Catégorie : Arts de la scène

« Island story », texte création collective, concept & m.e.s. Kyung-Sung Lee

— Par Michèle Bigot —

4>6-07-2026, festival d’Avignon

Gymnase du lycée Aubanel

Island Story, la pièce créée par Kyung-sung Lee en 2022 relève du théâtre documentaire, dans la meilleure acception du terme. Elle ne repose pas seulement sur la force intrinsèque des témoignages, mais aussi et surtout sur l’incarnation qu’en réalisent les acteurs-témoins. Les faits sont suffisamment tragiques pour secouer la torpeur des festivaliers et les amener à une saine conscience historique. Des faits si méconnus en France ( et ailleurs) qu’il est besoin de les rappeler.

Il s’agit du massacre qui s’est déroulé sur l’île de Jeju le 3avril 1948. A peine libéré de la colonisation japonaise, la Corée est divisée en deux et administrée par l’URSS au Nord et par les USA au sud. Le 3 avril les membres du Parti du Travail de Corée du Sud attaquent des postes de police de l’île. La répression exercée par les forces de l’ordre est aveugle et impitoyable. 30 000 personnes dont une majorité d’innocents disparaissent et sont assassinés de façon systématique.

Des années plus tard, lorsque la démocratie met fin à plusieurs décennies de dictature, la mémoire refait surface.

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Who cares?

— Par Michèle Bigot —

La Manufacture, festival d’Avignon OFF

4>21/07 15/50>17/10

Who Cares? C’est la question qu’on est en droit de se poser face à l’indifférence du monde, media, réseaux sociaux et bar du commerce confondus. L’impression qu’on a souvent face à la catastrophe imminente (ou déjà advenue) que « tout le monde s’en fout ». Pas Guillaume Bariou, qui a consacré temps et efforts dans une recherche sur la possibilité, non pas d’une île, mais de l’empathie. Dans quelle mesure, jusqu’où peut-on sortir de l’apathie pour entrer en empathie?

Voilà le questionnement qui hante le personnage et son auteur. A point de proposer sur scène quelque chose comme une sortie de l’indifférence, une naissance au monde réel, en proie à toute sorte de désastres: on a le choix, catastrophe climatique (on est en plein dedans, sécheresse, canicule, incendies …), tsunamis, séismes et autres tragédies qui ébranlent la société des hommes non moins que celle des autres espèces vivantes.

Alors que faire? Et que faire quand on est homme/femme de théâtre? Comment traduire en langage scénique ce désarroi, cette angoisse existentielle?

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Deux pépites tchèques à la Manufacture : Perpetuum Havel et Antiwords

— Par Dominique Daeschler —

Deux spectacles sans paroles qui ne sont pas s’en rappeler la grande époque de la marionnette tchèque où la médiation de l’objet incluait une parole secrète pour contrecarrer la censure soviétique. Deux spectacles inspirés par deux œuvres de Vaclav Havel( Perpetuum mobile et Audience) qui ont pour thème l’oppression politique sous des régimes totalitaires.

Perpetuum Havel- m e s Petr Bohac- scénario Bohac et Zotov-Mikshin

Dans une cellule de prison un homme tondu, opposé au régime totalitaire de son pays est recroquevillé sous une maigre couverture. Un dissident. Un prisonnier politique soumis à l’isolement dans une cellule spartiate va accomplir les gestes de survie quotidiens avec les humiliations qui doivent détruire sa résistance : séances de tinette sous la surveillance d’un maton qui le mate, repas dérisoire sous forme de petit pois, flashs de lumière… Pas de livre, pas de radio, seuls de lancinants bruits qui s’amplifient : l’homme n’a que son corps pour dire, en s’astreignant à des exercices physiques, qu’il lutte, que son aspect robotique dénonce une nécessité de routine pour survivre. Plus tard il dansera…Dehors les barbelés semblent se resserrer autour de lui.

