Catégorie : Arts de la scène

Monsieur MĀLĀ envoûte Tropiques-Atrium : une soirée rare, vibrante et habitée

— Par M’A —

Fort-de-France, vendredi 28 novembre.
Dans une salle presque comble — environ 300 personnes réunies dans l’intimité chaleureuse de Tropiques-Atrium — le quintet parisien Monsieur MĀLĀ a offert un moment de grâce, de puissance et de pure créativité. Un concert comme on en voit peu : d’une précision remarquable, d’une richesse musicale foisonnante, et surtout, de cette magie impalpable qui fait qu’un groupe dépasse la simple addition des talents individuels.

Car si chacun des cinq musiciens est une référence dans son domaine, c’est bien le collectif, soudé, organique, incandescent, qui a transcendé la soirée. Le public, conquis, est ressorti enchanté, un sourire accroché au visage et l’énergie encore vibrante dans le corps.

Un quintet sans frontières, aux identités multiples

Sur scène, Robin Antunes (voix, mandoline), Balthazar Naturel (saxophones), Swaéli Mbappé (guitare, basse), Nicholas Vella (piano, Fender Rhodes, claviers) et Yoann Danier (batterie) ont révélé ce qui fait la signature de Monsieur MÂLÂ : un son immédiatement reconnaissable, à la fois urbain, organique, voyageur et profondément humain.

Leur musique navigue librement entre jazz, funk, Afrique, Caraïbes, électro, rock, pop, sans jamais se perdre.

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Solidarité pou ti Manman, ansanm épi Clowns Doktè

Dès le 29 novembre  et jusqu’à mi-janvier 2026, partout en Martinique

Chaque fin d’année, l’association Clowns Doktè lance une belle campagne solidaire : « Solidarité pou ti Manman », un moment fort de mobilisation et de générosité sur tout le territoire martiniquais. L’objectif ? Sensibiliser au métier de clown hospitalier, rassembler des partenaires et des donateurs, et collecter les fonds nécessaires pour assurer les interventions clownesques dans les hôpitaux pédiatriques de l’île.

Pourquoi ce temps fort ?

Depuis sa création en 2018, Clowns Doktè accompagne une équipe d’artistes formés au clown hospitalier pour intervenir en milieu de soins — notamment à la MFME (Maison de la Femme, de la Mère et de l’Enfant) et au Centre Hospitalier Nord Caraïbe.
Le clown d’accompagnement est bien plus qu’un divertissement : c’est un allié thérapeutique ; par le rire et la poésie, il aide à alléger le stress, l’angoisse, la douleur, pour les enfants, leurs familles et les soignants.
Les dons récoltés pendant cette campagne permettent de financer ces visites, de soutenir l’équipe artistique et de pérenniser cette mission de bien-être à l’hôpital.

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« Let’s Get Lost »,un film de Bruce Weber

Samedi 29 novembre à 16h00 Tropiques Atrium

Avec Chet Baker, William Claxton, Flea | 23 juillet 2008 en salle | 2h 00min | Documentaire, Musical| Date de reprise 19 juin 2024
Synopsis
Tout public
Let’s Get Lost évoque la vie du célèbre trompettiste Chet Baker lors de son parcours de l’Oklahoma à la Californie et de New York à l’Europe, pendant les années 50. À travers les passionnants témoignages de sa famille, de ses amis et de musiciens du mouvement jazz de la Côte Ouest, le film suit le grand jazzman jusqu’en 1987, un an avant sa mort.Un portrait intime et poignant, entre archives rares et témoignages, retraçant le parcours fulgurant et tragique de l’un des musiciens les plus fascinants du jazz.

Un portrait de Chet Baker, grand trompettiste et chanteur de jazz blanc, dont la vie défraya la chronique dans les années 1950 et 1960.

Le réalisateur Bruce Weber a eu le privilège d’accompagner le mythique musicien Chet Baker tout au long de l’année qui précéda sa mort mystérieuse, en 1988, dans un hôtel d’Amsterdam. Il en a tiré un documentaire riche en images d’archives inédites, que viennent compléter des entretiens avec des proches.

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Ouvè Lawonn Bèlè Djoubà 2025 : Pogram.

