Catégorie : Echos d’éco

Intérêt collectif et planification comme base d’un autre modèle économique et social agricole ! 

— Par Max Dorléans (GRS) —

La critique que nous formulions il y a quelques années au sujet de l’attribution par la CTM d’une subvention de 15000 € à tout jeune martiniquais (diplômé) pour venir s’installer au pays, vaut également sur le fond, pour l’attribution de terres à des jeunes dans l’agriculture.

Non pas que nous soyons, loin de là, opposés à cette attribution de terres (nous n’avons cessé, dans d’autres cadres, d’exiger de cette institution, sous Marie- Jeanne et Lise notamment, de puiser dans sa banque de terres pour en mettre à la disposition de jeunes ou pas, désirant faire de l’agriculture leur activité professionnelle), mais plus prosaïquement, il nous semble que ce type de mise à disposition risque de n’avoir pas l’effet recherché – l’autonomie alimentaire – si elle ne s’inscrit pas dans un plan global (un concept qui fâche les libéraux) visant l’intérêt général.

En effet s’il importe de produire de quoi nourrir la population, et de réduire, ce faisant, notre dépendance alimentaire, une agriculture visant prioritairement la satisfaction des besoins alimentaires de la population, ne peut pas se contenter de productions agricoles pensées individuellement et déconnectées du choix d’autres agriculteur/trices, c’est-à-dire sur la base de choix strictement personnels visant l’intérêt individuel.

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La cercosporiose noire : une menace croissante pour la banane en Martinique et en Guadeloupe

— Par Jean Samblé —

La cercosporiose noire, ou maladie des raies noires, est l’une des maladies les plus redoutables pour les cultures de bananes, causée par le champignon Pseudocercospora fijiensis. Depuis sa détection en Martinique en 2010, cette maladie a fait des ravages dans toutes les zones de production bananière de la planète, représentant un véritable défi économique, écologique et social pour les producteurs locaux. Elle touche toutes les variétés de bananes cultivées, telles que la banane créole, les freyssinettes, les figues-pommes et le kokambou.

Les spores du champignon se propagent principalement par le vent, atteignant rapidement les différentes parcelles de bananiers. Bien que la cercosporiose noire ne présente aucun danger pour la santé humaine, son impact sur les cultures est considérable : elle attaque les feuilles des bananiers, entraînant une réduction de la qualité des fruits et, parfois, des pertes pouvant atteindre jusqu’à 25% de la récolte. En outre, la maladie réduit la durée de conservation des fruits, ce qui engendre des pertes particulièrement importantes lors de l’exportation.

La situation s’aggrave avec la diminution des rendements, surtout en raison de l’intensification des coûts de production, accentués par des normes jugées trop contraignantes.

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Exil des jeunes : au-delà des dimensions politiques et sociologiques

Pourquoi vouloir analyser uniquement le phénomène de l’exil des jeunes sur le plan politique et sociologique est une erreur ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’exil des jeunes Guadeloupéens est un phénomène complexe qui ne peut être pleinement compris en se limitant à une analyse strictement politique et sociologique. Si ces dimensions offrent des éclairages intéressants sur les dynamiques identitaires, culturelles et sociales qui traversent l’archipel, elles ne suffisent pas à saisir l’ampleur du problème. Réduire l’exode des jeunes à une lecture idéologique ou émotionnelle revient à négliger les véritables moteurs structurels de cette fuite des talents, qui sont avant tout économiques et financiers. Cette approche partielle tend à occulter les réalités concrètes auxquelles font face les jeunes Guadeloupéens, pris entre un modèle économique local obsolète et un monde en perpétuelle mutation technologique et sociétale. Dans ces conditions vouloir analyser le phénomène de l’exil des jeunes Guadeloupéens uniquement sous les angles politique et sociologique peut effectivement conduire à une vision partielle et parfois biaisée de la situation. Bien que les dimensions politiques et sociologiques apportent un éclairage précieux sur les dynamiques identitaires, culturelles et sociales à l’œuvre, elles ne suffisent pas à saisir l’ampleur et la complexité du problème.

