Catégorie : Echos d’éco

Les Antilles face à l’évolution d’une société du risque d’ici 2030 ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les Antilles sont confrontées à une transformation sociétale et économique profonde qui, si elle n’est pas anticipée et gérée avec lucidité, pourrait entraîner une crise systémique durable. L’érosion de la démographie, l’affaiblissement du tissu économique local, l’exil des forces vives et la fragmentation sociale sont autant de défis qui modifient structurellement ces territoires ultramarins.La société antillaise moderne se désagrège lentement mais sûrement sous l’effet de la crise économique et de la révolution technologique, et cette mutation profonde s’observe à travers divers phénomènes , notamment l’augmentation du nombre de divorces tardifs, la baisse de la natalité et la montée du célibat. Ces tendances dessinent une réalité sociale nouvelle où les relations humaines se transforment sous l’impulsion du progrès technologique et de l’évolution des mentalités.

La désagrégation progressive de la société antillaise sous l’effet de la crise est une réalité inéluctable, dont les symptômes se manifestent à travers de multiples dynamiques économiques, sociales et démographiques. La dernière étude de l’Insee met en exergue une baisse tragique de la population en Guadeloupe et en Martinique, laissant présager une crise du vieillissement et des migrations qui viendra encore fragiliser des territoires déjà en proie à de profondes difficultés.

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Les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais face à la crainte de leur avenir !

— Par Jean-Marie-Nol —

Chômage, pauvreté, décrochage scolaire, illettrisme , addictions, perte de confiance en l’avenir : la situation de certains 16-30 ans interpelle en Guadeloupe comme en Martinique . Mais dans un autre registre, voilà que les autres jeunes 16/30 ans plus diplômés, une generation dorée, mais qui semble avoir aussi perdu foi en l’avenir. Demain, dans leur globalité, les jeunes Guadeloupéens et Martiniquais seront confrontés à une inquiétude croissante face à leur avenir. Chômage, précarité, violence , crises économiques et financières, changement climatique, perte de confiance dans l’ascenseur social , tout semble converger vers un pessimisme grandissant au sein de la jeunesse. Cette situation n’est pas propre à la Guadeloupe et à la Martinique , mais elle y prend une dimension particulière du fait de leurs spécificités économiques et sociales.

Les chiffres et les études récentes montrent que la jeunesse française dans son ensemble se sent désabusée. Elle est la plus pessimiste d’Europe, marquée par un repli sur elle-même et une méfiance vis-à-vis des institutions et des autres générations. En Guadeloupe et en Martinique , ce malaise est exacerbé par un marché de l’emploi peu accueillant pour les jeunes, des politiques publiques jugées inefficaces et une éducation qui peine à remplir ses promesses d’égalité des chances.

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La Guadeloupe  face au péril du naufrage scolaire et à l’affaiblissement culturel et intellectuel

— Par Jean-Marie Nol —

À la rentrée 2025, l’académie de Guadeloupe prévoit la suppression de 89 postes d’enseignants, répartis entre 22 dans le premier degré et 67 dans le second degré. Cette décision est justifiée par une baisse continue des effectifs scolaires, estimée à 1 687 élèves en moins (-2,3 %) pour cette rentrée, s’inscrivant dans une tendance de diminution de 21,5 % sur les dix dernières années, soit près de 20 000 élèves en moins.

Les syndicats d’enseignants et les fédérations de parents d’élèves expriment leur opposition à ces suppressions, arguant que la baisse démographique ne devrait pas servir de prétexte à des coupes budgétaires. Ils estiment que cette situation devrait plutôt être l’occasion de réduire le nombre d’élèves par classe et d’améliorer les conditions d’apprentissage. Ils craignent également que ces suppressions n’entraînent une augmentation du nombre d’élèves par classe, compliquant le suivi pédagogique. Ces organisations ont adressé des courriers aux autorités académiques et politiques, réclamant un moratoire sur ces suppressions et sollicitant une concertation pour évaluer précisément les besoins du territoire.

Le rectorat, de son côté, assure que malgré ces suppressions, le taux d’encadrement des élèves sera maintenu, voire amélioré.

