Catégorie : Sciences Sociales

Rodrigue Petitot condamné à « un an d’emprisonnement, avec sursis !

Le 24 janvier 2025, le tribunal correctionnel de Fort-de-France a rendu son jugement dans l’affaire de Rodrigue Petitot, leader du mouvement contre la vie chère en Martinique. Accusé de plusieurs infractions, dont la violation de domicile, l’outrage à l’ordre public et la rébellion en réunion, il a été condamné à un an de prison avec sursis et à une amende de 500 euros. Les faits reprochés à Petitot remontent au 11 novembre 2024, lorsqu’il s’est introduit sans autorisation, accompagné de trois militants, dans la résidence préfectorale en marge d’une visite ministérielle. À cette occasion, il s’en est pris verbalement au préfet de Martinique, Jean-Christophe Bouvier.

Cette condamnation intervient après un procès tendu, marqué par des manifestations de soutien à Petitot, bien connupour ses prises de position contre les prix élevés des denrées alimentaires en Martinique. Le tribunal a souligné que, bien que certaines de ses actions s’inscrivent dans une démarche militante, elles ne pouvaient être excusées, d’autant plus qu’elles risquaient de banaliser l’idée que l’intrusion dans un domicile privé pourrait être un mode de revendication acceptable. Lors de son procès, Rodrigue Petitot a fermement nié être responsable de la violation de domicile, expliquant que la barrière de la résidence était ouverte au moment de son arrivée.

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Découvrir le métier de clown hospitalier avec Clowns Doktè

Vendredi 24 janvier à 19h à Madiana : « Sur le fil », un film de Reda Kateb +  Concert de la Fanfare Soopah Mario Brass

L’association Clowns Doktè soutient une équipe d’artistes spécialisés dans le clown en milieu de soins, en organisant leurs interventions en pédiatrie et en gériatrie. Le clown d’accompagnement est un véritable créateur de liens sociaux. À travers des rencontres uniques empreintes de jeux, de bienveillance, d’humanité et de rires, il joue un rôle essentiel auprès des patients.

La légèreté et la fantaisie qu’apporte le clown permettent aux petits patients, aux résidents, ainsi qu’à leurs familles, de s’évader des angoisses liées à la maladie ou au vieillissement. Le clown est également un allié thérapeutique, soutenant les équipes soignantes dans leur travail et aidant à dédramatiser les situations complexes et difficiles.

Dans le cadre d’une campagne solidaire, l’association martiniquaise Clowns Doktè invite le public à découvrir le métier de clown hospitalier à travers le film Sur un Fil de Reda Kateb, avec Aloïse Sauvage, Philippe Rebot et Sarah Giraudeau. Ce film est inspiré du livre Journal du Dr Girafe de Caroline Simonds (fondatrice de l’association Le Rire Médecin) et du Docteur Bernie Warren, chercheur en arts du spectacle et psychologie.

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Dans le purgatoire de l’Assimilation

De Mayotte à la Martinique

— Par Mireille Pierre-Louis —

« Avec ce terme « assimilation », s’ouvrait,
s’expérimentait ici dans ces Antilles
le filet le plus large à la fois et le plus raffiné et cruel
que l’Occident ait jamais déployé … »

«  Assimiler : tout réduire à la pâtée unique de l’identique »

(Monchoachi)i

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L’Assimilation génère une grande frustration dans les ex-colonies françaises et menace  aujourd’hui de déboucher sur un chaos généralisé.  

En effet, en raison d’une discrimination structurelle, héritage, selon l’Assemblée générale des Nations-Uniesii, d’un racisme systémique qui affecte les descendants des peuples colonisés et esclavagisés, l’égalité sur le plan des droits peine à s’opérer pour les peuples des DOM en France alors que sur le plan des devoirs, celle-ci se fait à marche forcée, avec une violence institutionnelle inouïe qui explique que ces territoires soient tous, à un degré ou un autre, au bord de l’implosion.  