 Une célébration vivante de la transmission

Le samedi 29 novembre 2025, de 10 h à 23 h, le Domaine de Fonds Saint-Jacques vibrera au rythme du Bèlè Djoubà, grand rendez-vous annuel dédié à l’héritage culturel martiniquais. La Coordination Lawonn Bèlè invite le public — curieux, passionnés, familles et pratiquants — à rejoindre cette vaste ronde de partage où s’exprime l’âme profonde de la Martinique.

Un village bèlè ouvert à tous

Pour cette édition, un véritable village bèlè prendra forme au cœur du Domaine. On y retrouvera des stands d’associations, d’artisans et de producteurs locaux, ainsi que de nombreux ateliers d’initiation : danse, chant, tambour, ti-bwa… autant de portes d’entrée pour découvrir ou approfondir cette pratique qui mêle rythme, corps et mémoire.

Espaces de restauration, produits locaux et ambiance conviviale accompagneront cette journée qui se veut aussi chaleureuse qu’accessible.
L’entrée est gratuite.
Tenue conseillée : jupe ample, jupon et haut simple pour les femmes ; pantalon ou jean pour les hommes.

Une édition placée sous le signe de l’hommage

Cette année marque un moment fort : l’ensemble des vingt-quatre associations membres de la Coordination se rassembleront pour mettre à l’honneur près de 200 figures du monde bèlè.

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« La Bou sou la Po », Textes Grégory Alexander, Faubert Bolivar, Lolita Monga

Samedi 29 novembre à 19h au Centre Culturel de Petit Bambou – Le Lamentin

À propos du spectacle
« À partir de l’histoire de chacun de nos territoires, nous partageons nos questionnements, nos colères, en «miroir» en questionnant les habitants de nos « pays» sur leur rapport à la terre ; Enraciné, hors-sol, embourbé, Karo d’tèr, ancêtre, nourricier, eau, ciel, éléments, mornes, pays, ancrage, possession, dépossession, etc… autant de mots à partager entre nous et avec les habitants… » La Terre nous remet en question et se rappelle à nous avec force. Parler des femmes, des hommes et leur donner la parole.

Telle une boite de pandore proposant un accès à une somme « d’affects étranges », l’écriture est attentive aux tremblements de ceux qui disent et de ceux qui taisent. Elle procède d’une alternance entre un texte « choral », pêle-mêle de paroles d’habitants et de conscience collective, avec des insertions de monologues exprimant des points de vue à l’endroit d’une forme d’intimité et de parties dialoguées mettant en exergue les enjeux du récit. La scène de théâtre peut ainsi être l’un des lieux pour questionner.

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Ensemble Vocal aKapela – Martinique

Le calendrier des concerts

« Unis dans la diversité ! »
Créé en 2018 en Martinique, l’ensemble vocal aKapela réunit une dizaine de chanteurs amateurs passionnés. Nos membres viennent d’horizons personnels, professionnels, culturels et musicaux très variés.
Ce qui nous rassemble : le plaisir de mêler nos voix dans des polyphonies a cappella, et de célébrer la richesse de nos individualités dans un son commun.
Notre devise s’est imposée d’elle-même : Unis dans la diversité !

Notre répertoire
aKapela explore des univers vocaux multiples, avec une attention particulière portée aux timbres, aux harmonies et aux couleurs culturelles :

  • Chants de la Renaissance
  • Polyphonies de l’arc caribéen
  • Airs du monde

Nous avons également créé un répertoire de chants de Noël, revisitant ces trois familles de polyphonies dans des arrangements originaux.

Direction artistique

Après avoir été dirigé par le chef de chœur David JEAN-BART, l’ensemble vocal aKapela est placé, depuis octobre 2025, sous la direction de la musicienne professionnelle Valérie LADRAT SANDO.