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Fin de l’État providence vs autonomie politique ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le GUSR (Guadeloupe Unie Solidaire et Responsable) a pris l’initiative d’organiser  aujourd’hui une conférence débat sur l’évolution statutaire.Cette discussion met en lumière une problématique majeure : la confrontation entre la volonté d’autonomie des élus locaux des Antilles françaises et les réalités économiques, sociales et politiques d’un monde en mutation. Les Antilles françaises (Guadeloupe, Martinique) sont particulièrement vulnérables face à ces évolutions, car elles dépendent fortement des transferts publics et sociaux de la France hexagonale.Dans ce contexte, les revendications d’un changement statutaire en Guadeloupe et en Martinique, visant à une autonomie accrue sous l’article 74 de la Constitution, suscitent un vif débat. Si les élus locaux y voient une opportunité de prendre en main leur destin en envisageant le changement statutaire sous l’angle d’une étape vers l’indépendance, les expériences de la Nouvelle-Calédonie , de la Polynésie et de Saint-Martin mettent en lumière les risques d’une telle transition d’autonomie , notamment en matière de finances publiques, de stabilité économique et de maintien des services essentiels. Rappelons que l’État-providence repose sur trois grands piliers : la protection sociale, les services publics et l’intervention économique.

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Pêche durable : une étude révèle pourquoi la taille du bateau ne fait pas tout

— Par collectif (*)

Toutes les flottilles de pêche n’ont pas les mêmes impacts environnementaux, ni les mêmes performances économiques et sociales. Il est ainsi courant d’opposer les gentils petits pêcheurs artisans, et les grands méchants industriels. Mais qu’en est-il exactement ? Dans cette analyse récemment publiée, nous évaluons les empreintes environnementales et les performances socio-économiques des flottilles de pêche françaises opérant dans l’Atlantique Nord-Est. En fonction de la taille des navires et des engins de pêche utilisés, 42 flottilles sont identifiées. Elles agrègent 2 700 navires et débarquent en moyenne 386 000 tonnes de produits de la mer par an, soit près des trois-quarts de l’ensemble des pêches françaises. Pour chacune d’elles, les bases de données européennes publiques permettent de calculer :

  • cinq empreintes environnementales : la surexploitation des ressources naturelles, la capture de poissons juvéniles, l’abrasion des fonds marins, le risque de captures d’espèces sensibles (mammifères et oiseaux marins) et les émissions de CO2 ;
  • cinq indicateurs de performance économique et sociale : l’emploi direct, les salaires, la valeur ajoutée (qui mesure la richesse créée), l’excédent brut d’exploitation (qui mesure la rentabilité), et les subventions (dont la détaxe gasoil).

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Quid de la déclaration de Manuel Valls aux Antilles :  « l’État providence c’est fini ! »

— Par Jean-Marie Nol —

Cette déclaration intervient dans un contexte où la Guadeloupe, est en quête de boussole dans une ère d’incertitude internationale, nationale et locale. L’annonce de Manuel Valls lors de sa récente visite en Martinique sur la « fin de l’État-providence » marque un tournant pour les territoires d’outre-mer, en particulier la Guadeloupe et la Martinique, qui reposent depuis des décennies sur un modèle économique largement soutenu par les transferts publics et surtout sociaux . En déclarant que « ce n’est pas l’État qui est responsable de la crise structurelle aux Antilles » et que les Antillais doivent désormais « se prendre en main », le ministre envoie un signal fort : l’ère de l’assistance systématique touche à sa fin. Cette déclaration intervient dans un contexte de rigueur budgétaire où le gouvernement cherche à réduire drastiquement le déficit public, notamment en annonçant aujourd’hui le gel de 9,1 milliards d’euros de crédits pour l’État et la Sécurité sociale. Une telle politique, appliquée sans distinction aux territoires ultramarins, risque cependant d’avoir des conséquences majeures sur leur stabilité économique et sociale.