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« Fragilité économique de la France et ses impacts sur la Guadeloupe »

Le ralentissement de l’économie française est préoccupant pour la stabilité économique et sociale de la Guadeloupe.

—Par Jean-Marie Nol —

La situation économique actuelle de la France, caractérisée par une contraction marquée de l’activité du secteur privé, soulève de vives inquiétudes non seulement pour l’Hexagone mais aussi pour ses territoires d’outre-mer, en particulier la Guadeloupe. L’indice PMI Flash de S&P Global et de la Hamburg Commercial Bank (HCOB), qui s’est effondré à 44,5 en février contre 47,6 en janvier, illustre un ralentissement prononcé de l’économie française. Un indice inférieur à 50 signale en effet une contraction de l’activité, et ce niveau constitue un plus bas de 17 mois, traduisant une fragilité accrue de la dynamique économique nationale. Cette situation, si elle persiste, risque de se propager comme une tâche d’huile aux Antilles françaises, où l’économie guadeloupéenne pourrait se trouver particulièrement exposée.Huit mois après la dissolution de l’Assemblée nationale et trois mois après la censure du gouvernement Barnier, l’instabilité politique se fait durement ressentir sur l’économie  selon le président de la chambre du commerce de l’industrie (CCI) qui s’est confié au Figaro .

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Déclin français : le poids des décisions passées et leurs conséquences

Les 5 erreurs politiques majeures qui ont fissuré le corpus sociétal de la France et fragilisé le tissu social des Antilles .

— Par Jean-Marie Nol —

Un grand pays, un pays digne de ce nom, est un pays capable de regarder en face ses erreurs  –  et elles sont grandes  – et ses difficultés –  qui ne le sont pas moins. Les sujets d’inquiétude sont présentement  innombrables. Il en est certains toutefois qui émergent avec une force criante et qui résultent des vicissitudes du passé.La capacité à gouverner dans les années qui suivent se joue pour beaucoup sur la pertinence et la précision de notre diagnostic de l’état inquiétant de la France. Lorsque s’y rejoignent l’éthique de la conviction et celle de la responsabilité, le nouvel environnement de dépression de la société française devrait nous interpeller car substantiellement approprié à la réalité des problèmes du pays. , Actuellement plus personne ne dispose de la légitimité nécessaire pour affronter des choix difficiles pour modifier la donne à court et moyen terme . Et le « way of life » proposé par la société de consommation actuelle devient illusoire car hors de portée pour toute une partie de la population. 

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Les jeunes exclus de l’accession à la propriété en Guadeloupe! Quelles conséquences ?

— Par Jean-Marie Nol —

La question de la vie chère en Guadeloupe cristallise aujourd’hui les tensions et focalise le débat public sur l’augmentation des prix de l’alimentation. Pourtant, cette préoccupation, bien que légitime, masque une réalité encore plus inquiétante : celle de l’accès à l’immobilier et à la construction, devenu un véritable parcours du combattant pour les Guadeloupéens, et plus particulièrement pour les jeunes générations. En Guadeloupe, pour deux tiers des jeunes de 21 à 35 ans, l’achat d’un logement relève presque de l’utopie.Cette situation est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte économique guadeloupéen déjà fragilisé. L’augmentation des charges, des impôts et des coûts de la vie pèse lourdement sur le pouvoir d’achat des ménages, et plus particulièrement sur celui des jeunes en début de carrière. Même avec un niveau d’éducation et un revenu élevé, la plupart des jeunes sont exclus de l’accès à la propriété faute de ressources suffisantes pour pouvoir acheter leur propre maison. Et pourtant, l’accès à la propriété est un enjeu majeur pour les jeunes en Guadeloupe, une aspiration qui semble de plus en plus hors de portée.

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Airbags Takata : un scandale mortel qui continue de frapper surtout en Outre-Mer

Nou lé concerné. Alon protez nout famiy !