Nous nous produisons :

  • en décembre, pour nos concerts de Noël
  • en juin, pour notre programme annuel hors période festive

Programme de Noël 2025

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L’éphéméride du 26 novembre

Le Gwo Ka est inscrit au Patrimoine Culturel Immatériel de l’Humanité le 26 novembre 2014

Le gwoka (ou gwo ka) est un genre musical de la Guadeloupe. Il est principalement joué avec des tambours appelés « ka », famille d’instruments de percussion. Les autres instruments sont le chacha (une sorte de maraca) et le tibwa (instrument formé de deux baguettes de bois qu’on frappe sur l’arrière d’un tambour ou sur un morceau de bambou)1, qui lui, ne fait pas partie du gwoka guadeloupéen mais du bèlè martiniquais. Le gwoka authentique, pratiqué en Guadeloupe, est joué sans les baguettes de bois pour frapper à l’arrière du tambour ou du bambou .

Les différentes tailles des tambours établissent la base. Le plus grand : le boula joue le rythme central et le plus petit : le marqueur (ou makè) marque la mélodie et interagit avec les danseurs, le chanteur et les chœurs; ces derniers sont repris généralement par les spectateurs lors de prestations en public.

Les chants du gwoka sont généralement gutturaux, nasaux et rugueux, bien qu’ils puissent également être lumineux et lisses.

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« Sous les feuilles » de Florence Lazar

Mercredi 26 novembre à 19h. Centre Culturel de Chateauboeuf. FdF

Une soirée autour du film de Florence Lazar
Le Réseau de recherche international Mondes de la Colonialité et TransModernités (MCTM), en collaboration avec Tropiques Atrium, organise une soirée autour du film de Florence Lazar « Sous les feuilles », en présence de sa réalisatrice et de personnes actrices ou témoins pour échanger à partir des différentes perspectives offertes par ce documentaire expérimental et poétique déployé dans des traces martiniquaises inattendues.
Synopsis :
Le cyclone Dean a retourné le sol de la Martinique : un cimetière d’esclavisés a resurgi. À l’hôpital psychiatrique se formule l’idée d’associer ce dernier à une démarche curative inédite. Le film entremêle la parole des vivants, le soin des corps, l’empreinte coloniale et le récit des plantes.

Sous les feuilles / Anba Fey s’inscrit dans la continuité du travail cinématographique entrepris avec Tu crois que la terre est chose morte (2019). Ce nouveau film approfondit la relation entre le politique et le végétal, tout en s’ancrant dans un lieu particulier de la Martinique : Anse Bellay. Ce site, un cimetière d’esclavisés mis au jour par le cyclone Dean en 2007, devient le centre d’une réflexion sur la mémoire, l’histoire et les pratiques de soin.

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André « Dadou » Pasquet (1953-2025)

André « Dadou » Pasquet, figure majeure du compas haïtien, s’est éteint le dimanche 23 novembre 2025, à l’âge de 72 ans, entouré des siens. Guitariste d’exception, compositeur inspiré et cofondateur du mythique Magnum Band, il laisse derrière lui une empreinte durable dans l’histoire de la musique caribéenne.

Né le 19 août 1953, Dadou Pasquet grandit dans un environnement où l’exigence artistique est naturelle. Neveu de plusieurs grandes figures de la musique haïtienne, il se passionne très tôt pour cet art et monte sur scène dès l’âge de douze ans. Au début des années 1970, son talent éclatant le mène au sein du Tabou Combo, où il s’impose immédiatement comme un musicien complet : guitariste virtuose, chanteur puissant et compositeur méticuleux.

En 1976, il fonde avec son frère Tico le Magnum Band, formation avant-gardiste dont il devient la figure centrale. Sous son impulsion, le groupe ouvre le compas à des influences nouvelles — jazz, funk, reggae, blues — et forge une signature sonore reconnaissable entre toutes. Le slogan du groupe, La seule différence, résumait à lui seul l’ambition artistique de Dadou : faire évoluer la tradition sans jamais la trahir.

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Jean Guidoni, funambule des nuits profondes, s’est éteint

Jean Guidoni n’est plus.
Le 21 novembre 2025, à Bordeaux, s’est tu l’un des derniers grands incendiaires de la chanson française, chanteur des failles et des vertiges, funambule des marges et des passions, 74 ans à peine pour une vie passée à bousculer les ombres.
Il laisse derrière lui une œuvre ardente, indocile, deux fois couronnée par l’Académie Charles-Cros, et surtout un éclat : celui d’un artiste qui n’a jamais demandé l’autorisation d’être lui-même.