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« Au bout du pays « -texte Alfred Alexandre, m.e.s. Ewelyne Guillaume

— Par Dominique Daeschler —

Il a toujours été là Réginal et vivote dans son atelier de mécano naval, assis dans le noir dans un joyeux bordel qui sent la solitude et la pauvreté. IL murmure, se répète, tête baissée comme on courbe l’échine en râlant. La voix prend du volume, injuriant les bateaux et ceux qui quittent l’île car pour lui s’en aller pour recommencer ailleurs la même chose n’est qu’un insensé gaspillage.

Au milieu des potes avec qui on traîne et on boit un coup, il y a Lili que Réginal aime depuis toujours. Lili, femme libre, fait peu de cas de lui. C’est la moins marginale de la bande, la seule à avoir un travail régulier, elle rêve de partir.

Réginal peste, se révolte. Il est l’homme de l’errance poétique, ses rêves le nourrissent tout en construisant un univers de défense et de désarroi face à sa rivalité avec les cousins du patron. Alors tout se mêle : la nuit, la peur de Lili, les grosses paluches, les petits morceaux de fer et les petits morceaux de viande.

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Lettre au Président de la République

12 juillet 2026 – Cour d’honneur du palais des Papes – 80e Festival d’Avignon

Monsieur le Président,
Nous, artistes réunis à Avignon, vous interpellons aujourd’hui pour le théâtre, la danse, le cirque, la musique, la marionnette, la performance, qui subissent depuis plusieurs mois des attaques d’une brutalité inédite.

Monsieur le président, à l’heure où nous sommes confrontés à une puissante offensive réactionnaire, à la fragmentation du débat public et à une défiance envers les institutions, nous affirmons qu’affaiblir le service public de l’art et de la culture serait une erreur historique. Les coupes budgétaires à répétition et celles qu’on nous annonce nous obligent à crier, tant il y a urgence.

Monsieur le Président, une politique culturelle ne peut être réduite à des arbitrages comptables. Un budget est un moyen, il ne saurait tenir lieu de projet politique. Nous croyons fermement qu’une politique publique digne de ce nom commence par définir ce qu’elle veut rendre possible.

Monsieur le président, aujourd’hui, la culture ne représente plus que 0,7 % du budget de l’État, soit 14€ par habitant et par an d’art et de culture.

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« Black Legends » : une fresque musicale de l’histoire afro-américaine

Mercredi 15 juillet | 20h | Tropiques-Atrium

Créée en 2022 par le metteur en scène Valéry Rodriguez, Black Legends est une grande comédie musicale française qui retrace l’histoire de la communauté afro-américaine à travers la musique, la danse et les grands événements sociaux et politiques qui ont marqué son parcours. Du temps de l’esclavage à l’élection de Barack Obama en 2008, le spectacle propose une véritable fresque historique en une quarantaine de tableaux chantés et chorégraphiés.

L’ambition de Valéry Rodriguez est de raconter les souffrances, les combats et les conquêtes d’une communauté longtemps marginalisée, tout en mettant en avant sa formidable contribution culturelle. Le spectacle s’appuie sur le répertoire de grandes figures de la musique noire américaine : Billie Holiday, Aretha Franklin, Ray Charles, James Brown, Marvin Gaye, Prince, Michael Jackson, Whitney Houston, Tina Turner ou encore Beyoncé. Du gospel au blues, du jazz à la soul, du funk au hip-hop et au R&B, les styles musicaux retracent les différentes époques traversées par cette histoire.

Un projet né d’une passion de longue date

Originaire du Sud-Ouest de la France, Valéry Rodriguez découvre très jeune la musique afro-américaine, notamment grâce au gospel.

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La promesse de l’aube -texte R Gary, m.e.s. Mekhitarian

— Par Dominique Daeschler — 

Un texte dense, adapté du roman de Romain Gary met en scène l’amour fou que sa mère lui portait sans occulter comment Romain a su entrer dans  les ambitions carriéristes de cette dernière et trouver une respiration dans
l’écriture. La mère et le fils jouent dans un temps décalé. Elle adopte le présent, dialogue ou soliloque, colorant par son accent russe un jeu parfois à la limite du caricatural. A l’opposé, le fils joue le récit, la distance avec son propre amour qui le mine et le nourrit. C’est sans doute cela la bonne surprise : l’acteur metteur en scène Tigran Mekhitarian nous donne un romain Gary loin de l’image créée par la mère et loin de l’image « beau ténébreux viril » à tout crin que Gary semblait vouloir donner.