Aussi, les ex-colonies sont, plus que jamais,  invitées à financer prioritairement elles-mêmes le coût de la  départementalisation. Par ailleurs, elles sont aussi dorénavant requises pour exercer une solidarité à l’échelle de l’Outremer, comme dans la version initiale du PLF 2025iii où le budget de la mission outremer avait drastiquement diminué pour compenser les dépenses de l’Etat suite à sa ruineuse tentative de dégel du corps électoral en Nouvelle Calédonie.

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Un nouvel ordre économique mondial est en marche et dans cette dynamique la caraïbe est en voie de déclassement !

— Par Jean-Marie Nol —

Un nouvel ordre économique mondial est en train de se façonner, bouleversant les équilibres établis et redistribuant les cartes de la puissance entre les nations. Les anciennes dynamiques, construites autour de l’Europe, des États-Unis et de certaines régions stratégiques, cèdent progressivement la place à de nouveaux centres de gravité économique. Au cœur de ces transformations, la région de la Caraïbe, autrefois perçue comme un carrefour géopolitique et économique stratégique par l’Europe et maintenant par les Etats Unis , glisse inexorablement vers un déclassement profond. Ce phénomène, loin d’être isolé, reflète une tendance globale marquée par le recul de l’Europe et la montée en puissance de l’Indo-Pacifique et de l’Amérique du Nord notamment des Etats Unis. Et pour cause, le chiffre à retenir est 26%  et c’est le poids du produit intérieur brut (PIB) des États-Unis dans l’économie mondiale. Un indicateur – 29.720 milliards de dollars de PIB en 2024- , qui suffit à montrer, à lui seul, toute la puissance américaine. En comparaison, la zone euro fait pâle figure avec 15% du PIB mondial. L’Europe, qui représentait encore un cinquième du PIB mondial, voit son influence économique et politique s’effriter.

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L’éphéméride du 21 janvier

Six protestants sont brûlés sur le bûcher devant la cathédrale Notre-Dame de Paris le 21 janvier 1535

L’affaire des Placards est la polémique que provoqua le placardage clandestin d’un texte anticatholique sur les lieux publics à Paris et dans plusieurs villes de province, pendant la nuit du 18 octobre 1534. Elle provoqua la fin de la politique de conciliation menée par le roi François Ier en faveur des luthériens.

Histoire
Les placards dont il est question étaient des écrits injurieux et séditieux affichés dans la nuit du 17 au 18 octobre 1534 dans les rues de Paris et dans diverses villes du royaume de France comme Blois, Rouen, Tours et Orléans. Ces affiches furent placardées jusque sur la porte de la chambre royale de François Ier au château d’Amboise, ce qui constituait un défi et un affront envers la personne même du roi et sa foi catholique. Cet épisode provoque la radicalisation de François Ier contre les partisans de la Réforme, vis-à-vis desquels il avait été jusqu’alors relativement tolérant.

Ces placards étaient intitulés Articles véritables sur les horribles, grands et importables abus de la messe papale, inventée directement contre la Sainte Cène de notre Seigneur, seul médiateur et seul Sauveur Jésus-Christ.

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Hippolyte Morestin (1869-1919) : le chirurgien des « gueules cassées »

— Par Rodolf Etienne —

Conférence – Mairie de Fort-de-France – Les rendez-vous du jeudi

Xavier Chevallier, Conservateur en chef des bibliothèques : Hippolyte Morestin (1869-1919) : le chirurgien des « gueules cassées »

Xavier Chevallier, Conservateur en chef des bibliothèques, à consacré plus d’une décennie à effectuer des recherches, écrire des articles, animer des conférences ou organiser des colloques, dans le but de remettre le patrimoine, l’œuvre, l’engagement et l’histoire d’Hippolyte Morestin à la place méritée dans le panthéon de la science et de la médecine française, notamment de la médecine faciale du début du XXème siècle.

Jeudi 16 janvier 2025, dans le cadre de « Les rendez-vous du Jeudi », le 6ème étage de la mairie de Fort-de-France accueillait Xavier Chevallier pour une conférence consacrée à Hippolyte Morestin, Eminent chirurgien martiniquais né à Basse-Pointe en 1869, et mort à Paris en 1919. L’occasion de mettre à l’honneur ce pionnier de la chirurgie esthétique qui a inscrit haut son nom au patrimoine de la science du XXème siècle.