L’enfant du cours Lafayette

On imagine encore le petit Jean Quilicus, courant entre les étals du marché de Toulon, respirant l’iode, la cuisine de sa grand-mère et l’absence de son père marin comme un premier apprentissage de la solitude.
C’est là qu’il découvre, presque clandestinement, la beauté : un opéra vu trop jeune, une chanson yé-yé entendue trop fort, un film fantastique qui lui ouvre une porte secrète.
Déjà, quelque chose en lui brûle plus que les autres.
Il quitte l’école, devient apprenti coiffeur, et l’on comprend que ce garçon — moitié ange, moitié créature nocturne — se cherchera longtemps.

Paris, les errances, la révélation

À Paris, en 1971, les portes s’entrebâillent : un professeur de chant, une maquette confiée à Michel Legrand, quelques 45 tours trop sages.

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Titak Jazz – Une édition qui fait résonner le monde

Le Calendrier du Titak Jazz 2025

Depuis son lancement en 2024, Titak Jazz s’impose comme un rendez-vous incontournable de Tropiques Atrium – Scène nationale. Pour cette nouvelle édition, le festival revient avec une programmation encore plus dense, portée par l’envie de révéler et célébrer les musiciens d’ici et d’ailleurs, de faire se rencontrer les générations, et de traverser, avec audace, les multiples écritures du jazz et de ses territoires périphériques.

Avec dix groupes et près de quarante musiciens, Titak Jazz fait battre le cœur d’un jazz en mouvement : un jazz enraciné mais ouvert, vibrant, pluriel, traversé de courants, de climats, d’émotions fortes. Entre les artistes consacrés et les voix émergentes, le public est invité à vivre une succession de concerts riches en surprises, en découvertes et en coups de cœur.

Un festival en archipel – Rhizome musical / Katkwazé

Titak Jazz se déploie dans les deux salles de Tropiques Atrium et rayonne jusqu’au Saint-Esprit, élargissant son territoire pour former un véritable archipel musical. En écho à la saison Passage(s), le festival affirme une approche transversale, ouverte aux circulations : circulation des styles, des publics, des esthétiques, des générations.

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« Plein soleil », un chef-d’œuvre de René Clément

Lundi 24 novmebre 20h50 Sur Ciné+ Classic

Par René Clément, René Gégauff Avec Alain Delon, Marie Laforêt, Maurice Ronet | 10 mars 1960 en salle | 1h 54min | Thriller | Date de reprise 10 juillet 2013

Synopsis :
Un milliardaire américain confie à Tom Ripley la mission de convaincre son fils Philippe Greenleaf, noceur invétéré qui passe de longues vacances en Italie avec sa maîtresse Marge, de rentrer en Californie. Tom entre dans l’intimité du couple et devient l’homme à tout faire de Philippe qui le fait participer à toutes ses aventures, non sans souvent l’humilier. Celui-ci va même, faire mine d’aider un aveugle à traverser la rue et lui acheter finalement sa canne (très cher) et alors jouer la comédie du faux-aveugle, provoquant l’hilarité de Tom. De son côté, Tom s’insinue au sein du jeune couple et y sème la zizanie. Alors qu’ils sont tous trois en croisière sur le bateau de Philippe, et à la suite d’une dispute, Philippe laisse Tom dans un canot attaché par un cordage au bateau, en plein soleil. Philippe et Marge s’enferment dans la cabine, et constatent, lorsqu’ils ressortent, que la corde s’est rompue.

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Jimmy Cliff, lumière mondiale du reggae, s’est éteint à 81 ans

Jimmy Cliff, né James Chambers le 30 juillet 1944 à Somerton, en Jamaïque, s’est éteint à l’âge de 81 ans des suites d’une pneumonie survenue après une crise convulsive. Son décès, annoncé par son épouse Latifa Chambers le 24 novembre, marque la disparition de l’un des derniers géants fondateurs du reggae. Dans un message empreint d’émotion, elle a exprimé sa gratitude envers « les fans, la famille, les amis, les artistes et collègues » qui ont accompagné l’artiste tout au long de sa vie, appelant également au respect de la vie privée de la famille dans cette épreuve.

