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« Kokliko », roman de Rudy Rabathaly

Signature le samedi 29 mars 10h-13h Cultura Lamentin.

Publication du roman inédit Kokliko, du premier roman de l’ancien rédacteur en chef de France Antilles Martinique Rudy Rabathaly.
Kokliko (fleur d’hibiscus en créole) est le petit nom de l’enfant, la jeune fille, la femme qui habite ce roman qui se feuillette sur le mode d’une partition musicale en contre-chants. Entre conte et récit initiatique, les personnages nous invitent à virevolter dans les rondes dansantes de la poétique caribéenne. Brouillant les frontières entre le littéraire et le langage quotidien, entre le précieux et le populaire, l’auteur et sa parole de bouche, nous submergent de la puissance langagière de l’imaginaire créole.

Bouleversée par un coup de foudre amoureux, Kokliko, va voir naître une rivalité à sa passion de toujours : les livres.
Sa sensualité avide se mêlant et faisant corps à la chair des mots qu’elle chérit plus que tout, aiguisera son excitation jusqu’à la pousser à traquer la page du mystère de sa filiation haïtienne qu’elle a tant cachée.
Dans des allers-retours de lieux et de temps, l’auteur renverse le cliché de la femme objet du désir pour engendrer un sujet désirant, actrice de sa quête obsédante d’une affection perdue.

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« Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau », un film de Gints Zilbalodis

Lundi 24 mars 9h30 à Tropiques-Atrium
Sélection Officielle Festival de Cannes « Un Certain Regard » | Lettonie, France, Belgique | 2024 | 1h25| Animation

Synopsis
Tout public

Un chat se réveille dans un univers envahi par l’eau où toute vie humaine semble avoir disparu. Il trouve refuge sur un bateau avec un groupe d’autres animaux. Mais s’entendre avec eux s’avère un défi encore plus grand que de surmonter sa peur de l’eau ! Tous devront désormais apprendre à surmonter leurs différences et à s’adapter au nouveau monde qui s’impose à eux.

La presse en parle :

Dernières Nouvelles d’Alsace par Nathalie Chifflet
Le chat et ses compagnons sont magnifiés par chaque image, d’une beauté formelle éclatante : la mise en scène sophistiquée, les mouvements de caméra minutieux, les contrastes de lumière finement sculptés composent des tableaux vivants.

Le Dauphiné Libéré par Nathalie Chiffle
Une odyssée hypnotique et envoûtante, enchanteresse et mystérieuse.

Le Parisien par Renaud Baronian
Un film choc sans personnages humains et sans dialogues : du jamais-vu.

Les Echos par Adrien Gombeaud
Le cinéaste letton signe un film d’animation virtuose et, à travers des bêtes, un portrait de notre humanité.

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Kolo Barst en concert : « Limiè Lorizon » à Tropiques Atrium

Samedi 22 mars à 19h30 à Tropiques Atrium

Le  Kolo Barst revient sur scène après une longue absence de 14 ans et présente son tout nouvel album Limiè Lorizon à Tropiques Atrium. Ce concert promet d’être un voyage musical et spirituel à travers la voix unique et les textes engagés de l’artiste.

Kolo Barst, originaire de Basse-Pointe en Martinique, s’est fait connaître en 2004 grâce à son titre Févryé 74, qui évoque la révolte des ouvriers agricoles et la répression violente de la grève de janvier 1974. Ses chansons sont des hymnes à la culture martiniquaise, aux valeurs humaines, à la justice sociale et à la fraternité. Véritable poète et griot moderne, Kolo chante avec une passion authentique et une sincérité profonde.

Après un long silence discographique, le retour de Kolo Barst est marqué par Limiè Lorizon (La lumière de l’horizon), un album de sept titres, produit en septembre 2024. Ce projet, qui a vu le jour après une décennie de réflexion et de travail, nous offre une ouverture sur demain, portée par des sonorités riches et des textes percutants.

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Mobiliser l’épargne locale est une action vertueuse de développement économique.

— Par Jean-Marie Nol —

Mobiliser l’épargne locale pour bâtir l’avenir économique de la Guadeloupe  est une action vertueuse, un acte « patriotique » économique qui répond à une nécessité stratégique. Il est possible d’évaluer l’épargne locale en Guadeloupe en s’appuyant sur plusieurs sources de données économiques et financières. Voici les principales approches :
Les dépôts à vue et les livrets d’épargne : Selon les données des banques et de l’IEDOM (Institut d’Émission des Départements d’Outre-mer), les dépôts des ménages guadeloupéens dans les banques locales atteignent plusieurs milliards d’euros. Pour affiner l’estimation de l’épargne locale en Guadeloupe, nous pouvons nous appuyer sur les données les plus récentes disponibles :
Encours des actifs financiers et épargne des ménages:
Fin 2021 : L’encours total des actifs financiers en Guadeloupe était de 8,9 milliards d’euros, en hausse de 3 % par rapport à l’année précédente. Sur ce total, l’épargne des ménages représentait 6,4 milliards d’euros, augmentant de 2,8 % par rapport à 2018.