Le scandale des airbags Takata, qui touche des millions de véhicules à travers le monde, continue de faire des ravages en France, en particulier dans les territoires d’Outre-mer. En effet, près de 100.000 véhicules, dont une large part des modèles Citroën C3 et DS3, fabriqués entre 2009 et 2019, sont équipés de ces airbags défectueux. Ces dispositifs, qui doivent normalement protéger les conducteurs en cas d’accident, présentent un danger mortel lorsqu’ils se déclenchent. En effet, des fragments métalliques peuvent être projetés avec une violence extrême, causant des blessures graves et, dans certains cas, des décès. Depuis le début du scandale, plusieurs victimes ont perdu la vie, en grande partie dans les départements d’Outre-mer où les conditions climatiques (forte chaleur et humidité) accélèrent la dégradation des airbags.

Parmi les victimes, l’un des derniers décès en date a frappé la Guadeloupe en décembre 2024. Une femme de 42 ans a perdu la vie dans un accident survenu à cause de l’explosion d’un airbag Takata défectueux dans sa voiture, une Polo Volkswagen. Cette tragédie a révélé une faille dans le système de rappel des véhicules : bien que le véhicule ait été supposé avoir fait l’objet d’un rappel, le concessionnaire local avait assuré au couple que le modèle de la voiture n’était pas concerné.

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Réduire les terres rares dans les moteurs électriques

Un défi pour la transition énergétique

— Par Yacine Amara.(*) —

L’impératif de transition énergétique lié à la crise climatique a remis sur le devant de la scène scientifique et technique le « vecteur » électricité. L’utilisation de ce vecteur énergétique – c’est-à-dire, sous une forme utilisable en vue de la convertir en travail mécanique – permet de répondre à un nombre important de nos besoins, sans émettre de gaz polluants ou de gaz à effet de serre comme les combustibles fossiles.

Il faut bien entendu distinguer la production de l’électricité – qui est un défi en soi, en particulier pour les réseaux électriques, lorsqu’il s’agit de production d’électricité décarbonée et décentralisée de sources renouvelables – et son utilisation. L’un des exemples les plus visibles du renouveau de l’intérêt de l’électricité est celui de la mobilité électrique, qui va des vélos aux voitures et même jusqu’aux avions : on trouve aujourd’hui de petits avions (deux places) à propulsion purement électrique !

Le rôle clé des machines électriques dans la conversion d’énergie

Mais de quoi parle-t-on finalement lorsqu’on parle de moteur électrique ?

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DROM : une agriculture tournée vers l’export au détriment de l’autosuffisance

Dans un rapport, le mouvement Terres de Liens critique la décision de la France de privilégier l’exportation au lieu de viser l’autosuffisance alimentaire. Dans les DROM, cette tendance est accentuée par une hyperspécialisation agricole, résultat des contraintes géographiques et de l’héritage colonial.

Terre de Liens en lumière une analyse approfondie du modèle agricole français, telle qu’elle est présentée par le mouvement *Terres de Liens*. Selon leur rapport, la France, qui pourrait théoriquement atteindre une autosuffisance alimentaire de 130%, choisit néanmoins de consacrer une grande partie de ses terres agricoles à la production destinée à l’exportation, ce qui soulève des questions sur la durabilité et l’équilibre de ce modèle. En effet, 43% des terres agricoles françaises sont utilisées pour cultiver des produits qui ne sont pas destinés à la consommation locale, mais qui seront exportés à l’étranger. Cela soulève des préoccupations concernant la sécurité alimentaire et la dépendance du pays aux importations pour satisfaire les besoins alimentaires de sa population.

Ce phénomène est particulièrement exacerbé dans les départements et régions d’Outre-mer (DROM), où les défis géographiques et historiques rendent la situation encore plus complexe.

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Avis de gros temps sur l’emploi dans le secteur bancaire aux Antilles.