Un pionnier du reggae et passeur de frontières

Figure majeure de la musique jamaïcaine depuis plus d’un demi-siècle, Jimmy Cliff incarne l’une des trajectoires les plus singulières et les plus influentes du reggae moderne. Envoyé très jeune à Kingston, il y enregistre en 1961 son premier titre, Dearest Beverley, avant de signer, dès 1962, un premier 45 tours dans un pays que le ska, puis le rocksteady et le reggae portent vers une effervescence artistique nouvelle.

Sa carrière internationale s’amorce dès la fin des années 1960, notamment avec Vietnam, chanson devenue un hymne pour les opposants à la guerre, et avec son succès au Brésil en 1968.

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« La Femme la plus riche du Monde », un film de Thierry Klifa

À Madiana
Par Thierry Klifa, Cédric Anger Avec Isabelle Huppert, Marina Foïs, Laurent Lafitte | 29 octobre 2025 en salle | 2h 03min | Comédie dramatique
Synopsis
Tout public
La femme la plus riche du monde : sa beauté, son intelligence, son pouvoir. Un écrivain photographe : son ambition, son insolence, sa folie. Le coup de foudre qui les emporte. Une héritière méfiante qui se bat pour être aimée. Un majordome aux aguets qui en sait plus qu’il ne dit. Des secrets de famille. Des donations astronomiques. Une guerre où tous les coups sont permis.
La presse en parle :
Closer par Justine Boivin
Un régal de drôlerie et de répliques irrésistibles.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard
Huppert et Lafitte duo virtuose dans une comédie finement dialoguée.

Bande à part par Jo Fishley
Cette tragicomédie sur la bourgeoisie inscrit Thierry Klifa dans la veine de Chabrol. Mais là où son devancier en observait le microcosme provincial, le réalisateur de La Femme la plus riche du monde en filme la version mondialisée. Le principe, lui, reste le même : la bourgeoisie se regarde tomber — avec élégance, et vacuité.

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L’éphéméride du 22 novembre

Le Boléro de Maurice Ravel est créé à l’Opéra de Paris le 22 novembre 1928

« Je n’ai écrit qu’un seul chef d’œuvre dans ma vie, et il n’y a pas de musique dedans » ironisait Ravel à propos de son Bolero.

Le Boléro de Maurice Ravel est une musique de ballet pour orchestre en ut majeur composée en 1928 et créée le 22 novembre de la même année à l’Opéra Garnier par sa dédicataire, la danseuse russe Ida Rubinstein. Mouvement de danse au rythme et au tempo invariables, à la mélodie uniforme et répétitive, le Boléro de Ravel tire ses seuls éléments de variation des effets d’orchestration, d’un lent crescendo et, in extremis, d’une courte modulation en mi majeur.

Cette œuvre singulière, que Ravel disait considérer comme une simple étude d’orchestration, a connu en quelques mois un succès planétaire qui en a fait son œuvre la plus célèbre et, de nos jours encore, une des pages de musique savante les plus jouées dans le monde. Mais l’immense popularité du Boléro tend à masquer l’ampleur de son originalité et les véritables desseins de son auteur.

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« Mama Wanakéra » d’Olivier Ernest Jean-Marie

— Par Selim Lander —

Poursuivant sa série des pièces produites localement, le Théâtre municipal présente jusqu’à samedi une création issue de l’atelier du Sermac animé par Élie Pennon, Mama Wanakaéra d’Olivier Ernest Jean-Marie qui intervient lui-même dans les rôles d’Aimé Césaire et de Patrick Chamoiseau. La pièce commence dans une salle d’hôpital où repose la matriarche d’une nombreuse famille. Elle récupère d’une blessure infligée involontairement par l’une de ses petites filles, un coup de revolver parti intempestivement. Cet événement improbable est à l’origine d’une réunion familiale et d’une discussion animée en créole. On retrouve ensuite la famille sur le chemin du retour, dans un minibus, ce qui est l’occasion de solder quelques comptes, avant une halte à l’église pour remercier le Seigneur, laquelle halte ne va pas sans susciter quelques propos critiques à l’égard d’une religion importée par des Blancs.

