Le concours de poésie sur le thème de la différence est organisé par la maison d’édition Cimarron EdiProd, soutenue par le label international Plaza Mayor Company Ltd, l’artiste martinico-ivoirienne produite par ce label (Christina Goh) et Madinina Access. La remise des prix s’est déroulée hier, mercredi 25 à l’Espace Sonate, dans le cadre d’une soirée 100% accessible, avec un récital à deux voix de Christina Goh et Nicole Cage, accompagnées des musiciens: Yoan Zébina, Guillaume Bernard et Steeve Baudin. Soirée animée par Imaniyé Dalila Daniel, qui a interprété une chanson: « Mais où vont » Cette chanson fait partie d’un album (EP) dont la sortie officielle aura lieu le 11 mai. Un album à trois voix: IDD, Christina Goh et Nicole Cage, intitulé « Pur et sens » et produit par Plaza Mayor Company Ltd.
Cette 1ère édition du Prix de poésie a connu une forte participation. Beaucoup de candidats, avec des textes de grande qualité, de sorte que le jury a eu beaucoup de mal à trancher.
« La différence » – 1er prix Catégorie Adulte : « L’alter véritable » de Carine Ménir
L’ALTER VÉRITABLE
Nous irons chercher, loin dans notre mémoire Oublieuse
Nous emprunterons les chemins, vieux comme ce Monde
Pour l’alter véritable Retrouver
Si fort enfoui dans les circonvolutions Profondes
De nos passés révolus, nos temps mêlés Apostrophés
Nous irons et nous écrirons, puisqu’il en va de nos vies présentes, suffocantes et Anxieuses
Nous vomirons, et il le faut, tout le fourbe Faux
Couvé, cachant aux yeux de nous deux, ce voile posé devant nos Cieux
La vérité sur toi, sur moi : notre Identité
L’autre histoire racontée, ce mensonge avalé Artificieux
Qui coule dans nos esprits Noyés
Pour dissuader le feu volcan de nos révoltes faussement endormies, de manifester le Beau
Qu’à cela ne tienne, nous faisons valser en Éclats
Cette version assénée, ce piètre égal le marginal, cette différence Trompeuse
Fondue dans ce moule Menteur
Nous renversons, de nos plumes Ravageuses
Le règne de la tolérance hypocrite et du respect Racoleur
Le jeu de cette matrice factice, qui veut nous damer le Pas
Nous émettons le signal des âmes sages et Aguerries
Le cri absolu de la révélation, révolution Patiente
Celui accordé à la note d’amour la plus aigüe du Violon
Oui nous, volontés courageuses faites incarnations aimantes, Conscientes
Nées pour interférer dans l’orchestration de ce multivers Brouillon
Puisqu’il en va toujours, de l’harmonie de nos vies, encore dissonantes, lourdes et Abâtardies
Nous écrivons la parole oubliée, car les jours Implosent
En mille maux Éclatés
La différence n’existe que dans la Séparation
Cette illusion, que les falsificateurs, esprits malveillants égoïstes Égarés
S’acharnent à imposer par leur ordre de Domination
Leur folie, honteuse abomination, qui nous entrave, nous Explose
Mais si différence, il doit y Avoir
Alors elle se verra, dans notre acharnement Réciproque
À réveiller la légion assommée, notre peuple puissant de bonne Volonté
Pour changer la donne de nos vies, ragées d’être abusées par ces égos qui s’en Moquent
La voilà la différence : notre Identité
Oui la nôtre, nous sommes esprits bienveillants, œuvrant pour notre inéluctable Victoire
Nous avons cherché, loin dans notre mémoire Ancestrale
Nous avons trouvé, ce que ce vieux monde nous Rappelle
Notre commencement Ravivé
L’Unité, l’alter véritable, ledit Premier qui Révèle
La vérité sur toi, sur moi : nous Réaliser
À ce niveau élevé de conscience, Magistral…
Carine Ménir
« La différence » – 1er prix Catégorie Jeunesse : « The earth’s differences » de Naomie Jean-Louis
THE EARTH’S DIFFERENCES
When the sun goes up
The moon goes down.



Kont fantastik, menm manniè kont moral, kont satirik épi kont lanmou, ka benyen limajinè moun péyi kréyol pas sé kont-tala wè jou dan bouden bato négriyé épi dan gran fènwè bitasion. Sé manniè palè lespri lannwit, bondjé chalviré épi falfret sa ki gran pasé’w. Ladjables, Papadjab, Zonbi, Lom san tet, Lantikris épi lézot soukouyan navidjé dan tet sa ki, pami nou, té ni chans pa tro konnet radjo
Misié
La Cie Téatlari – Théâtre des Cultures créoles / José ALPHA
Dix ans après la disparition d’Aimé Césaire, que reste-t-il aujourd’hui de sa pensée poétique et de son action politique ? Une partie de la réponse est à chercher dans le volume collectif composé de lettres adressées au leader défunt, qui paraît à l’occasion de la date anniversaire de sa mort.