— Par Jean-Marie Nol —

Le secteur bancaire en Guadeloupe et en Martinique est à un tournant majeur, à l’image des transformations qui secouent la France hexagonale . La fermeture récente de plusieurs agences du Crédit Agricole en Normandie et ailleurs met en lumière une tendance qui pourrait bien s’intensifier sous le ciel des tropiques. Après le retrait de la Société Générale de Banque aux Antilles, cette nouvelle vague de fermetures interroge sur l’avenir du paysage bancaire local. Avec la digitalisation croissante, la rentabilité en berne et les mutations des habitudes de consommation, le modèle bancaire traditionnel est mis à rude épreuve. Ces fermetures d’agences constituent un signal fort envoyé au marché : l’ère du tout-numérique est en marche et pourrait bouleverser durablement les relations entre les banques et leurs clients antillais.

Depuis plusieurs années, les Antillais ne contrôlent plus aucune banque et le secteur bancaire sur le plan local connaît une révolution silencieuse, mais profonde. Les avancées technologiques ont permis l’émergence de services numériques ultra-performants, rendant la visite en agence de moins en moins indispensable. Désormais, les clients peuvent réaliser presque toutes leurs opérations courantes en ligne, depuis le virement jusqu’à la souscription à un crédit immobilier.

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Avec la dette, nous sommes déjà sur le fil du rasoir : La Guadeloupe et la Martinique à l’heure des choix !

— Par Jean-Marie Nol —

La Cour des comptes a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’état des finances publiques françaises, mettant en avant une dérive des dépenses qui place le pays dans une situation critique. Selon le rapport publié début 2025, la dépense publique a connu une envolée incontrôlée, contribuant largement à l’aggravation du déficit, qui a atteint 6 % du PIB en 2024, bien au-delà des prévisions initiales de 4,4 %. Alors que les gouvernements successifs ont souvent justifié cette situation par une baisse des recettes fiscales, la Cour insiste sur le fait que le véritable problème réside dans l’incapacité de l’État et des collectivités à contenir leurs dépenses.

Pierre Moscovici, premier président de la Cour, n’a pas mâché ses mots en qualifiant la situation d’« hors de contrôle ». Il souligne que la dépense publique a progressé plus vite que la croissance du PIB, un phénomène qui ne peut plus être ignoré. Loin de se limiter aux seules finances de l’État, cette dérive concerne également les collectivités locales, dont les dépenses ont augmenté de manière record en 2024.

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Économie qui vacille et formation en crise : le futur du travail se dessine de façon chaotique en Guadeloupe ?

— Par Jean-Marie Nol —

Le tableau pour  l’économie de la Guadeloupe est assez sombre : les annonces de fermetures d’entreprises se sont succédé fin 2024 et les perspectives de croissance  sont tombées à « leur plus bas niveau depuis près de dix ans hors crise sanitaire », selon les données publiées par l’Insee. Un baromètre de l’IEDOM confirme cette mauvaise passe, avec des prévisions de recrutement des entreprises  guadeloupéennes pour 2025 en net repli et alors même que la formation professionnelle traverse une mauvaise passe en Guadeloupe . Pourtant la formation initiale revêt une importance cruciale pour préparer les plus jeunes à intégrer le marché du travail. Cependant, de nombreux systèmes éducatifs ne parviennent pas à fournir les compétences nécessaires pour répondre aux besoins changeants du marché. Il faut aussi rassurer nos générations futures sur nos métiers, les leurs, et l’avenir de l‘entreprise dans le monde de demain. Leur donner l’envie, l’espoir de s’épanouir quotidiennement, les inspirer et être nous-mêmes inspirés par les enjeux d’avenir de la formation !
Mais actuellement ce n’est pas le cas de la fa formation professionnelle qui mal inspirée traverse actuellement une crise profonde, mettant en péril l’avenir économique et social du territoire.

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I.A : une menace pour la cohésion sociale antillaise?

Pourquoi faute d’anticipation,l’intelligence artificielle pourrait bien fracturer la cohésion sociale de la société antillaise ?