Fin 2022 : Les encours de crédits aux ménages ont atteint 4,2 milliards d’euros, avec une progression de 1,0 % en 2023, après une hausse de 9,0 % en 2022.

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« Les Filles du Nil : quand le théâtre devient un acte de rébellion

Lundi 24 mars à 18h à Tropiques-Atrium

Mercredi 16 octobre à 18h30
« Les Filles du Nil », un film de Ayman El Amir, Nada Riyadh
Madiana
29 janvier 2025 en salle | 1h 42min | Documentaire
| Par Nada Riyadh, Ayman El Amir
Titre original Rafaat Einy LL Sama
Synopsis
Dans un village du sud de l’Égypte, une bande de jeunes filles se rebelle en formant une troupe de théâtre de rue. Rêvant de devenir comédiennes, danseuses et chanteuses, elles défient leurs familles coptes et les habitants de la région avec leurs performances audacieuses. Filmé sur 4 années, Les Filles du Nil suit le parcours de ces jeunes filles qui deviennent femmes.

Madinin’Art en parle :

— Par Hélène Lemoine —
Depuis El-Barsha, un petit village copte du sud de l’Égypte, une révolution discrète mais puissante a vu le jour. C’est là que Nada Riyadh et Ayman El-Amir ont découvert, en 2017, un groupe de jeunes femmes courageuses qui utilisaient le théâtre de rue pour défier les normes sociales étouffantes auxquelles elles étaient confrontées. Majda, Haidi, Monika, et leurs amies ont créé des saynètes où elles exposaient avec audace les réalités qu’elles vivaient au quotidien : mariages précoces, harcèlement et contrôle des corps féminins.

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21 mars 2025 : Journée internationale pour l’élimination de la discrimination raciale

L’action des syndicats pour combattre l’extrême droite
— Communiqué de la Confédération syndicale internationale —

Cette année, notre appel à l’action est plus urgent que jamais. Dans le monde entier, nous sommes confrontés à une montée inquiétante des idéologies d’extrême droite et à une normalisation croissante de la rhétorique raciste dans les discours politiques.

Les mouvements d’extrême droite exploitent l’incertitude économique et les craintes sociales pour propager la division et la haine, en ciblant généralement les migrants, les communautés racialisées et les minorités. Ces événements récents constituent des menaces importantes pour les valeurs démocratiques, les droits des travailleurs et la cohésion sociale.

Face à ces défis, les syndicats du monde entier ont redoublé d’efforts pour lutter contre la discrimination raciale et la montée de l’extrême droite. Au niveau national, nos organisations affiliées ont élaboré et mis en œuvre une série d’outils et d’initiatives:

  • boîte à outils sur la lutte contre le racisme sur le lieu de travail: le Trades Union Congress (TUC, Angleterre et Pays de Galles) a élaboré une boîte à outils « La lutte contre le racisme sur le lieu de travail » destinée à aider les représentants syndicaux à identifier et à combattre le racisme systémique dans les cultures du lieu de travail.

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« Black Label », en streaming & replay gratuit sur Culturebox

Disponible jusqu’au 01/08/2025

Diffusé le 20 mars 2025 à 23h01 sur Culturebox, Black Label est un spectacle qui fusionne poésie, musique et danse pour rendre hommage à l’engagement antiraciste et à la lutte pour l’égalité. Inspiré par le recueil Black-Label de Léon-Gontran Damas, publié en 1956, ce spectacle met en lumière les voix de la négritude, tout en traversant les époques et les luttes, des premières revendications de la charte du Manden en 1222 aux mouvements contemporains comme Black Lives Matter.

Sous la direction du metteur en scène David Bobée et porté par l’acteur et rappeur JoeyStarr, le spectacle réunit plusieurs artistes  : la musicienne jazz Noëmi Saint-Aimé, le chanteur et danseur Nicolas Moumbounou, ainsi que Jules Turlet, chansigneur, qui traduit l’intégralité du spectacle en langue des signes. Ensemble, ils offrent une interprétation puissante des écrits antiracistes les plus marquants, allant de Léon-Gontran Damas à Aimé Césaire, en passant par Malcolm X et Tracy K. Smith.

À travers une fresque visuelle mêlant images d’archives (traites négrières, colonisation, violences policières), Black Label interroge les origines et les réalités des diasporas africaines. Chaque mot, chaque geste, chaque note s’imbrique pour former un cri contre l’oppression et la déshumanisation des peuples noirs, un hommage à l’histoire collective et à la lutte pour la dignité.