C’est cette option récit qui nous touche sur un plateau quasiment nu (une table, une chaise, un carton à chapeau et de temps à autre la présence d’un acteur « couteau suisse » qui évoque d’autres personnages). On s’accroche au texte car l’essentiel est bien de révéler un auteur derrière un diplomate casse-cou.

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« Projet Barthes », d’après La Préparation du roman de R.Barthes

Ttb, Avignon off, 4>23-07-2026

— Par Michèle Bigot —

Voici bien le spectacle le plus audacieux et le plus réussi qu’on puisse imaginer. Dont l’ambition le dispute à l’humilité de sa mise en oeuvre. Il ne s’agit de rien moins que de la mise en espace du texte (ou plus exactement d’un montage de fragments du texte) prononcé par Roland Barthes lors de plusieurs séances au Collège de France ayant pour sujet « la préparation du roman » entre 1979 et 1980.

Dit comme ça, on pourrait redouter le pire, à savoir une suite de considérations théoriques et historiques sur le genre littéraire du roman. Au lieu de ça on assiste à la confession d’un être fragile qui consent à parler de lui, à dire à la fois son désarroi à la suite du décès de sa mère et son désir de commencer une nouvelle vie. Comme si le deuil était l’occasion d’une vita nova, une renaissance telle que l’imagine Dante dans son long poème. Barthes interprète cette vita nova comme un passage, la conséquence d’une rupture, le choix difficile et salutaire d’une vie nouvelle, une métamorphose.

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L’art d’être mon père. Texte et jeu : Julie Timmerman.

— Par Dominique Daeschler —

— Festival d’Avignon — Dans Zoé, Julie Timmerman avait abordé les rapports familiaux et brossé un portrait de son père comédien bipolaire, en abordant aussi la préparation

du spectacle de l’école tout en restant la petite Zoé. Dans ce nouveau texte, Julie franchit le pas : elle est son père dans son bel amour du théâtre, ses extravagances, ses vagabondages poétiques. Fièvre à communiquer les tempos de cet excessif, fièvre à être lui, sans filet, dans l’exigence d’une double transmission. La préparation du spectacle de l’école est le seul

sujet. Le choix d’une parole rapide, jetée, exaltée, d’un œil scrutateur troubleront tous ceux qui connaissent son père, François. La comédienne donne toute liberté à son corps, parcourant la scène de cour à jardin, en constante adresse au public. L’émotion est dépassée pour mieux valoriser la volonté du père d’entrer « en théâtre » avec les enfants et d’en assumer rigueur et invention.

Le texte dans un mélange de dialogues avec les enfants, les profs, la

directrice et les digressions du père, démontre magistralement comment se construit le théâtre, comment en art, il y a du chaotique, du mouvant, de l’inattendu qui font sens, nous sollicitant au-delà du réel.

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L’hors présence ou Chimères du pays de Morsan, m.e.s. Typhaine Raffier

— Par Michèle Bigot —

4>10-07 La FabricA du festival d’Avigon 2026

Dans le huis clos d’une maison isolée se noue une tragédie des temps modernes. L’hors-présence, qui n’est pas tout à fait une absence, mais pas non plus une véritable présence, c’est celui (ou celle) de Laure, une jeune femme atteinte d’un cancer en phase terminale, qui d’une partie à l’autre (3 parties, « l’hors- champ », « l’hors-la-loi », « l’hors-jeu ») se transforme à vue, occupant d’abord tout l’espace physique et mental de la fratrie, puis disparaissant progressivement au fur et à mesure de l’écoulement du temps qui lui est compté. Une maladie génétique l’emporte sous nos yeux, comme elle menace tous les membres de la famille qui l’entourent, sa soeur Suzanna et ses deux frères, Simon et Soren. Le drame est tissé de la souffrance de la soeur à l’agonie et des tourments de sa fratrie, déchirés entre compassion, aide et terreur face à la mort qui approche. Chacun tente de faire face à sa manière, Suzanna en se faisant aide à domicile, Soren,le frère aîné, en lisant à Laure un extrait de La Montagne magique tous les soirs et Simon, le plus jeune et le plus fragile qui crie sa révolte et son angoisse.

