— Par Robert Saé —
Il est bien loin le temps où le maire d’une commune pouvait régner en autocrate sur son domaine. Ce temps où la population était contrainte d’afficher ou de simuler sa soumission aux autorités en place, ce temps où les opposants étaient honteusement persécutés, ce temps où les élus roitelets contraignaient les employés municipaux à être, en premier lieu, des rabatteurs électoraux où, pire, des exécuteurs de basses œuvres.
Il faut rendre grâce à ces militants syndicaux qui sont parvenus, il y a une vingtaine d’années, à organiser les travailleurs des collectivités pour qu’ils défendent leurs droits, sécurisent leur statut et s’émancipent de la tutelle des élus.
A l’occasion des prochaines élections à la CTM, nous vivons une situation absolument inédite : la presse parle de « l’éclatement des conseils municipaux ». En effet, dans de nombreuses communes des membres de conseils municipaux faisant partie de la majorité, déclarent soutenir des listes différentes, parfois à l’opposé de l’échiquier politique. C’est même devenu l’objet d’une bataille entre les politiciens adeptes de l’alternance. C’est à qui brandira le plus de prises de guerre réalisées chez l’ennemi !