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Quid de la déclaration de Manuel Valls aux Antilles :  « l’État providence c’est fini ! »

— Par Jean-Marie Nol —

Cette déclaration intervient dans un contexte où la Guadeloupe, est en quête de boussole dans une ère d’incertitude internationale, nationale et locale. L’annonce de Manuel Valls lors de sa récente visite en Martinique sur la « fin de l’État-providence » marque un tournant pour les territoires d’outre-mer, en particulier la Guadeloupe et la Martinique, qui reposent depuis des décennies sur un modèle économique largement soutenu par les transferts publics et surtout sociaux . En déclarant que « ce n’est pas l’État qui est responsable de la crise structurelle aux Antilles » et que les Antillais doivent désormais « se prendre en main », le ministre envoie un signal fort : l’ère de l’assistance systématique touche à sa fin. Cette déclaration intervient dans un contexte de rigueur budgétaire où le gouvernement cherche à réduire drastiquement le déficit public, notamment en annonçant aujourd’hui le gel de 9,1 milliards d’euros de crédits pour l’État et la Sécurité sociale. Une telle politique, appliquée sans distinction aux territoires ultramarins, risque cependant d’avoir des conséquences majeures sur leur stabilité économique et sociale.

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Le Sidaction 2025 : Sensibiliser, briser le silence et agir pour la prévention et l’accompagnement des seniors face au VIH

Du 21 au 23 mars 2025, Action Sida Martinique, dans le cadre du Sidaction s’engage une nouvelle fois dans la lutte contre le VIH, avec un focus particulier sur les seniors. Longtemps perçue comme une maladie touchant principalement les jeunes, l’épidémie de VIH touche de plus en plus de personnes âgées, notamment aux Antilles où 28 % des nouvelles infections concernent les 50 ans et plus. Le Sidaction représente une opportunité essentielle de sensibiliser, de briser le silence et de soutenir les actions de prévention et d’accompagnement de cette population trop souvent oubliée.

Le VIH chez les seniors : Un enjeu de santé publique

L’étude “Contexte sexualité des Français, 2024” révèle des comportements inquiétants chez les seniors. Alors que 49,4 % des femmes et 52,6 % des hommes utilisent un préservatif lors d’un premier rapport avec un·e partenaire rencontré·e dans l’année, cette pratique chute drastiquement après 60 ans. À cet âge, seulement 25 % des hommes et aucun des 19 femmes de 69 à 89 ans interrogées ne déclarent en utiliser un lors d’une nouvelle relation. Ces chiffres sont particulièrement préoccupants car, selon Santé publique France, en 2021, 23 % des nouveaux diagnostics de VIH concernaient des seniors.

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Un ami perplexe : “je me demande encore qui est Frantz Fanon”

— Par Yves-Léopold Monthieux 

“Ainsi donc, une voix s’élève de part le monde…” C’était le début de l’envolée oratoire de Frantz Fanon alors que, la guerre étant terminée, il allait quitter l’armée pour rejoindre sa famille. A la fête de la victoire organisée dans le village où se trouvait son régiment, il allait connaître une dernière mésaventure. L’orgueilleux Fanon avait dû faire tapisserie au bal de la soirée, éconduit par les filles de la localité. L’ayant observé, le colonel lui adressa ces mots : “je comprends votre amertume, demain, vous présiderez la cérémonie de levée des drapeaux, c’est vous qui allez faire le speech”. C’est alors qu’en introduction de son discours, il prononça la phrase emphatique citée plus haut, laquelle exprimait une grande part de ce qu’était Fanon. Une part seulement de cet être pluriel que les révélations du camarade qui partageait sa chambre d’étudiant, à Lyon, en étonneraient plus d’un. Une part de cet être complexe dont le camarade de quartier et de lycée, le futur instituteur Lucien Zécler, aujourd’hui âgé de 101 ans, termine son propos à Tous Créoles par cette interrogation : “Je me demande encore qui est Frantz Fanon”.

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 » Frida », texte & m.e.s. de Paola Duniaud

Vendredi 21 mars à 19h30 à Tropiques-Atrium COMPLET!

La pièce Frida, écrite et mise en scène par Paõla Duniaud, propose une plongée dans la vie tumultueuse de l’artiste mexicaine Frida Kahlo, une figure iconique du XXe siècle. Après que l’univers de Frida ait été exploré à travers le cinéma et la télévision, Paõla Duniaud choisit le théâtre pour rendre hommage à cette femme hors du commun, en nous dévoilant les facettes complexes de son existence.