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L’avenir du cacao : il y a urgence à préserver un trésor millénaire

— Par Christian Cilas (*) —

Riche et complexe, l’histoire du cacaoyer remonte à environ 3500 av. J.-C. Les Olmèques, l’une des premières civilisations mésoaméricaines, sont souvent considérés comme les premiers à l’avoir cultivé. Ils utilisaient les fèves pour préparer une boisson amère, qui était fréquemment agrémentée d’épices et de piments. Des recherches encore plus récentes indiquent que le recours aux fèves de cacao existait déjà dans la haute Amazonie (actuellement l’Équateur et le Pérou) aux alentours de 5000 av. J.-C.. Les premières plantations organisées, néanmoins, semblent avoir été réalisées dans la région de Soconusco par les Aztèques et les Mayas, parfois avec des systèmes de drainage et d’irrigation.

Le cacao tenait chez les Mayas une place centrale : ils y voyaient un don des dieux et s’en servaient dans des cérémonies religieuses, souvent mélangé avec de l’eau, du miel et des épices pour créer une boisson festive, appelée “xocolatl”. Les fèves de cacao étaient également utilisées comme monnaie, ce qui témoigne de leur valeur économique. Les Aztèques, qui ont succédé aux Mayas, bien que les deux civilisations aient coexisté pendant plusieurs siècles, ont continué cette tradition.Lorsque

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Antilles : Chyen maré sé pou lapidé

Par Mireille Pierre-Louis (Contribution à titre personnel) —

Sommaire

Retour sur le désengagement budgétaire de l’Etat des finances locales

Une Martinique aux finances locales exsangues

Une poudrière sociale qui fait le lit du populisme

L’Etat souffle sur la braise

Des alliés moyenâgeux (comme l’Octroi de mer) devenus encombrants ?

Une instrumentalisation de la misère sociale

Une diversion par rapport à la colonisation de peuplement

Octroi de mer : un nouveau séisme budgétaire en vue

Sans changement de cap de l’Etat français : Maré rin nou !

EXPOSE DES MOTIFS

La « vie est chère » en Martinique, nul ne saurait le contester, mais les prix des produits alimentaires ne sont pas responsables du marasme dans lequel les Antilles s’enfoncent inexorablement depuis une quinzaine d’années. Et, justement, en imposant la « vie chère » comme l’alpha et l’oméga des difficultés de la Martinique aujourd’hui, et même de l’Outremer, l’Etat réussit à détourner l’attention de ses propres manquements dans ces territoires, et plus grave, instrumentalise la misère sociale pour in fine appauvrir les populations, avec la prise de l’Octroi de mer et sa refonte dans une TVA nationale inflationniste.

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Le délitement de la société antillaise, conséquence de la crise existentielle en France hexagonale !

— Par Jean-Marie Nol —
Le délitement de la société antillaise trouve aujourd’hui son explication dans un phénomène insidieux et profondément enraciné : le vide existentiel qui s’installe  de manière progressive en France hexagonale . Près de 80 ans après la départementalisation, la Guadeloupe et la Martinique traversent une mutation sociale majeure découlant de la transformation disruptive de de société française , marquée par une crise du sens, une montée des addictions, une violence accrue et un exil massif des jeunes générations. Ce constat alarmant n’est pas un simple phénomène conjoncturel, mais le résultat d’une évolution lente et complexe, où se mêlent modernité, individualisation et effritement des liens sociaux.

La départementalisation, promulguée en 1946, a marqué un tournant dans l’histoire des Antilles françaises. Elle a amorcé une transformation profonde de la société, rompant en partie avec les structures coloniales d’antan et intégrant progressivement ces territoires dans le modèle républicain français. Pendant les Trente Glorieuses, l’élévation du niveau de vie, la mise en place de l’État providence et l’essor du salariat ont contribué à réduire les inégalités qui, au XIXe siècle, étaient extrêmement marquées.

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Mobiliser la diapora antillaise pour le développement local

Plaidoyer

Il serait plus que temps que la diaspora s’inscrive dans une trajectoire de développement économique et financier des pays Guadeloupe et Martinique !