— Par Jean-Marie Nol —
La Guadeloupe, comme nombre de territoires ultramarins, se trouve à un tournant décisif face aux bouleversements induits par l’intelligence artificielle et les mutations économiques et sociales qu’elle engendre. Pourtant, malgré les signaux clairs d’un monde en profonde transformation, les élus locaux semblent incapables d’anticiper les défis à venir, ni même d’intégrer une véritable analyse prospective dans les politiques publiques. Ce constat n’est pas nouveau, mais il prend une dimension particulièrement préoccupante à l’heure où la révolution numérique redessine les rapports de force économiques, reconfigure le travail et accélère la dépendance des territoires en marge des grandes dynamiques de développement.

L’une des premières explications de cette inertie politique réside dans une culture de la gestion à court terme ( le nez dans le guidon), où les urgences du quotidien prennent systématiquement le pas sur les visions stratégiques de long terme. La gouvernance locale est souvent marquée par une logique réactive plutôt qu’anticipatrice, où les élus passent plus de temps à gérer des crises – qu’elles soient sociales, économiques ou climatiques – qu’à en prévenir les causes profondes.

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La farine de larves arrive en Europe : une nouvelle alternative alimentaire

— Par Sabrina Solar —

La vente de poudre de larves, autorisée en Europe à partir du 10 février, représente un pas important vers l’intégration des insectes dans notre alimentation quotidienne. Cette nouvelle réglementation permet l’utilisation de farines d’insectes, comme celles issues des larves de certains insectes, pour fabriquer des produits alimentaires tels que du pain, des gâteaux, des pâtes, et même du fromage. Depuis quelques années, l’Union européenne a déjà ouvert la voie à la commercialisation d’insectes entiers, tels que le criquet migrateur, le grillon, ou le petit ténébrion, mais la farine d’insectes constitue un produit beaucoup plus polyvalent et facilement intégré dans diverses recettes.

D’un point de vue nutritionnel, la farine d’insectes présente de nombreux avantages. Elle est particulièrement riche en protéines, ce qui la rend attractive pour les personnes cherchant à varier leur apport en protéines, notamment les végétariens ou ceux qui cherchent des alternatives à la viande. En effet, certaines espèces d’insectes ont une teneur en protéines comparable à celle de la viande de bœuf ou de poulet. En plus de ces protéines, la farine d’insectes contient des acides gras insaturés bénéfiques pour la santé cardiaque, ainsi que des vitamines (notamment B12, un nutriment souvent manquant dans les régimes végétariens) et des minéraux essentiels, comme le fer, le zinc et le magnésium.

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Collectivités locales à l’os , ménages à bout de souffle face à la crise économique et financière aux Antilles !

— Par Jean-Marie Nol —

Les Antilles françaises traversent une période économique critique sans que nos élus ne prennent la mesure de l’urgence de la situation . Entre collectivités locales asphyxiées et ménages Martiniquais voire guadeloupéens submergés par l’endettement, la situation devient de plus en plus intenable. Alors que l’État impose de nouvelles restrictions budgétaires aux collectivités, les familles font face à une hausse vertigineuse du surendettement et des incidents bancaires. En Martinique , l’année 2025 s’annonce comme un tournant alarmant, révélateur d’une fragilité économique croissante. En effet, les
collectivités locales sont désormais contraintes à la rigueur budgétaire à l’instar de la CTM et pourtant c’était prévisible comme le dénote moults de nos articles écrits bien en amont sur cette thématique.

Les collectivités locales des Antilles, déjà sous tension, doivent désormais composer avec une baisse de leurs recettes et des exigences de réduction budgétaire imposées par l’État. Dans le cadre du budget 2025, il leur est demandé de réaliser 2,2 milliards d’euros d’économies, un effort considérable qui se traduit par une compression drastique des dépenses. Régions, départements et communes sont ainsi contraints de revoir leur gestion financière à la baisse, sacrifiant parfois des investissements essentiels et réduisant considérablement les subventions aux associations et entreprises locales.

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Élections à la Chambre Régionale d’Agriculture de Martinique

— Communiqué de presse de la CGTM —
Aujourd’hui le verdict des urnes a largement placé la CGTM, dans le collège 3A, en tête du résultat des élections à la Chambre Régionale d’Agriculture. Ces résultats, comptent pour la représentativité des organisations syndicales, dans la branche agricole.