L’idée de voir le créole haïtien accéder au statut de langue officielle ou d’une langue usuelle de travail à la CARICOM est défendue par plusieurs personnes depuis un certain temps. Ainsi, « 
Wonz man Sèbi !!!
Le prix Nobel de Littérature Jean-Marie Gustave Le Clézio se dit, dans
Yanick Lahens
Yo adan amak-yo, ka fè sièst an pliyan
Sais-tu pourquoi la borne sur laquelle tu es assise est racinée sept fois
Lè’w ka li, lè’w ka tann, tèks ki ni powézi,
Mon corps est un virtuose en musique
D’Iran, il nous arrive films et livres, pour parler d’un pays en mutations et souffrances. Maryam Madjidi, jeune femme iranienne exilée, obtint avec Marx et la poupée le prix Goncourt du premier roman, en 2017. Le récit est très proche de la vie de son auteur, qui conduit de l’enfance vécue à Téhéran à l’exil parisien, puis aux séjours adultes dans différents pays, Chine, Turquie, Inde. Un court texte en prologue raconte comment son oncle emprisonné a gravé pour elle, sur une pierre, à l’aide d’une aiguille, le prénom Maryam. La narratrice dit qu’elle aimerait avoir un sac d’histoires à offrir, car « de l’enfance, il reste aussi le goût des histoires, des contes qu’on vous raconte, ou que vous racontez pour tromper la solitude », et c’est précisément ce que fait l’auteur Maryam Madjidi : entrecouper son récit de contes traditionnels. Et l’Iran natal est bien là, qu’on ne peut oublier, dans la révolution islamique, dans l’investissement politique de parents communistes — un engagement responsable de l’exil en France. Seront évoqués un oncle emprisonné, un jeune voisin mystérieusement disparu, et les exactions, les humiliations et les tortures.
Plus qu’une représentation théâtrale traditionnelle, le spectacle Le fabuleux destin d’ Amadou Hampâté Bâ, qui se donne les 13 et 14 mars à Tropiques Atrium, m’est apparu comme une leçon de littérature vivante et pleine d’intelligence, comme aussi le portrait animé d’un homme grand et sage, et de belle humanité. Une impression qui s’est confirmée lors du bord de scène final, où Hassan Kassi Kouyaté nous dit la genèse de la pièce, écrite par le conseiller littéraire Bernard Magnier, et qui s’inscrit dans un projet mené en collaboration avec le Tarmac, théâtre parisien dédié à la création francophone contemporaine. Un projet qui a pour finalité de faire découvrir, ou mieux connaître, des hommes et des femmes disparus, admirables non seulement par leur écriture, mais encore par leur engagement auprès de leurs semblables, par ce qu’ils ont été et par ce qu’ils ont fait. Après Sony Labou Tansi, dont « la chouette petite vie bien osée » nous fut montrée ici-même dans Sony Congo, après Hampâté Bâ, il est déjà prévu un opus sur Kateb Yacine, un autre sur Fanon… en espérant que place soit bientôt faite à une femme ?
Fanm miel, fanm sièl, fanm fièl
« Pwoblèm yo grav anpil wi. » Le linguiste du MIT Michel Degraff a publié le 17 février 2018, sur le site
S’il est un paradoxe dont il faudrait mesurer l’impact dans la durée c’est bien celui de la quasi inexistence de mobilisation citoyenne quant à l’aménagement du créole et du français en Haïti. Un tel constat, par-delà la prégnance du nationalisme identitaire haïtien, est à lier au déficit de leadership de l’État dans le domaine linguistique, singulièrement dans le champ éducatif où le ministère de l’Éducation ne dispose toujours pas, depuis la réforme Bernard de 1979, d’une politique linguistique éducative (voir notre article «
Le 21 février 2018 est paru à Montréal, aux Éditions Mémoire d’encrier, le livre « J’essaie de vous parler de ma patrie » – Jacques Viau Renaud », sous la direction de Sophie Maríñez et Daniel Huttinot, avec la collaboration de Raj Chetty et Amaury Rodríguez. Un lancement du livre est prévu à New York le 20 avril 2018 au Graduate Center, City University of New York. Pour éclairer cet événement littéraire de premier plan, notre collaborateur Robert Berrouët-Oriol propose aux lecteurs du National une entrevue exclusive avec les responsables éditoriaux du livre, Sophie Maríñez et Daniel Huttinot, qui vivent et travaillent à New York.
— Par Loïc Céry —