Pour ce faire il faudrait organiser sans plus tarder un salon des Antilles itinérant dans toutes les grandes villes où se trouvent une diaspora Antillaise avec le concours des collectivités locales, des comités de tourisme, de l’université des Antilles, des représentants de banques ,de groupes culturels ,etc…

La diaspora guadeloupéenne et martiniquaise représente une force inexploitée qui pourrait pourtant jouer un rôle clé dans le développement des 2 îles. Avec environ plus de 600 000 Antillais vivant à l’étranger, notamment en France hexagonale, en Europe , en Amérique du Nord et du Sud , en Asie, dans les territoires d’outre-mer, et dans les Caraïbes, la question de leur implication financière et entrepreneuriale dans l’économie locale mérite une attention particulière. Contrairement à d’autres pays qui, depuis plus de deux décennies, ont su capter et mobiliser leur diaspora au service du développement national, la Guadeloupe tout comme la Martinique accusent un retard important dans ce domaine. Aujourd’hui, face aux défis économiques et sociaux, il devient impératif de structurer une véritable politique d’engagement financier de cette communauté expatriée.

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Arnaque : la banque n’est pas tenue de rembourser la victime négligente

Deux sociétés ont subi une attaque informatique par hameçonnage ayant conduit au versement de 6 virements vers des comptes étrangers. Elles ont demandé, sans succès, à leur banque le remboursement de ces opérations de paiement non autorisées. Elles saisissent la justice et assignent la banque en remboursement.

La cour d’appel condamne la banque à rembourser les sociétés à hauteur de 50 % des pertes subies. Pour elle, la banque a manqué à ses obligations de vigilance et de surveillance de ses systèmes. La banque se pourvoit en cassation.

La Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu en appel. Elle soutient que la responsabilité de la banque n’a pas été retenue par la cour d’appel en raison de la négligence des sociétés clientes. Ainsi, seules celles-ci doivent supporter les pertes subies.

Ainsi, la banque n’a pas à rembourser son client victime d’une escroquerie bancaire lorsque celui-ci a commis une négligence grave.

Voir aussi

Hameçonnage (phishing ou vishing)
Vous avez reçu un message (courriel/SMS : SMS : Short message system (service de message court)) ou un appel suspect de la part de votre banque ou d’une administration (par exemple, caisse d’Assurance maladie) ?

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L’autonomie, une étape vers l’indépendance

Pourquoi intrinsèquement, qu’on le veuille ou non, l’autonomie n’est qu’une étape incontournable vers l’indépendance ?

— Par Jean-Marie Nol —

Les prochaines discussions au Congrès des élus martiniquais et guadeloupéens vont remettre sur la table la question de l’autonomie, avec une volonté affichée d’explorer l’application de l’article 74 de la Constitution, sur le modèle de la Nouvelle-Calédonie et de la Polynésie . Et c’est dans ce contexte qu’il faut s’interroger sur l’évolution de l’autonomie comme étant une étape irrépressible vers un statut d’indépendance. Et force est de souligner que tout cela va dans le sens de l’histoire. Cette perspective, présentée par certains comme une solution miracle, est pourtant loin d’être une évidence. Ce débat a déjà eu lieu et a tourné à l’affrontement doctrinal entre communistes et indépendantistes. La question de la ligne idéologique n’est pourtant toujours pas tranché entre autonomie et indépendance , et pourtant avec le recul , force est de constater que ce sont les communistes qui avaient raison à l’époque au niveau de la doctrine politique et de la ligne idéologique notamment avec la convention de Morne rouge.

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La vie chère aux Antilles n’est pas une fatalité…

… mais une question de volontarisme pour promouvoir un autre système économique !

— Par Jean-Marie Nol —

La vie chère aux Antilles est une problématique persistante qui risque hélas de perdurer dans le temps , et qui malgré des mesures correctrices mises en place par les pouvoirs publics, continue de peser lourdement sur le quotidien des habitants. La baisse de l’octroi de mer et de la TVA, la limitation des marges commerciales, le financement de la continuité territoriale ou encore le bouclier qualité-prix ne sont que des ajustements techniques qui, bien qu’essentiels, n’attaquent pas le cœur du problème. C’est là un coup d’épée dans l’eau ! …Et surtout gardons nous de toute illusion sur la relance de l’agriculture telle que pratiquée actuellement et ce même avec une nouvelle répartition du POSEI , ainsi que sur le mirage de l’autonomie alimentaire. Tout cela ne changera rien, absolument rien à la vie chère.