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Reggae Therapy Festival 2026

11 et 12 juillet, au stade Louis-Achille FdF

En seulement quatre éditions, le Reggae Therapy Festival s’est imposé parmi les grands rendez-vous musicaux de la Martinique. Les 11 et 12 juillet, le stade Louis-Achille accueillera une nouvelle édition réunissant plusieurs figures du reggae, parmi lesquelles Tarrus Riley, Barrington Levy, Julian Marley, Alborosie, Reehmah, Papa Tank, Loy Sonjah, Skanky et Lieutenant.

Derrière cet événement se cache un projet mûri de longue date. Imaginé dès 2010 par Josué Charles-Hélène, le festival a été précédé par plusieurs concerts tests avant de voir le jour en 2023. Dès l’année suivante, il était sacré meilleur festival reggae-dancehall de France, confirmant son essor.

Après avoir accueilli entre 5 000 et 7 000 spectateurs en 2025, les organisateurs espèrent attirer près de 9 000 festivaliers cette année. Soutenu par le Comité martiniquais du tourisme, le festival entend également séduire un public international et renforcer l’attractivité touristique de l’île.

Au-delà des concerts, le Reggae Therapy Festival revendique un message de paix, de partage et de vivre-ensemble. Pensé comme un événement familial, il propose un espace dédié aux enfants avec des animations encadrées, ainsi qu’un accueil adapté aux personnes à mobilité réduite.

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ETC Caraïbe déploie les écritures caribéennes à Avignon

Jusqu’au 25 juillet, ETC Caraïbe participe au Festival d’Avignon avec une programmation riche mêlant spectacles, lectures et projets en développement. Une présence qui offre aux auteurs martiniquais et caribéens une vitrine exceptionnelle au sein du plus grand rendez-vous international consacré au spectacle vivant.

Une programmation entre créations et découvertes

Cette année, ETC Caraïbe investit Avignon avec une ambition claire : faire entendre les voix de la Caraïbe et permettre aux œuvres du territoire de rencontrer producteurs, diffuseurs et nouveaux publics.

Parmi les temps forts annoncés figure « Le Syndrome d’Ulysse », spectacle musical coproduit avec le Théâtre du Balcon. Cette création, écrite par Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia, ouvre une programmation qui entend faire dialoguer les écritures contemporaines et les réalités caribéennes.

Autre rendez-vous important : « Matrices » de Daniely Francisque. Déjà connue du public martiniquais, la pièce poursuit désormais son parcours avec l’objectif d’intégrer de nouveaux réseaux de diffusion.

Des textes en quête d’avenir

Avignon est également un lieu où les projets prennent forme. « Bruissement des fourmilières », texte d’Adeline Flaun actuellement en création, y est présenté afin de séduire de futurs partenaires et d’envisager des collaborations autour de sa production.

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« Vivaldi et moi », un film de Damiano Michieletto

📌Madiana à 14h | 🕘18h à Tropiques-Atrium

Avec Tecla Insolia, Michele Riondino, Fabrizia Sacchi
Titre original Primavera
Synopsis :
Au début du XVIIIᵉ siècle, l’Ospedale della Pietà à Venise recueille et forme de jeunes orphelines à la musique. Dissimulées au public, souvent masquées ou derrière une grille, l’orchestre de jeunes filles se produit pour les riches mécènes de l’institution. Cécilia, 20 ans, y excelle en tant que violoniste. Jusqu’au jour où l’arrivée d’un nouveau maître de musique, Antonio Vivaldi, vient bousculer sa vie et celle de l’Ospedale.
La presse en parle :
Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Vivaldi et moi, en salles ce mercredi, est un hommage vertueux, plein de maestria, aux musiciennes de l’Ospedale della Pietà, à Venise, du temps du compositeur Antonio Vivaldi, tout à la fois professeur et mentor.