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Guadeloupe : panne de croissance en 2025 du fait de la contraction des investissements privés et publics.

— Par Jean-Marie Nol —

En 2025, la Guadeloupe se prépare à affronter une année marquée par une stagnation économique persistante, conséquence directe de la panne de croissance et de la contraction des investissements amorcées dès 2023. Cette situation reflète les tensions structurelles et conjoncturelles pesant sur le territoire, accentuées par une instabilité politique au niveau national et un environnement international incertain. Entre ralentissement de l’investissement privé, recul des investissements publics et inertie économique de la consommation , le territoire semble pris dans une spirale négative qui pourrait avoir des répercussions durables sur le développement des politiques publiques en 2025, le tout dans un climat anxiogène d’évolution institutionnelle dont les conséquences financières futures peinent à être évaluées à ce jour.

Depuis plusieurs années, l’investissement privé, moteur traditionnel de la croissance, avec la consommation,donne des signes d’essoufflement. Après une reprise vigoureuse en 2021 (+6,5 %) et 2022 (+7,1 %), les entreprises guadeloupéennes ont vu leur capacité à investir fortement réduite à partir de 2023, avec une hausse en valeur limitée à +0,6 %. Ce ralentissement s’explique principalement par le resserrement des politiques monétaires visant à contenir l’inflation, qui a entraîné une augmentation des coûts du fret et du crédit.

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Brisons les chaînes de l’aliénation !

— Par le CNCP —

Le monde dispose d’une masse de biens extrêmement importante qui suffirait à répondre aux besoins d’une population dépassant des dizaines de fois ses sept milliards d’habitants. Pourtant, les classes populaires vivent dans le dépouillement et ne peuvent avoir accès à une vie décente ; même ceux qui disposent d’une apparente aisance matérielle n’en bénéficient pas vraiment parce que, agressés par des violences sociales et étatiques de tout ordre, ils sont soumis à une tension psychique incessante. Tout cela parce qu’une minorité d’individus, évaluée à 1 % de la population mondiale, accapare toutes les richesses planétaires et impose sa dictature.

Les courageuses résistances populaires, qui n’ont jamais cessé sur aucun coin du globe, ne sont pas encore parvenues à éradiquer le système prédateur qui est entièrement responsable de cette folie.

Plusieurs révolutions*1 lui ont porté des coups de boutoir, mais il reste dominant à l’échelle planétaire car disposant d’atouts majeurs : bien sur, l’architecture des institutions, les forces armées et les services de renseignement, les répressions policières et judiciaires, le chantage économique ; mais, surtout, l’arme de destruction massive sans laquelle, il serait impossible aux vampires de rester au pouvoir : l’aliénation !

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Qu’est-ce que l’indice de durabilité mis en place en 2025 ?

Un indice de durabilité sera désormais affiché sur certains produits électriques et électroniques. Il va progressivement remplacer l’indice de réparabilité, dans un premier temps sur les téléviseurs et les lave-linge. Destiné à favoriser l’économie circulaire, ce nouvel indice intègre des critères plus complets comme la robustesse ou la fiabilité du produit.

L’affichage obligatoire d’un indice de durabilité est inscrit dans la loi de 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire.

Sa mise en œuvre est définie par un décret du 5 avril 2024 . Depuis le 1er janvier, il s’applique aux téléviseurs et il sera étendu aux lave-linge en avril 2025.

Une note sur 10 est attribuée à chaque produit et doit être affichée au moment de l’achat. Elle est établie à partir de critères qui évaluent l’impact environnemental et la durabilité du produit. Cette notation doit permettre au consommateur de faire une comparaison rapide des produits pour déterminer son choix.

Rappel

Un indice de réparabilité avait été mis en place en 2021 sur 5 catégories de produits : smartphones, ordinateurs portables, téléviseurs, tondeuses à gazon, lave-linge hublot.

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Femmes-hommes : égalité ou égalité en dignité et en droits ?

— Par Jean Gabard —

Le patriarcat résiste mais il est aujourd’hui condamné par des féministes qui réclament l’égalité. La société moderne, qui en découle, n’est pourtant pas épargnée par les incivilités, les violences, les crimes, et par la montée du sexisme, du racisme, des idéologies réactionnaires.