Dans ce contexte, malgré les efforts de nos élus pour régler la question par le dépôt de propositions de lois, gageons que nous sommes encore loin de finir de gloser sur cette thématique de la vie chère.

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Adaptation et évolution : Les défis des Antilles face à un monde en mutation

Face à un monde qui mute à toute vitesse, les Antilles semblent accuser du retard à l’allumage face à la nécessité de s’adapter au changement de paradigme !

— Par Jean-Marie Nol —

Le monde est en perpétuelle transformation, mais ces dernières décennies, le rythme de ce changement s’est accéléré de manière fulgurante. Les crises économiques et géopolitiques se succèdent, les bouleversements societaux et économiques redéfinissent les équilibres mondiaux et les nouvelles technologies modifient en profondeur nos modes de vie et de travail. Ce climat d’incertitude génère une anxiété palpable au sein des sociétés, et nombreux sont ceux qui s’interrogent sur l’avenir. Face à cette réalité mouvante, l’adaptation devient une nécessité. Il ne s’agit plus simplement de suivre le cours des événements, mais bien d’anticiper les transformations pour ne pas subir un monde en mutation rapide et imprévisible. Ceux qui refusent d’évoluer risquent l’obsolescence dans une époque où l’innovation est devenue la clé de la survie.

Le monde est en mutation accélérée. Les révolutions technologiques, les bouleversements géopolitiques et les transformations économiques redéfinissent les structures sociétales à un rythme effréné. L’émergence des BRICS, la montée en puissance de l’intelligence artificielle et la redéfinition des frontières économiques et politiques ne sont que quelques-uns des marqueurs de cette évolution globale.

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Les défis géopolitiques des indépendances antillaises et kanakiennes face au colonialisme moderne

— Par Jean-Marie Nol —

Les organisations indépendantistes des Antilles-Guyane dans l’impasse du fait de la résurgence du colonialisme avec le nouvel ordre impérialiste mondial ?

Les mouvements indépendantistes des Antilles-Guyane et de Kanaky se retrouvent aujourd’hui dans une impasse stratégique et idéologique , confrontés à une résurgence du colonialisme sous une forme nouvelle et insidieuse, nourrie par un contexte géopolitique international en pleine mutation. Tandis que les aspirations à l’autodétermination se renforcent dans certains territoires, la réponse des anciennes puissances coloniales, notamment la France et les Pays-Bas, semble marquée par une volonté de contrôle renforcée dans la région Caraïbe , appuyée par un réarmement idéologique et militaire. Cette dynamique s’inscrit dans un monde en recomposition, où l’impérialisme d’antan trouve de nouvelles expressions et où les luttes pour la souveraineté locale se heurtent à des logiques de puissance globales et de nouveaux rapports de force.

En juillet dernier, à Bakou en Azerbaïdjan, des représentants de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Kanaky et d’autres territoires ultramarins ont participé à une conférence historique visant à fédérer les derniers territoires encore sous administration française dans un « Front international de libération des colonies françaises ».

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Les inégalités salariales entre femmes et hommes persistent malgré une réduction progressive de l’écart

En 2023, l’écart salarial entre les femmes et les hommes dans le secteur privé demeure important, bien qu’il ait considérablement diminué au cours des dernières décennies. Selon une étude de l’Insee, publiée le 04 mars 2025, le revenu salarial moyen des femmes reste inférieur de 22,2 % à celui des hommes, soit 21 340 euros annuels pour les femmes contre 27 430 euros pour les hommes. Cet écart, bien qu’encore significatif, a diminué d’un tiers depuis 1995, où il était de 22,1 %. Ce progrès s’explique en partie par une réduction de la différence de volume de travail et une baisse des écarts de salaire en équivalent temps plein, mais certains facteurs structurels continuent d’entretenir des disparités.