La CGTM qui arrive largement en tête avec 58,18 % des suffrages, suivi de l’UGTM :30,39 % , de FO : 8,83 % et de la CFTC-AGRI : 2,60 %

Cela traduit l’adhésion des salariés aux idées de lutte défendues par la CGTM, qui exige aujourd’hui que le patronat ouvre les négociations sur les demandes suivantes :

Salaires décents et augmentations suivant le cout réel de la vie ;
-Treizième mois
-Prime d’ancienneté
-Formation professionnelle qualifiante
-Amélioration des conditions de travail
-Mise en oeuvre d’une vraie prévention concernant l’usage des pesticides
-Reconnaissance des maladies professionnelles.

Des années sans négociation, ça suffit ! C’est l’échec d’un dialogue social prôné par l’Etat, mais qui n’est dans les faits, de la poudre aux yeux.
Il est inadmissible que le patronat, qui confisque le bénéfice de notre travail , qui bénéficie des aides européennes, des aides de l’état, de la complaisance des élus locaux, continue à ignorer nos droits.

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Coucou USA …! Décryptage de la nouvelle doctrine impérialiste et coloniale  .

— Par Jean-Marie Nol —

L’histoire de la colonisation , qui de tout temps a été associée à des épisodes de guerres de conquête , est étroitement liée à l’appropriation des ressources et à l’exploitation des richesses naturelles, souvent en réponse aux besoins des puissances dominantes à des moments clés de leur développement économique ou technologique. Ce même schéma pourrait se reproduire à l’avenir pour plusieurs raisons tenant notamment à la nouvelle géostratégie mondiale. Plus de doute dans mon esprit après les déclarations de Donald Trump visant à prendre le contrôle de Gaza et en faire une nouvelle côte d’azur du Moyen Orient sans les palestiniens , ainsi que l’annexion de la Cisjordanie occupée par Israël, alors même que les prémisses d’une nouvelle domination économique et financière se font jour sur l’Afrique, l’Amérique du Sud, une partie du sud-est asiatique et surtout la région Caraïbe qui vont faire l’objet d’une nouvelle période de colonisation aussi brutale que dans le passé. La question d’une potentielle troisième vague de colonisation au XXIe siècle va ainsi émerger comme un enjeu crucial, à la croisée des avancées technologiques majeures et des ambitions.

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Achats en ligne : vérifier la fiabilité du site commerçant

Louer un gîte, réserver des billets, faire ses courses, s’abonner à un magazine, acheter des vêtements… Il est pratique de faire ses achats sur internet mais attention aux arnaques ! On vous explique les précautions à prendre mais aussi à qui s’adresser en cas de litige.

Quelques vérifications s’imposent

Avant de passer commande, assurez-vous de la légitimité du vendeur en vérifiant son identité et sa réputation en ligne. Consultez les conditions générales de vente et les mentions légales pour éviter les clauses abusives. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) recommande d’ « entrer le nom du site ou du produit sur un moteur de recherche, éventuellement associé avec le terme arnaque ».

Méfiez-vous des avis des consommateurs, il peut s’agir de faux avis positifs rédigés par le professionnel (ou par une agence) ou d’avis négatifs postés par la concurrence, même si la pratique des faux commentaires est interdite en France.

Passer la commande

Au moment de passer votre commande :

  • méfiez-vous des offres trop alléchantes ;
  • lisez attentivement le descriptif du produit (dénomination complète, taille ou mesures, composition, accessoires fournis ou non…).

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Pensions de retraite : le calendrier des paiements en 2025

La pension est versée en fin de mois ou en début de mois pour le mois précédent selon les caisses. Lorsque son montant est faible, le paiement peut avoir lieu annuellement ou en une seule fois sous la forme d’un capital.

Le tableau ci-dessous concerne l’Assurance Retraite (CNAV), le régime Agirc-Arrco, le régime de retraite des fonctionnaires de l’État, celui des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers (CNRACL), celui des travailleurs agricoles (MSA) et la Caisse d’assurance retraite et de la santé au travail Alsace-Moselle (Carsat).