Une nouvelle idéologie dominante néo-féministe, en se radicalisant, ne ferait-elle pas aussi « fausse route » en confondant l’égalité et l’égalité en dignité et en droits ?

L’idéologie patriarcale s’est imposée pendant des millénaires. Elle commence à être contestée vers le XVème siècle. Les remises en cause de ce qui avait été établi jusque-là, amènent le Siècle des Lumières, la Révolution, les mouvements libéraux puis démocratiques, et au XXème siècle, la victoire de la démocratie. Les mouvements des années 1960-1970 s’attaquent à tout ce qui reste de cette idéologie dépassée et de nombreuses revendications aboutissent… C’est ainsi qu’en cinquante ans les nouvelles conquêtes ont considérablement bouleversé la société.

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Dépénalisation de l’avortement : 50 ans après…

— Communiqué de Culture Égalité —

Bientôt, les féministes célèbreront l’anniversaire d’un événement très important pour les femmes. En effet, il y a 50 ans était promulguée en France la loi relative à l’interruption volontaire de grossesse. Défendue par Simone Weil, alors ministre de la Santé, au cours de son discours historique à l’Assemblée Nationale, cette loi du 17 janvier 1975 dépénalise l’avortement dans le pays.

Quelques étapes de cette conquête : En 1967, une loi autorise la contraception en France. À la suite, de nombreuses personnalités interviennent publiquement en faveur d’une législation favorable à l’IVG.

En 1971, 343 femmes courageuses déclarent avoir avorté et prônent, dans une pétition, la légalisation de l’IVG, en raison notamment des risques médicaux que comportent les interventions clandestines.

C’est en 1972, dans le procès historique de Bobigny, que Gisèle Halimi arrache la relaxe de M-C. Chevalier, jeune femme de 16 ans ayant avorté à la suite d’un viol, ainsi que des 4 femmes qui l’avaient aidée.

Par la suite, en 1973, 331 médecins revendiquent publiquement, dans une tribune, la pratique d’avortements clandestins illégaux. Les femmes se mobilisent dans la rue.

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L’ atavisme , un concept utile pour comprendre l’évolution graduelle de la société antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’histoire de la Guadeloupe et de la Martinique est profondément marquée par la période esclavagiste et coloniale, qui a façonné non seulement leurs structures économiques, mais aussi leurs dynamiques sociétales, sociales, politiques et culturelles. Ces îles, autrefois des bastions de l’économie sucrière, ont été les théâtres d’une exploitation humaine systématique, où des générations d’hommes et de femmes réduits en esclavage ont été utilisés comme main-d’œuvre pour enrichir les puissances coloniales. Aujourd’hui encore, cet héritage historique pèse lourdement sur le présent, donnant naissance à un concept fascinant, mais souvent controversé : l’atavisme.

Aujourd’hui encore les principales problématiques comme le mal développement, la vie chère et l’évolution institutionnelle qui occupent le devant de la scène en Guadeloupe et Martinique relèvent de l’atavisme , voire d’une étroite proximité avec la notion récente de  neuropsychologie- généalogie que nous avions déjà explicitée dans une tribune précédente qui demeure plus que jamais lourde de sens et d’actualité .

L’atavisme, au sens strict, désigne la réapparition de traits anciens ou archaïques dans un organisme, un comportement ou une société. Dans le contexte des Antilles, il s’agit de l’idée selon laquelle des caractéristiques économiques, sociales et culturelles héritées de la période coloniale continuent d’influencer les dynamiques sociologiques  actuelles.

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L’ONF : un déclin annoncé

 

— Communiqué de presse —

Les salariés de l’ONF, affiliés CGTM, dénoncent un climat délétère et intolérable au niveau de l’ONF Martinique.

À la suite d’une pétition signée par 27 salariés pour demander le départ de Mme ZADICK Aurélie, responsable de l’unité de production, le directeur dit que celle-ci aurait déposé une plainte pour harcèlement. Lors d’une réunion à Paris, la direction générale précise que cette plainte a été déposée deux semaines après la pétition. Nous n’avons toujours pas de dépôt de plainte.