Une réduction plus rapide depuis 2019

L’étude de l’Insee met en lumière que la réduction des inégalités salariales entre hommes et femmes s’est accélérée depuis 2019, avec une diminution d’environ un point de pourcentage chaque année. Cette évolution plus rapide s’explique en partie par un changement dans la composition des emplois. En effet, la proportion de femmes occupant des postes de cadre, généralement mieux rémunérés, a fortement augmenté.

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Vers une recolonisation de l’Afrique?

La recolonisation de l’Afrique n’est -t-elle pas déjà virtuellement en marche ?

— Par Jean-Marie Nol , économiste —

La question de la recolonisation de l’Afrique est aujourd’hui plus pressante que jamais. Alors que le monde est en pleine reconfiguration géopolitique, le continent africain se retrouve au centre d’une compétition intense entre puissances économiques et militaires, menaçant son autonomie économique et sa souveraineté politique . Loin d’être un simple vestige du passé, le phénomène colonial semble renaître sous une forme plus insidieuse, marquée par une dépendance économique accrue, un contrôle des ressources stratégiques et une ingérence politique déguisée en coopération internationale. L’Afrique, malgré son immense potentiel, peine à s’extraire de ce cycle d’exploitation, alors même que de nouvelles dynamiques mondiales se mettent en place.

Le continent fait face à une accumulation de défis qui entravent son développement. L’extrême pauvreté y reste endémique, touchant entre 50 et 75 % de la population. Les inégalités économiques, sociales et infrastructurelles persistent, alimentées par une instabilité politique chronique. La dépendance aux exportations de matières premières limite sa capacité à diversifier son économie et à créer une industrie compétitive.

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Guadeloupe : Vers une transition économique face aux défis climatiques

Il est plus que temps de cesser de rêver à atteindre l’autosuffisance alimentaire du fait du changement climatique !

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe, comme nombre de territoires ultramarins, se trouve aujourd’hui à un tournant critique de son développement économique notamment à partir de l’agriculture du fait des effets dévastateurs du changement climatique. Longtemps bercée par l’espoir d’une autosuffisance alimentaire fondée sur une agriculture locale dynamique, l’île doit désormais affronter une réalité implacable : toutes les filières agricoles se portent déjà mal et le changement climatique va bouleverser profondément les fondements de ce modèle. Les cyclones de plus en plus fréquents et dévastateurs, les épisodes de pluies diluviennes ou, à l’inverse, de sécheresses prolongées, condamnent toute velléité de stabilité agricole. La situation à Mayotte, récemment frappée par le cyclone Chido, est emblématique de ce phénomène. En quelques heures, l’archipel a vu disparaître jusqu’à 100 % de ses cultures. Les bananiers, maniocs, arbres fruitiers et champs de vanille ont été arrachés ou noyés, laissant derrière eux un paysage désolé où « tout est à refaire ». Ce constat accablant se répète à La Réunion, où le cyclone Garance a anéanti 80 % des cultures agricoles, plongeant la filière dans une crise sans précédent.

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Polluants éternels : l’essentiel sur les PFAS en 6 questions

Le Parlement a adopté un texte visant à lutter contre les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS dits « polluants éternels »). Vie-publique fait le point en six questions sur ce sujet de santé publique.

1 Qu’appelle-t-on « polluants éternels » ou PFAS ?

Les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (Per and PolyFluorinated Alkyl Substances), dites PFAS, constituent un ensemble de plusieurs milliers de composés chimiques. leur nombre exact n’est pas connu : 256 seraient produits industriellement mais il pourrait en exister entre 4 000 et 14 000.  Il existe deux catégories de PFAS : 

  • les PFAS polymères obtenus par assemblage de molécules contenant du fluor ;
  • les PFAS non-polymères.

Emballages alimentaires, textiles (Gore-Tex, par exemple), revêtements des poêles, cosmétiques… les PFAS sont utilisés dans la fabrication de nombreux produits industriels de consommation courante depuis les années 1950. Ces molécules sont aussi répandues dans les secteurs de la santé (les médicaments, par exemple) ou de la transition énergétique (panneaux solaires, batteries…). 