À savoir  

Le délai effectif de virement sur votre compte bancaire dépend de votre établissement financier.

Tableau – Calendrier des paiements pour 2025

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Quid de la prédominance de l’économie dans la société sur l’idéologie politique ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’intérêt marqué des élus de Guadeloupe et de Martinique pour les questions idéologiques, parfois au détriment des préoccupations économiques, s’explique par des facteurs historiques, sociaux et politiques profondément enracinés. 

Et pourtant la vérité commande de dire crûment que c’est le modèle économique actuel qui pose problème et non les institutions. Ces territoires, héritiers d’un passé colonial douloureux et complexe, sont traversés par des débats identitaires et mémoriels qui structurent fortement la vie politique locale. Cette prégnance de l’idéologie s’exerce souvent au détriment d’une approche pragmatique du développement économique, pourtant essentiel pour réduire la dépendance vis-à-vis du pouvoir central parisien.

Historiquement, les Antilles françaises ont été marquées par des luttes idéologiques, politiques et sociales visant à affirmer leur singularité face à la France . L’esclavage, la période coloniale, l’ère de la départementalisation et les mouvements autonomistes et indépendantistes ont laissé une empreinte indélébile sur les mentalités et les discours politiques. De nombreux élus antillais inscrivent leur action dans la continuité de cette histoire, faisant de la reconnaissance des droits sociaux , de la mémoire et de la culture des axes centraux de leur engagement.

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L’assemblée unique et l’autonomie en question à l’heure de la théorie du cheval mort ?

—Par Jean-Marie Nol —

La Guadeloupe et la Martinique se trouvent à un tournant décisif de leur histoire économique et sociale, confrontées à des défis majeurs qui remettent en question leur modèle de développement. Héritières d’un système issu de la départementalisation, ces îles font face à des mutations profondes dans un monde en transition. Quatre écueils se dressent sur leur chemin et menacent directement la stabilité des finances publiques : une décroissance économique persistante, un éventuel changement statutaire sans ressources financières supplémentaires, le dérèglement climatique et son cortège de catastrophes naturelles, et enfin la révolution technologique portée par la robotisation et l’intelligence artificielle. Ces défis ne sont pas des projections lointaines, mais des réalités tangibles qui s’imposent dès aujourd’hui avec une acuité grandissante.Pourtant, à l’heure où chaque dizaine de milliers d’euros dépensée fait l’objet d’intenses tractations, il n’est pas inutile de prendre en compte le coût du changement institutionnel .

Longtemps soutenues par des fonds publics abondants et une forte présence de l’État français, la Guadeloupe et la Martinique voient aujourd’hui ce modèle remis en cause. L’ère de l’argent facile touche à sa fin, et la remise en question du modèle social français menace un équilibre déjà fragile.

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Que savons-nous vraiment des pesticides présents dans nos assiettes ?

— Collectif(*)

La moitié des fruits et le quart des légumes cultivés en France conservent, lorsqu’ils sont consommés, au moins un pesticide cancérigène, ou bien susceptible de provoquer des mutations de l’ADN, ou encore d’affecter la reproduction. Une réalité qui préoccupe, d’où la demande de plus de transparence. Pourquoi est-ce important ? Tout d’abord, car la transparence permet de garantir la responsabilité des acteurs en cas d’atteintes à la santé et à l’environnement ; ensuite, car elle favorise la confiance du public à l’égard des autorités régulatrices et des entreprises agricoles en démontrant leur engagement envers la sécurité et la durabilité.

Enfin, la transparence facilite la surveillance et l’évaluation des risques, en permettant aux chercheurs et aux experts de disposer de données fiables et accessibles pour étudier leurs effets à long terme. Mais entre la théorie et la pratique, on trouve un monde, des obstacles de nature légale, administrative, informatique, ainsi que des barrières techniques, politiques et sociétales, et des questionnements sur la façon de rendre une information pertinente et claire. Malgré tout cela, plus de transparence est encore possible, et ce, du champ jusqu’à l’assiette, pour le riverain d’exploitation agricole comme pour le consommateur.