Nous tenons à signaler qu’une enquête administrative est en cours au bénéfice d’un cadre assimilé privé, alors que normalement ce type d’enquête est réservé aux fonctionnaires.

Ce que nous reprochons à Mr LEFEUVRE Jean-Christophe, directeur territorial :

  • Un traitement deux poids deux mesures dans le traitement des conflits par la Direction. Le directeur s’acharne pour défendre Mme ZADICK Aurélie alors qu’il n’a rien fait pour défendre un fonctionnaire qui subit du harcèlement de la part de son supérieur hiérarchique direct. Cette situation continue et n’a toujours pas été réglée avec un agent toujours en souffrance.

  • Il est lui-même incriminé dans plusieurs situations de mal-être au travail et de harcèlement.

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Libération de prisonniers politiques à Cuba après le retrait de l’île de la liste des pays soutenant le terrorisme

Le 15 janvier 2025 marque un tournant important pour les familles de prisonniers à Cuba, avec la libération de près de 20 d’entre eux, un geste salué comme un signe d’espoir. Ce développement survient juste après que Washington ait retiré Cuba de sa liste des pays soutenant le terrorisme, une décision qui a ouvert la voie à un assouplissement des sanctions américaines et à la promesse de libérer 553 détenus.

Les premiers témoignages de cette libération ont émergé rapidement : Rosabel Loreto a indiqué que sa belle-mère, Donaida Perez Paseiro, avait été libérée à 07h30 du matin à Villa Clara. Cette dernière, ancienne prisonnière d’opinion en raison de sa participation aux manifestations anti-gouvernementales de juillet 2021, a dénoncé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux que sa détention, comme celle de nombreux autres prisonniers, avait été utilisée comme « monnaie d’échange » pour obtenir le retrait de Cuba de la liste noire des États soutenant le terrorisme.

Une autre mère a partagé l’émotion de la libération de sa fille, emprisonnée à La Havane après les manifestations de 2021. Cependant, elle a ajouté que son mari, également condamné pour les mêmes faits, restait derrière les barreaux.

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« Les Merveilleuses Années 60 », de Gary Klang

— Par Gary Klang —
Rien ne remplacera les années 60. J’ai eu la chance de vivre Mai 68 aux premières loges, habitant au 34 de la rue Gay-Lussac, à l’endroit même où fut érigée la première barricade. Je revois encore Dany le Rouge passant devant chez moi et haranguant ses troupes. Dans mon appartement, se trouvaient plusieurs de mes amis ainsi que des habitants de l’immeuble dont une fille que nous appelions Tête de Poisson, une communiste endurcie qui nous chantait des airs de balalaïka. Mon copain Bobby Labrousse, alias Brebis Galeuse, enfonça rageusement dans le nez de Jules Badeau – autre surnom – une plume qu’il tira d’un coussin, n’en pouvant plus de l’entendre déconner. Ce soir-là, Jean-Claude O’Garro resta dormir chez nous de peur d’être arrêté par les CRS. Je dus le faire asseoir sur une chaise n’ayant pas assez de lits. Soulignons que, juste en dessous de chez moi, vivait mon amie, Madame Paul Fort, la femme du poète, qui me parlait des célébrités qui venaient autrefois la visiter, tels Paul Valéry ou Georges Brassens.
Les années 60 me donnèrent également l’occasion de voir le Général de Gaulle, accompagné de André Malraux lors de l’hommage rendu à Jean Moulin sur la place du Panthéon, à deux pas du 34 de la rue Gay-Lussac.

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Haïti et au-delà : impact de la violence des gangs et des crises familiales sur les populations vulnérables

— Par Sarha Fauré —

La situation en Haïti continue de se détériorer sous l’effet de la violence des gangs armés qui ravage le pays. Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus d’un million de personnes ont été déplacées en raison de cette violence, un chiffre qui a triplé en un an, passant de 315 000 à plus d’un million de personnes déplacées. Parmi ces déplacés, plus de la moitié sont des enfants, un fait particulièrement préoccupant. Ce phénomène constitue le plus grand nombre de déplacements jamais enregistré en Haïti, et il met en lumière la profondeur de la crise humanitaire.