Antiadhésives, imperméabilisantes, résistantes aux fortes chaleurs, ces substances ne se dégradent pas dans l’environnement et polluent l’eau, l’air, les sols et les sédiments.

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SignalConso, le site qui protège les consommateurs

SignalConso est un service public gratuit de la Direction générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des fraudes (DGCCRF).

Les consommateurs peuvent signaler des problèmes rencontrés avec des entreprises sur la plateforme de signalements en ligne, disponible en français et en anglais.

En quelques clics, vous pouvez faire remonter un problème rencontré lors d’un achat ou d’un contrat : retard de livraison, difficulté à vous faire rembourser, fausses promotions, refus de garantie, clauses abusives, prix non affiché, etc.

SignalConso, pour quoi ?

Les objectifs de SignalConso sont les suivants :

  • proposer un espace de dialogue entre le consommateur et le professionnel ;
  • permettre au professionnel de trouver une solution à l’amiable ;
  • accompagner le consommateur dans ses démarches : lui préciser ses droits et l’orienter vers l’interlocuteur approprié (RéponseConso, centre de traitement des appels et courriers de la DGCCRF, association de consommateurs, médiateur de la consommation, justice, etc.) ;
  • permettre à la DGCCRF de repérer les signalements récurrents et ainsi de mieux cibler ses contrôles.

Pour le professionnel, c’est un espace permettant de gérer directement un problème avec des clients mécontents et limiter les avis négatifs sur internet.

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Plaidoyer pour l’urgence d’une nouvelle étape de décentralisation en Guadeloupe.

— Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe, territoire aux enjeux complexes, se trouve à la croisée des chemins avec la mutation du monde . Alors que les débats sur l’autonomie politique refont régulièrement surface, il apparaît de plus en plus clair que l’autonomie, en soi, n’est pas une solution miracle de nature à régler les problèmes et le mal développement de la Guadeloupe . Cependant, un consensus émerge parmi les observateurs et experts de la vie politique locale : la nécessité d’engager un nouveau processus de décentralisation notamment pour accompagner le changement de modèle économique . Cette démarche, loin d’être une simple réforme institutionnelle, constitue une réponse stratégique aux défis économiques, technologiques et sociétaux auxquels l’île est confrontée.

La décentralisation, par définition, vise à transférer des compétences de l’État vers des collectivités territoriales dotées d’une personnalité morale, d’une autonomie financière et de gestion. En responsabilisant les élus locaux, elle permet d’adapter les politiques publiques aux spécificités des territoires, une nécessité impérieuse pour la Guadeloupe dont les contraintes insulaires accentuent la vulnérabilité face aux chocs externes. Les précédents actes de décentralisation en France, notamment les grandes lois de 1982 et l’« acte II » de 2003, ont amorcé ce processus.

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Des ventilateurs aux vélos cargos 

— Par l’association Les Vélos Marin Martinique

Subventions, un modèle à la dérive

Le mardi 18 février dernier en Martinique, une entreprise spécialisée dans l’isolation thermique a lancé une offre de vélos cargos à zéro euro, tentant d’en écouler un maximum avant une éventuelle évolution réglementaire. En théorie, une telle initiative aurait pu avoir un impact positif en mettant sur l’île près de 50 000 vélos cargos (chiffre annoncé par la société Coop Écologie). Cependant, la démarche ressemblait davantage à une opération opportuniste désespérée qu’à un projet réellement structurant. L’entreprise, visiblement au courant d’une évolution rapide de la situation, a joué la carte de l’urgence pour maximiser ses ventes.

Nous avons été sollicités avec insistance par Coop Écologie, qui nous a pressés de signer rapidement :
« Dépêchez-vous, signez vite, car dans quelques jours, ce ne sera plus possible ! »
Cette précipitation, loin de rassurer, a suscité des doutes sur les véritables intentions derrière cette opération.

 Ce n’était d’ailleurs pas la première intervention de cette entreprise dans le domaine de la transition écologique. Elle s’était déjà illustrée par la distribution gratuite de brasseurs d’air dans plusieurs hlm de l’île.