La suite de la pièce, lors d’une nouvelle visite de la famille cette fois plus nombreuse, accentue le côté critique de la pièce avec l’énoncé des griefs contre la Métropole si souvent entendus dans le théâtre antillais (de l’esclavage au chlordécone).

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Jimmy Somerville, rebelle queer de la pop anglaise

Documentaire d’Olivier Simonnet – France, 2025 – 53 minutes | Disponible sur Arte.tv jusqu’au 4 juillet 2026

Avec sa voix de contre-ténor qui transperce l’air comme un cri de liberté, Jimmy Somerville a débarqué dans le paysage musical des années 1980 tel un ovni venu électriser les pistes de danse. Mais derrière l’énergie contagieuse de sa pop électronique se cache une trajectoire forgée dans la lutte. Enfant des quartiers ouvriers de Glasgow, Somerville comprend très tôt que son homosexualité n’a pas sa place dans l’ordre social brutal qui l’entoure. À 17 ans, il quitte sa ville natale avec pour seule arme son désir d’émancipation, direction Londres et ses possibles.

Le documentaire d’Olivier Simonnet revient sur ce parcours d’exil et de reconstruction qui mène le jeune homme à fonder Bronski Beat. Leur premier single, Smalltown Boy, devient en 1984 un séisme international : un récit de fuite et de survie porté par une voix bouleversante, qui résonne avec la solitude de milliers de jeunes queer. Derrière son apparente douceur, le morceau dit la violence de l’exclusion – et annonce l’engagement inébranlable de son interprète.

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« Ce que cette nature te dit », un film de Hong Sang-Soo

Lundi 17 novembre à 14h | Mardi 18 novembre 19h à Madiana

Par Hong Sang-Soo Avec Seong-guk Ha, Yoon So-yi, Hae-hyo Kwon
Titre original Geu jayeoni nege mworago hani | 29 octobre 2025 en salle | 1h 48min | Drame
Synopsis
Tout public
Donghwa, un jeune poète de Séoul, conduit sa petite amie Junhee chez ses parents, aux alentours d’Icheon. Émerveillé par la beauté de leur maison nichée dans un jardin vallonné, il y rencontre son père qui l’invite à rester. Au cours d’une journée et d’une nuit, il fait la connaissance de toute la famille et la nature de chacun se révèle.
La presse en parle :
Cahiers du Cinéma par Mathilde Grasset
Nouvel opus d’une filmographie sérielle, où finissent par s’entremêler les situations et les personnages, Ce que cette nature te dit refuse l’aigreur ou l’abandon et accorde à son jeune personnage, en guise de profession de foi aussi humble qu’obstinée, un peu d’équivocité dans l’épaisseur nocturne.

Critikat.com par Marin Gérard
C’est sans doute dans l’ambiguïté finale que se niche la singulière beauté de ce curieux nouveau chapitre.

L’Humanité par La Rédaction
La nature, Hong la filme sans effets, sinon quelques panoramiques et dézooms qui viennent, çà et là, dévoiler une colline ou les branches d’un arbre, ou le flash d’un téléphone pendant une magnifique balade nocturne.

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« Mama Wanakaéra », texte Olivier Ernest Jean-Marie, m.e.s. José Exélis

Vendredi 21 & et samedi 22 novembre | 19h30 |T.A.C. (Théâtre Aimé Césaire) FdF

La pièce

La famille Germano est une famille martiniquaise de militants nationalistes.

Papy Pierre et Mamy Monique se sont connus dans les années 70 dans le nord Atlantique de la Martinique. Lui, petit bourgeois foyalais, militant maoïste préparant la révolution avec les ouvriers agricoles des campagnes du Marigot, du Lorrain et de Basse-Pointe, Elle, ouvrière agricole sur l’habitation Vivé au Lorrain.

Fin d’année, c’est l’anniversaire de leur mariage, la fête réunit la famille, et à l’occasion s’y invite un sujet sulfureux : la politique ; dans le dédale des discussions Laura, une des petites filles va involontairement atteindre grièvement sa grand-mère.