Les familles haïtiennes sont confrontées à une instabilité qui perdure. Beaucoup d’entre elles ont dû se déplacer plusieurs fois, fuyant la violence des gangs qui contrôlent aujourd’hui 85 % de la capitale, Port-au-Prince. L’impact de cette violence s’étend au-delà de la simple perte de logement, affectant gravement les services essentiels tels que la santé, l’éducation et la sécurité alimentaire. La situation est particulièrement critique dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, où les déplacements ont doublé en un an, aggravant les conditions de vie des habitants.

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Victoires de la musique 2025 : la liste complète des nommés de la 40e édition

Les Victoires de la Musique 2025, célébrant cette année leur 40e édition, s’annoncent particulièrement excitantes. L’événement, qui aura lieu le 14 février 2025 en direct de la Seine Musicale, mettra en lumière les artistes français les plus en vue, avec une cérémonie diffusée en prime time sur France 2 et France Inter, et présentée par Léa Salamé et Cyril Féraud.

Cette édition marque un moment historique pour la cérémonie, qui voit le légendaire Alain Souchon devenir le président d’honneur, ajoutant une touche de prestige à cette soirée qui s’annonce inoubliable. Le programme, un incontournable de la scène musicale française, est centré sur les performances des artistes, mais aussi sur les choix de l’Académie des Victoires, qui décerne les prix dans une série de catégories prestigieuses.

Parmi les nommés cette année, plusieurs figures incontournables se distinguent. Dans la catégorie Artiste féminine, Clara Luciani, Santa, Zaho de Sagazan et Yseult se disputeront la victoire. Du côté des hommes, la compétition sera rude entre Gims, Justice, Philippe Katerine et Tiakola. En ce qui concerne les révélations, on retrouve Pierre Garnier, Lucky Love et Aliocha Schneider chez les masculins, et Solann, Styleto et Yoa parmi les féminines.

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Angélique Angarni-Filopon : Sois belle et tais-toi!

L’expression « sois belle et tais-toi » semble résonner particulièrement dans le cas d’Angélique Angarni-Filopon, Miss France 2025, qui, quelques semaines après son élection, s’est retrouvée au cœur d’une polémique après un silence gêné lors d’une interview. Interrogée sur son soutien aux victimes des attentats de Charlie Hebdo, la Miss Martinique de 34 ans a choisi de ne pas répondre, invoquant sa fonction de neutralité. Ce refus d’exprimer un avis sur un sujet politique a déclenché une vague de critiques, notamment sur les réseaux sociaux, où elle a été accusée de ne pas prendre position face à des enjeux aussi importants que la liberté d’expression.

Ce silence a suscité des réactions variées, allant de l’incompréhension à l’indignation, certains estimant qu’une figure publique comme Miss France devait afficher une position claire sur de telles questions. Face à cette polémique, Angélique Angarni-Filopon a expliqué qu’elle avait agi ainsi par respect de sa fonction, qui, selon elle, impose une certaine réserve sur les sujets politiques et religieux. Elle a également affirmé sur Instagram que la liberté d’expression était pour elle essentielle et qu’elle condamnait fermement les actes terroristes, soulignant qu’elle comprenait que son silence ait pu être mal interprété.

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En Martinique, entre l’écrit et le verbe, c’est l’écrit qui s’envole et la parole qui imprime.

— Par Yves-Léopold Monthieux 

Si l’expression latine panem et circenses (du pain et des jeux) traverse toutes les générations de politiciens, nos princes martiniquais y ajoutent un troisième artifice amenant le peuple à accepter leurs décisions et leurs manquements, ou à s’y résigner : la magie des mots. A cet égard, est-ce une réminiscence de l’arbre à palabres de nos ancêtres africains ? Et est-il trop audacieux de considérer comme prémonitoire le vocable souvent incompris de Négritude ?