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Intérêt collectif et planification comme base d’un autre modèle économique et social agricole ! 

— Par Max Dorléans (GRS) —

La critique que nous formulions il y a quelques années au sujet de l’attribution par la CTM d’une subvention de 15000 € à tout jeune martiniquais (diplômé) pour venir s’installer au pays, vaut également sur le fond, pour l’attribution de terres à des jeunes dans l’agriculture.

Non pas que nous soyons, loin de là, opposés à cette attribution de terres (nous n’avons cessé, dans d’autres cadres, d’exiger de cette institution, sous Marie- Jeanne et Lise notamment, de puiser dans sa banque de terres pour en mettre à la disposition de jeunes ou pas, désirant faire de l’agriculture leur activité professionnelle), mais plus prosaïquement, il nous semble que ce type de mise à disposition risque de n’avoir pas l’effet recherché – l’autonomie alimentaire – si elle ne s’inscrit pas dans un plan global (un concept qui fâche les libéraux) visant l’intérêt général.

En effet s’il importe de produire de quoi nourrir la population, et de réduire, ce faisant, notre dépendance alimentaire, une agriculture visant prioritairement la satisfaction des besoins alimentaires de la population, ne peut pas se contenter de productions agricoles pensées individuellement et déconnectées du choix d’autres agriculteur/trices, c’est-à-dire sur la base de choix strictement personnels visant l’intérêt individuel.

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La cercosporiose noire : une menace croissante pour la banane en Martinique et en Guadeloupe

— Par Jean Samblé —

La cercosporiose noire, ou maladie des raies noires, est l’une des maladies les plus redoutables pour les cultures de bananes, causée par le champignon Pseudocercospora fijiensis. Depuis sa détection en Martinique en 2010, cette maladie a fait des ravages dans toutes les zones de production bananière de la planète, représentant un véritable défi économique, écologique et social pour les producteurs locaux. Elle touche toutes les variétés de bananes cultivées, telles que la banane créole, les freyssinettes, les figues-pommes et le kokambou.

Les spores du champignon se propagent principalement par le vent, atteignant rapidement les différentes parcelles de bananiers. Bien que la cercosporiose noire ne présente aucun danger pour la santé humaine, son impact sur les cultures est considérable : elle attaque les feuilles des bananiers, entraînant une réduction de la qualité des fruits et, parfois, des pertes pouvant atteindre jusqu’à 25% de la récolte. En outre, la maladie réduit la durée de conservation des fruits, ce qui engendre des pertes particulièrement importantes lors de l’exportation.

La situation s’aggrave avec la diminution des rendements, surtout en raison de l’intensification des coûts de production, accentués par des normes jugées trop contraignantes.

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Exil des jeunes : au-delà des dimensions politiques et sociologiques

Pourquoi vouloir analyser uniquement le phénomène de l’exil des jeunes sur le plan politique et sociologique est une erreur ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’exil des jeunes Guadeloupéens est un phénomène complexe qui ne peut être pleinement compris en se limitant à une analyse strictement politique et sociologique. Si ces dimensions offrent des éclairages intéressants sur les dynamiques identitaires, culturelles et sociales qui traversent l’archipel, elles ne suffisent pas à saisir l’ampleur du problème. Réduire l’exode des jeunes à une lecture idéologique ou émotionnelle revient à négliger les véritables moteurs structurels de cette fuite des talents, qui sont avant tout économiques et financiers. Cette approche partielle tend à occulter les réalités concrètes auxquelles font face les jeunes Guadeloupéens, pris entre un modèle économique local obsolète et un monde en perpétuelle mutation technologique et sociétale. Dans ces conditions vouloir analyser le phénomène de l’exil des jeunes Guadeloupéens uniquement sous les angles politique et sociologique peut effectivement conduire à une vision partielle et parfois biaisée de la situation. Bien que les dimensions politiques et sociologiques apportent un éclairage précieux sur les dynamiques identitaires, culturelles et sociales à l’œuvre, elles ne suffisent pas à saisir l’ampleur et la complexité du problème.

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