— Par Michèle Bigot —
On évoque ici ceux qui ont en héritage dans les fibres de leur chair les marques de l’histoire.
Gérald Tenenbaum est de ceux-là et son œuvre témoigne de ce tissage patient des liens qui nous constituent. L’un après l’autre, ses romans composent le palimpseste d’une mémoire incarnée. Son dernier titre Peau vive, paru en août 2014 à « La grande Ourse » est un nouvel élément de ce vaste patchwork qui tente de dire l’indicible, tel qu’il se loge dans la mémoire inconsciente, celle des enfants et des petits enfants de la génération sacrifiée.
Chacun de ses romans est l’histoire d’une perte, perte de virilité pour Simon dans L’ordre des jours (Héloïse d’Ormessson, 2008), perte de la mémoire pour Souffles couplés, (Héloïse d’Ormessson, 2010), perte d’identité pour L’Affinité des traces (Héloïse d’Ormessson, 2012), perte du sens du toucher pour Peau vive. Plutôt que de pures pertes, il faudrait d’ailleurs parler de dérèglement des sens, dans tous les sens du terme.
Car Ève, la fille aînée de Yankel Reizer, souffre d’un sens du toucher si aigu qu’il est douleur de tout instant et qu’il lui interdit tout contact humain.

L’automne, est en France, la période où l’on parle le plus des livres, ou plus précisément des romans. Les éditeurs concentrent leurs publications sur cette période (qui s’étend en fait de la mi-août à la mi-novembre) et comptent sur l’effet « rentrée littéraire » pour en pousser quelques-uns. Cette année, 607 nouveaux romans sont ainsi proposés au public. Sur les 404 romans français, seuls 74 sont des premiers romans : quand on sait que le nombre des manuscrits reçus par les éditeurs chaque année se compte en milliers, on mesure combien sont minces les chances pour un auteur débutant de se faire publier par une de ces maison d’édition ayant pignon sur rue, dont tous les amateurs de littérature connaissent les noms et savent distinguer les jaquettes. Pour les nouveaux auteurs qui ne seront pas retenus dans le filet d’une sélection aussi impitoyable, il ne reste qu’à renoncer ou à se débrouiller par leurs propres moyens. Michel Herland, pour sa part, s’est adressé à l’un de ces éditeurs apparus avec l’ère internet qui distribuent des livres électroniques (e-books) ou les impriment à la commande.
La jupe de la rue Gît-le-Coeur
En dépit d’une baisse inexorable du temps consacré à la lecture, de la mainmise d’Amazon qui bouleverse l’économie du livre, et plus largement le commerce des biens culturels, l’offre éditoriale des sciences humaines et sociales demeure fournie et impose d’innover.
ETC Caraïbe en partenariat avec l’Ecole Internationale de Théâtre du Bénin (EITB)
Alors que s’ouvre en novembre, au Grand-Palais à Paris, une exposition inédite autour de l’art haïtien, Port-au-Prince continue de vibrer au rythme de son effervescence intellectuelle. Plongée dans un monde bouillonnant, malgré la misère.
Dans le roman
— Par Djénaba Diallo & Michel Pennetier—
La nouvelle ministre de la Culture aura fort à faire pour rassurer une profession inquiète d’une baisse durable de ses ressources et de
la puissance des géants du Net. Fleur Pellerin, connue pour leur être très favorable, saura-t-elle défendre un secteur innovant mais fragile ?
CHEMINS DE LIBERTE
Les amoureux des littératures d’Afrique et de la diaspora noire n’ont pas à s’en faire, la succession des Achebe, Gordimer et Kourouma est assurée. Preuve en est cette rentrée littéraire 2014 dans laquelle la nouvelle génération d’auteurs plus talentueux les uns que les autres a la part belle. Sans pour autant faire de l’ombre à leurs aînés qui se distinguent encore et toujours par leurs productions étonnantes de puissance et d’inventivité. .
A la rencontre de : Robert SAÉ
Hommage à Claude Dauphin
Poète, essayiste, psychiatre et psychanalyste, Joël Des Rosiers publie en novembre dernier Métaspora, Essai sur les patries intimes(1). Une publication parue chez Tryptique à Montréal, comme l’ensemble des titres de l’auteur depuis 1987. Joël Des Rosiers est récipiendaire de nombreux prix parmi lesquels, en 2011, le prix du Québec Athanase-David pour la qualité exceptionnelle de son œuvre. Focus sur son dernier essai.
— Par Le NouvelObs —
— Par Rafaël Lucas —
— Par Pierre Sabourin, écrivain et psychanalyste —
L’écrivaine sud-africaine Nadine Gordimer, qui s’était opposée au régime d’apartheid et avait obtenu le prix Nobel de littérature en 1991, est morte à l’âge de 90 ans, a annoncé lundi 14 juillet sa famille dans un communiqué. Elle est morte paisiblement durant son sommeil, dans sa maison de Johannesburg en présence de ses enfants, précise le texte.

LE FOOTBALL BRÉSILIEN
Pour de nombreux sociologues, le désir de mobilité et d’ascension sociale tiendrait aujourd’hui lieu d’« ontologie de l’homme moderne », certains suggérant même que le projet d’ascension sociale se serait imposé comme une alternative à la lutte des classes. Jules Naudet a étudié les parcours de près de 160 personnes dans trois pays très différents : l’Inde, les États-Unis et la France et cette comparaison fait clairement ressortir les particularités propres à chacune des sociétés à cet égard. Il a observé dans les récits de vie de ces nouvelles élites et les « identités narratives » qui s’y déploient, la manière dont celles-ci cherchent à réduire la tension qui existe entre leur milieu d’origine et leur milieu d’arrivée et comment elles parviennent avec plus ou moins de bonheur à s’intégrer sans pour autant renier ou « trahir » leurs origines Les trois pays étudiés offrent de ce point de vue des modèles presque opposés : l’Inde, avec son système de castes, même atténué aujourd’hui, apparaît comme l’archétype de la société fermée où les statuts sociaux sont assignés bien qu’une certaine mobilité sociale y reste possible.