En effet, pour faire oublier le réel et le quotidien des Martiniquais, il n’y a pas mieux que le recours à la sémantique qui n’est pas avare de formules à jeter en pâture, dont on sait rarement ce qu’ils recouvrent. Qui donnent dans l’incantation et qui disent l’inverse de la réalité. Avant-hier c’était l’autonomie, le moratoire, entre autres. Hier issue de la nébuleuse constitutionnelle des articles 73 et 74, ce fut la fumeuse “troisième voie”. Voilà qu’aujourd’hui est livrée à la cantonade, l’idée d’une rupture, qui voudrait dire rupture pour certains, mais qui, pour d’autres, ne serait pas rupture mais autonomie, entendue comme le pouvoir de dire m… à la France, à son pouvoir régalien, sa police et sa justice.

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Né en 1942 aux USA, le fact-checking a du plomb dans l’aile

— Par Pascal Froissart(*) —

Mark Zuckerberg vient d’annoncer la fin du fact-checking sur Facebook et Instagram aux États-Unis. Née dans les années 1940 aux États-Unis, la vérification porte la marque de la Seconde Guerre mondiale et de la lutte contre la propagande ennemie, l’antisémitisme, le racisme et tout ce qui divise un pays en guerre. Dans L’Invention du fact-checking, Pascal Froissart, directeur du Celsa (Sorbonne Université) et chercheur en sciences de l’information et de la communication, revient sur les origines de cette démarche journalistique qui vit aujourd’hui une période charnière. Extraits.

En 1942, quelques semaines après l’entrée en guerre officielle des États-Unis, les Américains découvrent avec effarement qu’ils sont exposés à un danger nouveau, une menace sourde, une bombe à retardement posée à même le sol national. En ouvrant leur quotidien ou leur magazine, les lecteurs découvrent que les rumeurs les menacent désormais, que les rumeurs sont partout, que les rumeurs sont incontrôlables, et surtout que l’on peut et qu’il faut lutter contre les rumeurs.

Pour le moment, seul un quotidien de Boston, le Herald, semble saisir l’importance du sujet.

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Outre-mer : l’urgence d’une refonte totale du modèle économique et social

— Par Sabrina Solar —

En janvier 2024, Emmanuel Macron a chargé Pierre Egéa et Frédéric Monlouis-Félicité d’une mission sur les évolutions institutionnelles à envisager pour les territoires d’Outre-mer. Le 7 décembre dernier, les deux experts ont remis leur rapport au président de la République. Le journal Le Monde, ayant pu consulter ce document, a récemment publié un article sur leurs travaux. Certaines conclusions de ce rapport risquent de déplaire à plusieurs élus et acteurs économiques de Martinique.

Le rapport met en lumière l’urgence de réformes profondes dans les territoires d’Outre-mer. Commandée suite à un appel des élus ultramarins et après plusieurs mois de travail intensif, cette mission visait à analyser l’évolution des institutions et des politiques publiques en fonction des spécificités locales. Au terme de 130 auditions, le rapport s’est révélé sans équivoque : la situation économique et sociale de ces territoires, souvent perçus comme des îlots isolés au sein de la République, est préoccupante, et les modèles de développement actuels doivent impérativement être repensés.

Un modèle économique figé et des réformes inadaptées

Les experts soulignent que la multiplication des mouvements sociaux, souvent alimentés par la vie chère, n’est que le symptôme d’un dysfonctionnement plus profond.

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« Il suffit d’écouter les femmes », un docu de Sonia Gonzalez

Mardi 15 janvier à 21h05 sur France 2 et disponible jusqu’au 06/02/2025 sur france.tv

France Télévisions commémore les 50 ans de la promulgation de la loi Veil
Avant 1975, alors qu’aucune contraception fiable n’était véritablement entrée dans les foyers, on estime que 800 000 femmes subissaient chaque année un avortement clandestin, un délit pénal encore sévèrement réprimé. La clandestinité, c’était en fait le quotidien des femmes, des couples, des familles. Mais comment s’y prenait-on ? Combien cela coûtait-il ? Que risquait-on ? L’immense majorité des femmes, toutes marquées par leur “évènement”, n’avaient jamais osé briser le silence, jusqu’à ce que l’INA ne lance un appel à témoins pour lever enfin le voile sur ce pan immense de notre histoire. Contre toute attente, des centaines de messages téléphoniques ont déferlé : des femmes, des filles, des petites-filles, des médecins, des maris, des avocats… tous volontaires pour raconter à quoi ressemblait la vie, quand avorter était interdit.