L’Obs par Xavier Leherpeur
Derrière le titre factuel et sommaire (celui de la version originale, « Primavera », était plus allégorique), cette fiction brodée autour de l’auteur des « Quatre Saisons » dresse avant tout le portrait d’une jeune orpheline qui, sous l’égide du maître, trouve l’occasion de s’émanciper de sa condition.

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« Shana’, un film de Lila Pinell

 Madiana : Jeudi 2 à 14h 

Avec Eva Huault, Noémie Lvovsky, Inès Gherib
17 juin 2026 en salle | 1h 20min | Comédie dramatique

Synopsis
Tout public avec avertissement
Shana traverse les galères du quotidien avec une énergie débordante et le soutien de sa bande de copines. Lorsque sa grand-mère décède, elle hérite d’une bague censée protéger du mauvais œil. Shana a bien besoin de ce coup de pouce. D’autant qu’avec la sortie de prison de son compagnon toxique, les mésaventures s’accumulent !
La presse en parle :
Public par Sarah Lévy-Laithier
Sensible et trash, doux et cash.

Abus de Ciné par Olivier Bachelard
Une comédie réussie, autour d’un personnage de poissarde solaire.

Cahiers du Cinéma par Olivia Cooper-Hadjian
Sur le format long, la gouaille de ce personnage larger than life risquait de dévorer le récit, qui aurait pu se limiter à un «Shana-show» anecdotique. Or Lila Pinell complexifie le portrait en rendant justice à ce qui, chez la vingtenaire, ne se voit pas à l’œil nu et contredit l’impression d’impudeur qu’elle dégage.

CinemaTeaser par Justin Kwedi
Après « L’Épreuve du feu » d’Aurélien Peyre, on apprécie de voir le cinéma français se pencher avec une tendresse dénuée de clichés sur ces figures de jeunes femmes assumant caractère entier, excentricité vestimentaire et cœur d’artichaut.

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Festival d’Art Sacré : le programme des rendez-vous

Le Festival d’Art Sacré se poursuit dans plusieurs communes de Martinique, notamment à Fort-de-France, Bellefontaine, Le Carbet, Saint-Pierre, Le Morne-Vert, Le Lorrain, Sainte-Marie, Les Trois-Îlets et Le Vauclin.

Après un premier week-end consacré au patrimoine religieux du Nord Caraïbe, place aux concerts, conférences, spectacles et expositions. Certaines manifestations sont gratuites, d’autres payantes, avec la possibilité de soutenir le festival par un don.

🎼 Concerts

Dimanche 28 juin

  • 15 h : Bèlè Légliz – Église du Lamentin
  • 17 h : Concert lyrique et classique – Cathédrale de Saint-Pierre
  • 18 h : Concert spirituel des artistes – Paroisse Saint-Christophe (Fort-de-France)

Vendredi 3 juillet

  • 18 h 30 : Creole Spiritual – Cathédrale Saint-Louis, Fort-de-France

Dimanche 12 juillet

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 » La Vénus électrique », un film de Pierre Salvadori

Par Pierre Salvadori, Benoît Graffin
Avec Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche
12 mai 2026 en salle | 2h 02min | Comédie, Romance
Synopsis
Tout public
Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture. Suzanne se révèle douée pour l’imposture et, rapidement secondée par Armand, elle enchaîne les fausses séances. Peu à peu, Antoine retrouve l’inspiration, mais pour Suzanne les choses se compliquent alors qu’elle tombe doucement amoureuse de l’homme qu’elle manipule…
La presse en parle :
Culturopoing.com par Michaël Delavaud
Comédie (très) mélancolique ou tragédie amusante, chacun tranchera, donc. Mais « La Vénus électrique », petit chef-d’oeuvre à la fois limpide et profond, ne jouant jamais avec facilité sur les cordes sensibles de son spectateur, émeut tout autant pour ce qu’il raconte que pour son cinéaste qui, creusant son sillon depuis maintenant plus de trente ans, ne s’est jamais fourvoyé.