Sortie du coma, « Pas sé lespri kò ki mèt kò » Mamy Momo échange avec sa famille à propos de sa rencontre avec Mama Wanakaéra, l’esprit de la Martinique. (Expérience de mort imminente ou de traversée d’un ailleurs ?)

C’est dans un contexte grave de dérèglement climatique que mama Wanakaéra se joint à la conversation familiale tressée par toutes les tensions, toutes les énergies et toutes les visions qui irriguent la Martinique aujourd’hui.

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« Ubu président » : engagé et déjanté

— par Selim Lander —

Ubu président et non plus Ubu roi, les spectateurs sont avertis d’emblée qu’il ne vont pas assister à la pièce d’Alfred Jarry mais à quelque chose d’autre, que les références ne seront pas les mêmes. Et de fait le texte de Mohamed Kacimi – bien connu à la Martinique – est bien plus qu’une adaptation, une véritable réécriture où surnagent malgré tout quelques termes emblématiques de la pièce initiale comme « la chandelle verte », « merdre » ou « cornegidouille » et où domine comme chez Jarry un esprit farcesque. Pour le reste la viande de cheval distribuée au peuple est remplacée par des pizzas et tout est à l’avenant. La distribution de l’or de la cassette royale demeure néanmoins (car l’Ubu président de M. Kacimi se fera finalement proclamer roi).

Ce qui n’empêche pas l’auteur de nous délivrer son message  : les Français (« de souche ») sont racistes (ils veulent se débarrasser des immigrés), idiots (puisque ayant élu un président aussi nul et prétentieux qu’Ubu) et bigots. Chacun en jugera et après tout pourquoi pas ?

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À Tropiques-Atrium, un « Ubu Président » déchaîné conquiert le public martiniquais

— Par M’A —

Samedi 15 novembre, la salle Frantz Fanon de Tropiques-Atrium affichait complet pour accueillir Ubu Président, la farce politico-musicale de Mohamed Kacimi mise en scène par Isabelle Starkier. Devant un public martiniquais peu habitué aux comédies musicales, souvent sidéré, parfois rieur, parfois glacé d’effroi, mais finalement conquis, la troupe a livré un spectacle qui fait vibrer l’héritage d’Alfred Jarry en plein cœur de notre époque – et de nos inquiétudes.

Dès les premières minutes, le fameux « Merdre » résonne comme un coup de tonnerre. Bienvenue en absurdie : un territoire où la démagogie devient sport national, où le grotesque sert de guide politique, et où chaque sondage se joue comme un round de boxe. Tout se passe sur un ring, littéralement, métaphore limpide d’une vie politique transformée en combat de spectacle. Quand le public rit, le rire se coince  dans la gorge : la caricature ressemble étrangement à l’actualité.

Un Ubu terrifiant et hilarant

Au centre du chaos, Stéphane Miquel campe un Père Ubu monumental, grotesque, terrifiant, mélange de bouffonnerie et de tyrannie infantile.

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Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais

Rencontre avec Guillaume Robillard Mardi 18 novembre – 9h à 10h Salle 10 – Faculté Jean Bernabé, Campus de Schœlcher

— Par Sarha Fauré —

La Faculté Jean Bernabé a l’honneur de recevoir Guillaume Robillard pour une présentation approfondie de son ouvrage majeur, Un cinéma décolonial : les personnages du cinéma antillais, publié aux Presses universitaires des Antilles dans la collection Arts et esthétique. Cette rencontre propose une plongée rare au cœur d’un champ cinématographique encore peu étudié, mais d’une richesse esthétique et politique considérable : le cinéma des Antilles françaises.

Un ouvrage fondateur sur l’ensemble du cinéma antillais

Première étude systématique consacrée à l’intégralité des longs-métrages de fiction réalisés par des cinéastes antillais ou d’origine antillaise, ce livre interroge la possibilité d’un véritable regard de l’intérieur (insider’s view) dans la représentation de la Guadeloupe, de la Martinique et, plus largement, de la Caraïbe.
Guillaume Robillard y analyse près d’un demi-siècle de films dont il cherche à comprendre les continuités, les singularités et les logiques esthétiques.

