre premier constat, c’est que nous vivons un grand paradoxe !

En effet, alors que notre pays s’enfonce dans les pires difficultés dans tous les domaines, alors que le caractère colonial de la situation ne fait aucun doute, alors que sur tous les continents les Peuples dominés se dressent contre le système oppressif et ses conséquences catastrophiques pour l’ensemble du monde, dans notre pays, la plupart des dirigeants politiques continuent à espérer y porter remède en pactisant avec le Pouvoir colonial et par le biais des institutions qu’il contrôle.

Même parmi ceux qui se revendiquent du patriotisme, certains continuent à privilégier des illusions électoralistes au détriment de l’organisation du Peuple et de la lutte concrète pour l’indépendance et la souveraineté.

Les prétextes donnés pour justifier leur démarche sont toujours que «le Peuple n’est pas prêt» ou pire que «le Peuple a peur de l’indépendance».

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 « Mayotte, l’impossibilité d’une île », docu réalisé par Julie Peyrard

 Dimanche 23 février à 21h sur France 5

Le documentaire Mayotte, l’impossibilité d’une île, réalisé par Julie Peyrard, propose un état des lieux de la situation de l’île de Mayotte, quelques mois avant le passage du cyclone Chido, qui a frappé l’île en décembre 2024. À travers un format de journal de bord, ce film cherche à offrir une vision d’ensemble des problèmes sociaux, économiques et politiques qui affectent cette île, département français depuis 2011.

Le documentaire explore la vie quotidienne de différents habitants de Mayotte, qu’il s’agisse de jeunes vivant dans les bidonvilles, d’un instituteur blessé lors d’un braquage, d’une mère de famille sans papiers, ou encore de militants associatifs et de fonctionnaires. Ces témoignages permettent de mieux comprendre les tensions qui traversent l’île, notamment les conflits territoriaux entre quartiers, les difficultés d’accès aux services de base, et les défis liés à la présence importante de migrants comoriens, souvent en situation irrégulière.

En choisissant de donner la parole à un large éventail de personnes, le film montre la diversité des vécus et des opinions sur des sujets tels que la violence, la pauvreté, l’immigration ou la question de la nationalité.

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Un numéro d’Esprit sur le « travail intellectuel »

— Par Michel Herland —

« Nous disons des vertus que les unes
sont intellectuelles, les autres morales. »
Oresme, Éthique 32.


Il n’est pas trop tard pour se procurer le dernier numéro d’Esprit (janvier-février 2025) avec son dossier sur le devenir du travail intellectuel. Ce numéro est paru trop tôt pour rendre compte des ravages que le président nouvellement réélu des États-Unis d’Amérique entend exercer contre la liberté scientifique, néanmoins un article est déjà consacré à l’anti-intellectualisme dans ce pays, un article assez déroutant, au demeurant, dans la mesure où tous les exemples qu’il donne concernent les seules discriminations à l’encontre des tenants du wokisme (pour le dire vite), avant même la nouvelle ère Trump donc, et dans la mesure où l’auteur, Romain Huret, considère comme des « affabulations » toute critique à l’encontre de ce courant intellectuel, malgré les simplifications abusives, l’intolérance parfois dont il existe maints témoignages, de l’autre côté de l’Atlantique comme chez nous.

Cet article incite à accorder une attention particulière à celui qui suit, de Jean-Yves Pourchère, portant sur la « neutralité axiologique » du chercheur.

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Haïti : corruption généralisée au Fonds National de l’Education

— Par Robert Berrouët-Oriol(*) —

« En Haïti, la corruption généralisée au Fonds national de l’éducation met encore en péril la scolarisation de 3 millions d’écoliers »

Professeure de créole et de littérature dans un lycée de Port-au-Prince, Marlène P-L. ne décolère pas. Depuis plusieurs mois elle ne perçoit plus le maigre salaire que le ministère de l’Éducation nationale verse de manière erratique aux 17 000 enseignants du secteur public détenteurs d’une lettre de nomination (de sources concordantes l’on estime à 88 000 le nombre total d’enseignants en poste dans les secteurs privé et public du système éducatif national). Le salaire brut versé aux enseignants du secteur public s’élève à 23 000 Gourdes par mois ; après prélèvement des taxes il est de l’ordre de 18 000 Gourdes… Dans le but de dénoncer à visière levée la précarité de leur situation professionnelle et financière, les enseignants du secteur public ont entrepris récemment à l’échelle nationale une courte grève pour réclamer une fois de plus le paiement des arriérés de salaire et exiger une significative augmentation de leur rémunération –« fòk Leta ayisyen respekte diyite ak konpetans pwofesè yo » a vivement exposé Marlène P-L.

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