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L’Art Gonds Tout et Ti Guy Nèg’Mawon sont en Guadeloupe

Du 26 au 28 juin 2026, la PooL Art Fair Guadeloupe réunit au Terminal de croisière de Pointe-à-Pitre de nombreux artistes venus de la Caraïbe, de France et de l’international. Ce grand rendez-vous artistique confirme son rôle de salon majeur pour la création contemporaine caribéenne, en offrant un espace de visibilité, de rencontre et de dialogue entre artistes, publics, collectionneurs et professionnels de l’art.

La Martinique y affirme une présence particulièrement remarquable avec les artistes de L’Art Gonds Tout, représentés au stand D0. Marc Barbot, Valérie Biegel, Dami, Chantal Nottrelet, Hélène Jacob, Claire Taïna, Dolly Soraya, Michèle Laune et Isabel Tronçon y présentent leurs œuvres, témoignant de la diversité et de la vitalité de la création martiniquaise.

Leur présence collective met en lumière une scène artistique martiniquaise plurielle, sensible et ouverte sur le monde.

Ti Guy Nèg’Mawon, figure singulière de la performance artistique martiniquaise qui accompagne les artistes de l’Art Gonds Tout, donne à cette participation une force symbolique particulière. Corps enduit d’argile, posture sculpturale, mémoire du marronnage, puissance de la parole : son intervention fait dialoguer le geste, la matière et l’histoire.

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« War and Breakfast » : plus que deux soirées !

–_ Par Selim Lander –– Guillaume Malasné et son atelier de théâtre amateur présentent pendant trois soirées consécutives à partir du jeudi 25 juin au théâtre du Lycée Schoelcher un montage de trois courtes pièces de Mark Ravenhill issues du recueil War and Breakfast. Des pièces montées pour la première fois par Ravenhill à l’heure du breakfast lors du Festival d’Edimbourg en 2007, d’où le titre du recueil repris dans l’adaptation de Guillaume Malasné. Quant à la guerre, elle est omniprésente dans ces histoires, pas la grande guerre cantonnée au loin, mais la guerre intime, d’abord, celle que l’on peut se livrer au sein d’un couple ; la guerre civile sans nom, celle qui enferme les privilégiés derrière les murs de lotissements cadenassés (gated communities) pour les protéger de la violence du dehors ; la violence aveugle des terroristes enfin.

Après un premier tableau, celui du couple, où Malasné a choisi de faire succéder plusieurs comédiennes face à l’unique homme de la distribution, les deux suivants sont traités sur le mode choral et cela est fait de telle sorte que l’on croirait que ces pièces ont été écrites pour être jouées ainsi, ce qui n’est pourtant pas le cas.

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Le Gros-Morne et Sainte-Marie au rythme du bèlè

Plongez dans l’univers du tanbou bèlè avec Stella Gonis et Laël Varasse

Une immersion au cœur des traditions martiniquaises

Figure incontournable du bèlè martiniquais, Stella Gonis consacre depuis plus de vingt ans sa vie à la transmission de cet héritage culturel. Chanteuse, danseuse, tanbouyée et pédagogue passionnée, elle propose, durant tout le mois de juillet, une Master Class exceptionnelle aux côtés du percussionniste Laël Varasse.

Cette initiative invite petits et grands à découvrir ou approfondir la pratique du bèlè, expression artistique emblématique de la Martinique où se rencontrent musique, danse, chant et transmission.


Stella Gonis, une ambassadrice du bèlè

Originaire des Mornes des Esses, à Sainte-Marie, Stella Gonis grandit au rythme des tambours et des chants traditionnels qui animent sa campagne natale.

Elle fait ses premiers pas dans la chorale Le Chœur du Morne des Esses, où elle évolue d’abord comme choriste avant de devenir soliste. Soucieuse de perfectionner son art, elle intègre ensuite pendant cinq années l’Institut de Formation aux Arts du Spectacle, établissement qui a notamment révélé plusieurs artistes martiniquais de renom.

En 2008, son parcours est mis à l’honneur dans le documentaire « Bèlè, tambour vivant », réalisé par Barbara Jean-Élie et diffusé sur ADN, TRACE et Canal+.