L’auteur distingue trois espaces cinématographiques :

  • le cinéma antillais-péyi, ancré dans les territoires de Guadeloupe et de Martinique ;
  • le cinéma antillais-lòtbòdlo, réalisé en France hexagonale ;
  • le cinéma antillo-tout-bò, tourné ailleurs dans le monde (Afrique, États-Unis, autres espaces diasporiques).

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Ubu Président – Quand le grotesque devient miroir du pouvoir

Samedi 15 novembre – 19h30 | Tropiques-Atrium, FdF

Ubu Président signe le retour tonitruant du Père et de la Mère Ubu sur scène, dans une adaptation contemporaine, musicale et jubilatoire du classique d’Alfred Jarry. Réécrit par Mohamed Kacimi et mis en scène par Isabelle Starkier, le spectacle plonge le public dans un univers où le ridicule et le tragique se mêlent dans une farce politique terriblement actuelle.

Une farce musicale pour notre temps

Tout commence dans une cuisine misérable : le Père et la Mère Ubu, chômeurs éternels, s’y disputent les dernières miettes d’un repas disparu. L’arrivée d’une journaliste de “Niouze” — en quête de sensationnel — bouleverse leur quotidien. Ensemble, ils trouvent l’idée qui pourrait tout changer : devenir président(s) !
Ainsi démarre la risible et terrifiante ascension d’Ubu vers le pouvoir suprême, satire grinçante d’un monde où la démagogie, le populisme et l’absurde se confondent dans un même éclat de rire.

Entre rire et révolte

Pour Isabelle Starkier, « Ubu, c’est l’emblème du tyran ridicule, pathétique, comme notre XXIe siècle sait en produire à la pelle.

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L’éphéméride du 15 novembre

Sortie dans les salles de cinéma étasuniennes  du premier film tourné avec Elvis Presley, Love Me Tender le 15 novembre 1956.

Le Cavalier du crépuscule (!) (Love Me Tender) est un film américain de genre western, réalisé en 1956 par Robert D. Webb.
Synopsis
Alors que la guerre de Sécession touche à sa fin, un groupe de soldats sudistes, attaque une trésorerie yankee et file avec le butin. Parmi eux, trois frères : Vance (Richard Egan), Ray (James Drury) et Brett (William Campbell) Reno. Au lieu de remettre l’argent à l’armée sudiste en déroute, le groupe décide de se partager le butin. Ainsi chacun rentre chez eux. Puisque la guerre était terminée au moment du vol, ils sont, sans le savoir, considérés comme des hors-la-loi. Ce trésor de guerre va attirer bien des convoitises ainsi que des revirements de situation innatendus pour la famille Reno.

À son retour Vance Reno, découvre que sa bien-aimée, Cathy (Debra Paget), s’est mariée avec son jeune frère, Clint (Elvis Presley). Ce dernier ne connaissait pas la relation qu’avait entretenue sa femme avec Vance avant son départ pour la guerre.

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« No Other Land », un documentaire de Basel Adra, Hamdan Ballal, Yuval Abraham

Vendredi 14 novembre à 19h sur la Savane à FdF
Par Rachel Szor | Avec Basel Adra, Yuval Abraham, Hamdan Ballal 13 novembre 2024 en salle | 1h 35min | Documentaire
Synopsis :
Depuis plus de 5 ans, Basel Adra, un activiste palestinien en Cisjordanie, filme l’expulsion de sa communauté par l’occupation israélienne qui détruit progressivement les villages et chasse ses habitants. Il rencontre Yuval, un journaliste israélien, qui le soutient dans ses démarches. Une amitié inattendue voit le jour.
Ce film réalisé par un collectif palestino-israélien de quatre jeunes militants a été réalisé comme un acte de résistance créative sur la voie d’une plus grande justice.

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La presse en parle :
Cahiers du Cinéma par Raphël Nieuwjaer
Alors que No Other Land avait réussi à maintenir un souffle ample, alternant l’urgence et la détente, la colère et l’humour, il s’achève sèchement, comme pris à la gorge.

Konbini par Arthur Cios
On n’est pas fan cette expression mais ici, elle est adéquate : No Other Land est un film réellement important.

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