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Cessez-le-feu

— Par Guy Lordinot, ancien député —

Durant la décennie 1950 – il y a trois quarts de siècle – se rendant compte du niveau excessif des prix dans les départements d’Outremer, l’Etat institue une prime de vie chère qu’il évalue à 40% de la rémunération de base des fonctionnaires. Elle est destinée exclusivement aux fonctionnaires de la France hexagonale affectés dans les départements d’Outremer.

De haute et mémorable lutte, les syndicats martiniquais obtiennent son application à l’ensemble des fonctionnaires exerçant dans ces départements.

A ce jour, les salariés du secteur privé, victimes d’une inexplicable discrimination, demeurent exclus de ce dispositif alors que le coût de la vie ne cesse de renchérir.

Aucune des actions menées pour l’obtention d’une baisse des prix, n’a abouti durablement.

L’année 2024 a singulièrement modifié la situation. Constatant l’incapacité des représentants syndicaux et des élus politiques à obtenir de façon durable une diminution des prix, un petit groupe de citoyens anonymes décide de prendre en charge un combat contre la vie chère. Dans ce but il crée une association dénommée RPPRAC. Au mois de juillet, cette association présidée par monsieur Rodrigue PETITOT apparaît sur la scène publique.

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Une plainte historique contre la grande distribution en Martinique

Un combat citoyen contre la vie chère

— Par Jan Samblé —

Le combat contre la vie chère en Martinique a franchi un tournant décisif avec le dépôt d’une plainte historique contre la grande distribution, déposée le 14 janvier 2025 devant le tribunal judiciaire de Fort-de-France. L’initiative, portée par quatre lanceurs d’alerte, dénonce des pratiques anticoncurrentielles et un abus de position dominante, qui impactent directement les prix des produits dans les territoires ultramarins. Ce recours inédit, qualifié de citoyen, est désormais ouvert à tous ceux qui se sentent victimes de la cherté de la vie dans la région, une démarche qui pourrait avoir un poids décisif sur les suites judiciaires de l’affaire.

Une plainte ouverte à tous les citoyens
L’avocat des lanceurs d’alerte, Me Renaud Portejoie, a annoncé que cette plainte ne se limiterait pas aux initiateurs, mais serait accessible à tous les citoyens. Chaque Martiniquais peut désormais s’associer à cette action collective en remplissant un formulaire disponible sur la plateforme contrelaviechere.fr. Ce geste simple et gratuit pourrait influer sur le déroulement de la procédure judiciaire et donner plus de force à la revendication de transparence sur les pratiques des acteurs économiques locaux, notamment dans les secteurs clés de la grande distribution et de l’automobile.

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De la face cachée du modèle économique et de la structure entrepreunariale en Guadeloupe : causes et conséquences ?

— Par Jean-Marie Nol —

L’histoire économique de la Guadeloupe est intrinsèquement liée à son passé colonial et aux structures socio-économiques héritées de cette période. Dès la colonisation française au XVIIe siècle, l’économie de l’île s’est développée autour de la production agricole destinée à l’exportation, en particulier le bois précieux, le coton, le tabac, le café, le cacao et enfin la canne à sucre, qui est rapidement devenue la principale ressource économique. Cette activité était basée sur un système de plantation qui reposait sur l’exploitation des esclaves africains, imposant une structure économique hiérarchique et profondément inégalitaire. La mise en place de l’« Exclusif colonial », qui obligeait les colonies à commercer uniquement avec la métropole, renforçait la dépendance économique de la Guadeloupe vis-à-vis de la France. Ce modèle économique, axé dès les débuts sur l’exportation, a non seulement limité les opportunités de diversification, mais a aussi contribué à une concentration des richesses entre les mains d’une élite blanche, les blancs créoles , qui détenaient les terres et les moyens de production.

L’abolition de l’esclavage en 1848 n’a pas radicalement changé les structures économiques de l’île.

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