Ces hors-la-loi, anonymes, non militants, ce sont nos mères, nos tantes, nos grand-mères…C’est aussi la grand-mère d’Ana Girardot, narratrice du film. Morte en 1968 de son avortement, Clotilde Vautier laisse deux orphelines et un veuf : Antonio Otero, un des 79 témoins du recueil de témoignages filmés par l’INA pour la postérité.

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Tueurs de rêves… Voleurs d’espoir!

— par Heidi Fortuné, Magistrat —

Le rêve et l’espoir peuvent être perçus comme des représentations positives élaborées par la pensée, qui nous poussent à avancer, à persévérer, à espérer malgré les obstacles et les épreuves, en nous rappelant que quelque chose de meilleur nous attend au bout du tunnel. Par exemple, on entend à chaque fois : que la nouvelle Haïti est pour bientôt. Certains y croient fermement. D’autres n’y croient malheureusement pas, mais soupirent après. D’ailleurs, l’on imagine mal qu’un compatriote puisse y être défavorable face à la tragédie que traverse le pays en ce moment.

Une autre figuration sans égale dans les annales politiques haïtiennes : le conseil présidentiel de transition (CPT). On nous a annoncé avec solennité que cette institution collégiale de neuf membres, en charge du pouvoir exécutif, était la solution miracle de la crise. Après des mois de gouvernance inefficace et scandaleuse, plusieurs personnes commencent à faire grise mine et à perdre espoir. On admet certainement que rien n’est facile, mais continuer, comme si de rien n’était, pendant que les choses s’aggravent, et que le pays se délite et s’étiole à vue d’œil…ça pue au nez.

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Les Ateliers Médicis – Résidences « Création en cours »

#9– Année scolaire 2024-2025

Depuis 2016, le programme « Création en cours » des Ateliers Médicis soutient les jeunes artistes à travers des résidences d’une durée déterminée, favorisant l’expérimentation et la recherche. Ce dispositif unique offre aux créateurs de toutes les disciplines la possibilité de se consacrer pleinement à leurs projets, tout en enrichissant le parcours d’éducation artistique de jeunes élèves, souvent issus de territoires éloignés des équipements culturels.

Cette année, la Martinique bénéficie de deux résidences exceptionnelles, avec l’artiste Yémendja Abatuci, qui investira l’école du Gros Morne pour une création sonore et visuelle intitulée « An manniè viv », et l’artiste Esther Renier, qui interviendra à l’école de Terre Patate de Macouba, avec le projet de théâtre et d’arts visuels « Konté vi an nou épi awchiv ». Nous félicitons chaleureusement ces deux lauréates pour leurs projets prometteurs !

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Vie chère aux Antilles : L’enquête de Libération met à jour les pratiques opaques et les marges exorbitantes de GBH

— Par Sabrina Solar —

La question de la vie chère aux Antilles et les pratiques économiques des grandes entreprises locales, telles que le groupe GBH, fait l’objet d’une attention croissante non seulement dans les territoires d’Outre-Mer, mais aussi à l’échelle nationale. En ce début d’année, l’enquête publiée par le quotidien Libération, le 9 janvier 2025, a mis en lumière les pratiques controversées de cette multinationale martiniquaise, qui s’est imposée comme un acteur majeur dans plusieurs secteurs économiques, dont celui de l’automobile. Cette investigation est d’autant plus pertinente dans un contexte de crise sociale, où les hausses de prix et les inégalités économiques sont des sujets de débat intense.

L’enquête s’appuie sur des documents internes confidentiels obtenus grâce à un cadre supérieur de GBH, un des 170 managers ayant accès à ces informations sensibles. Ce dernier, travaillant depuis près de 20 ans dans la branche automobile du groupe, a fourni des éléments clés permettant d’exposer l’étendue des marges réalisées par GBH dans ce secteur. Selon les données révélées, les concessions automobiles de GBH en Outre-Mer génèreraient une marge nette de 18 à 28 % sur chaque véhicule vendu, soit trois à quatre fois plus que dans l’Hexagone pour des voitures similaires.

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