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Fola (Steve) Gadet raconte « Le Tanbouyé des sans-voix » d’Ernest Pépin

— par Selim Lander — Personnage multiforme, universitaire, spécialiste des Amériques anglophones, auteur de plusieurs ouvrages sur les mouvements qui se font jour aux marges de la société, Steve Gadet appartient sous son autre nom, Fola, au monde du spectacle comme musicien et rappeur. Le voici désormais acteur avec cette interprétation d’un récit signé Ernest Pépin, guadeloupéen comme lui et comme le héros de leur histoire, un tanbouyé qui a réellement existé, Marcel Lollia surnommé « Vélo » ou, chez Pépin, « l’ange ».

Les lecteurs de Madinin’art ont déjà eu la primeur d’un article (signé Sarha Fauré) qui apporte déjà beaucoup quant aux intentions de la pièce, de l’auteur du livre, de l’interprète qui a choisi de le porter à la scène : « Ernest Pépin érige Vélo en symbole de résistance, de création et de liberté ». C’est en effet ce que dit le texte… mais il ne dit pas que cela. Car « l’ange » est présenté tout autant comme un héros négatif, un ivrogne, « un sac de rhum », souvent famélique, parfois maladif, la figure même du raté.

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« War & Breakfast » : quand la guerre s’invite à la table du quotidien

25, 26 et 27 juin à 19h30, au Théâtre du Lycée Schoelcher à Fort-de-France

L’Autre Bord Compagnie présente les, la onzième création de son atelier amateur : War & Breakfast, d’après l’œuvre du dramaturge britannique Mark Ravenhill.

Figure majeure du théâtre contemporain anglais, Mark Ravenhill est reconnu pour son écriture incisive et sa capacité à décrypter les mécanismes de nos sociétés. Avec War & Breakfast, il interroge la manière dont la guerre, la peur et les discours idéologiques s’immiscent dans les gestes les plus ordinaires de la vie quotidienne.

À travers trois courtes pièces – Grand-Peur et Misère, Les Troyennes et Guerre et Paix – les comédiens explorent un univers où l’intime se trouve progressivement envahi par les tensions du monde. Quand la guerre s’infiltre dans la vie d’un couple, jusque dans les cauchemars de leur enfant, la peur transforme peu à peu le regard porté sur les autres. Derrière les apparences rassurantes d’une société convaincue d’incarner le bien, se dessine alors une réflexion sur les mécanismes de l’exclusion, de la violence et de la désignation de l’ennemi.

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« L’Illusion de Yakushima », un film de Naomi Kawase

Par Naomi Kawase
Avec Vicky Krieps, Kan’ichirô, Ojiro Nakamura
17 juin 2026 en salle | 1h 52min | Drame
Synopsis
Tout public avec avertissement
Corry est française et vit au Japon. Elle partage sa vie avec Jin et s’occupe d’enfants en attente de greffe cardiaque à l’hôpital de Kobé. Alors que la culture Japonaise a du mal à accepter le don d’organe, Corry se bat au quotidien pour faire évoluer les mentalités et trouver plus de donneurs. Quand Jin disparait un jour sans laisser de trace, elle tente de le retrouver, mais doit aussi mener une course contre la montre pour que la greffe de son jeune patient aboutisse…
La presse en parle !
Marie Claire par Emily Barnett
Dans ce puissant mélodrame (à prendre au sens plein et fort), le cœur organique rejoint le cœur métaphorique, tous deux battant à l’unisson d’une mise en scène où se mêlent nature et spiritualité, précision scientifique (la dernière scène d’opération à cœur ouvert) et lyrisme des sentiments.

CinemaTeaser par Aurélien Allin
L’Illusion de Yakushima convainc sans réserve, dans ce qui est peut-être ce que la cinéaste a fait de mieux depuis La Forêt de Mogari.

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« Histoires parallèles », un film de Asghar Farhadi

Par Asghar Farhadi, Saeed Farhadi
Avec Isabelle Huppert, Virginie Efira, Pierre Niney | 14 mai 2026 en salle | 2h 19min | Drame
Synopsis
Tout public
En quête d’inspiration pour son nouveau roman, Sylvie espionne ses voisins d’en face. Quand elle engage le jeune Adam pour l’aider dans son quotidien, elle ignore que celui-ci va bouleverser sa vie et son travail, jusqu’à ce que la fiction qu’elle avait imaginée dépasse leur réalité à tous.

La presse en parle :
Bande à part par Isabelle Danel
Si l’art imite la vie, est-ce que la vie imite l’art ? Sur cette question passionnante, le réalisateur Asghar Farhadi tisse un film vertigineux et foisonnant. Avec un casting d’enfer.

Les Echos par Adrien Gombeaud
Un film virtuose à la fois sombre et ludique, porté par un casting de luxe.

CinemaTeaser par Renan Cros
[…] il y a une une jubilation à voir un cinéaste, d’ordinaire si premier degré lorsqu’il s’agit de jouer avec les codes de son cinéma, disséquer l’art de raconter tout en racontant […].

Elle par Marie Testa
Un film aussi intime que déconcertant, mais résolument prenant.

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« WAR AND BREAKFAST », les 25, 26 et 27 juin au théâtre du lycée Schoelcher

​ »Liberté, démocratie, vérité, lumière – le combat n’en finit jamais. Il y a toujours des ennemis. Nous devons nous battre. »

Quand la guerre s’infiltre dans l’intimité d’un couple, et jusque dans les cauchemars de leur enfant, la peur s’installe sournoisement et contamine patiemment leur perception du monde et des autres. Réfugiée derrière leurs grilles protectrices, la société des “gens bien”, sûre d’elle-même, peut alors partir en croisade et terrasser le Mal, les démons, les méchants.

Un spectacle où l’on s’éloigne progressivement de l’ordinaire pour glisser vers le burlesque, comme pour tenir à distance ce qui nous effraie et nous accable, et mettre en lumière l’absurdité de la guerre.

Le projet s’appuie sur le texte original de Mark Ravenhill, composé de plusieurs courtes pièces. Le groupe a travaillé cette année sur trois d’entre elles : Grand-Peur et Misère, Les Troyennes et Guerre et Paix.

Mark Ravenhill (né en 1966) est l’une des figures majeures du théâtre britannique contemporain. Révélé dans les années 1990 avec Shopping and Fucking, il devient rapidement l’un des auteurs emblématiques du mouvement « In Yer Face Theatre », aux côtés de Sarah Kane ou Jez Butterworth, un courant qui bouscule les codes du réalisme et met en scène la violence sociale, l’intimité, le politique et les contradictions de nos sociétés occidentales.

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« Le Tanbouyé des sans-voix » : quand la littérature devient théâtre, musique et mémoire

Mardi 23 juin à 19h | Terres d’Art | Domaine de Tivoli FdF
— Par Sarha Fauré —

Avec Le Tanbouyé des sans-voix, Fola Gadet propose une adaptation scénique ambitieuse et sensible du roman éponyme d’Ernest Pépin, paru en 2024 chez Caraïbéditions. Présenté au Domaine de Tivoli à Fort-de-France, le spectacle s’inscrit dans une démarche artistique qui fait dialoguer littérature, théâtre, danse et musique afin de donner corps à l’une des figures les plus emblématiques de la culture populaire guadeloupéenne : Marcel Lollia, surnommé Vélo.

Le roman d’Ernest Pépin constitue déjà en lui-même une œuvre singulière. L’auteur ne cherche pas à écrire une biographie traditionnelle du célèbre tanbouyé. Il préfère emprunter une voie plus poétique et plus profonde : celle d’une parole réinventée de l’intérieur. En se glissant dans la conscience de Vélo, il compose une sorte d’autobiographie imaginaire qui restitue non seulement le parcours d’un homme exceptionnel, mais aussi l’âme d’un peuple. Chaque page vibre au rythme du tambour ka ; chaque phrase semble porter l’écho d’un battement, d’une respiration ou d’un chant venu des profondeurs de l’histoire caribéenne.

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