La pièce nous transporte dans l’intimité de Frida Kahlo, en particulier en 1960, à l’aube des mouvements féministes. Ce retour sur le parcours de l’artiste mexicaine met en lumière sa vision avant-gardiste, notamment sur des thèmes comme la sexualité, l’acceptation de soi et la liberté individuelle. Paõla Duniaud revisite également l’origine de l’engouement mondial pour Frida Kahlo, cette icône contre son gré, devenue un symbole de la lutte féministe et de l’émancipation des minorités.

Frida Kahlo, artiste au regard perçant et à l’ambition farouche, traverse des épreuves dramatiques, tant sur le plan personnel que physique. Dès son enfance, marquée par la polio et un grave accident de tramway qui lui laissera de lourdes séquelles, Frida fait preuve d’une résilience impressionnante.

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La Fondation Clément soutient l’exposition « Paris-Noir ».

Circulations artistiques et lutte anti-coloniales, 1950-2000

Centre Pompidou jusqu’au 30 juin 2025

L’exposition « Paris Noir » retrace la présence de 150 artistes africains, africains-américains et caribéens à Paris dans la seconde moitié du 20ᵉ siècle : de la création de la revue Présence Africaine en 1947 par Alioune Diop, autour du mouvement de la Négritude, qui est une librairie, une maison d’édition et un lieu de rassemblement pour les artistes et les intellectuels venus de ces différents mondes noirs, jusqu’à la création de la Revue Noire dans les années 1990. Cette exposition accompagne 50 ans de décolonisation à Paris, qui agit alors comme un laboratoire anticolonial panafricain et permet aux artistes de penser l’émancipation.

C’est une exposition qui permet à tous ces artistes de s’adosser à des luttes politiques, mais aussi de contribuer de manière décisive à la redéfinition des modernités et des postmodernités à Paris.

On a souvent raconté que les artistes quittaient Paris pour New York après la Seconde Guerre mondiale. Cette exposition nous montre une autre histoire qui vient en faitouvrir cette odyssée du Paris – Monde autour d’axes géographiques qui avaient été ignorés jusqu’à maintenant par l’institution.

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L’Apocalypse d’un poète. Hommage à Anthony Phelps (1928-2025)

— Par Joël Des Rosiers —

Le poète Anthony Phelps fut une voix supérieure à la manière du peintre québécois Jean-Paul Riopelle qualifié de « trappeur supérieur » par André Breton, le premier admirateur du premier Césaire. Céramiste, chimiste de formation, potier autant que poète, Phelps rencontra dans les contrées boréales des héritages artistiques et culturels autochtones qui ne purent que vivifier son œuvre. Le souffle phelpsien fut happé par les territoires nordiques, vastes espaces qui fournissaient une cohérence continentale américaine à l’insularité caraïbe. Écopoétique où le poète de l’exil manie « une langue de sel / sur des peaux de cartographe ».

Si Phelps prie désormais aux pieds des « Arbres de glace / Blanches morsures / têtes caraïbes sous le coupe-coupe du froid », il chante aussi les nouvelles réjouissances de l’épluchette de blé d’Inde, l’autre nom du maïs sucré au Québec. Ce sont des épis aux cheveux blonds dont les feuilles vertes font l’objet d’un effeuillage au cours d’un rassemblement traditionnel sous la lumière du mois d’août. Or cette céréale, originaire de l’Amérique du Sud, était cultivée depuis 3000 ans par les Autochtones, hommes et femmes de maïs de la Caraïbe :

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Te voici à l’ubac maintenant

— Par Lenous Guillaume-Suprice —

« J’ai bu du rhum et de l’eau fraîche/j’ai eu ma part du gâteau de l’espoir/Maintenant que j’ai dit l’essentiel je dois partir/Au point d’accouplement de la terre et du ciel/j’ai rendez-vous avec la rose/pour assister à la naissance de l’amour. »

(Anthony Phelps)

Elle était un fado bien longtemps joué
dans ta maison près du port
bien loin des ballades d’autrefois
pour étouffer les rots d’anciens marins
qui l’humiliaient
les voix de lointains geôliers
qui te poursuivaient
Toute seule, elle allait et venait, elle courait au secours de sa gueule d’iconoclaste
Te voici à l’ubac maintenant
conforme à ta manière de réagir
intense parfois
et elle toujours bien ferme à l’adret
dans ses convictions d’agir
sans plus
Fourmis dans l’âme
par le soir au fond d’un buisson
chagrine
une brise a défrisé sa chevelure
dans ton regard
à l’heure chantante des cigales

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« L’Appel du Bukut », un film documentaire de Guy Garçon

Mercredi 19 mars à 18h au T.O.M. – Téyat Otonom Mawon à FdF

Le documentaire L’Appel du Bukut, réalisé par Guy Garçon, plonge dans la découverte du rite initiatique « Bukut », une tradition ancestrale des Diolas, un peuple de la région de la Casamance, au sud du Sénégal. Ce film,  exploration d’un rite de passage, est une aventure cinématographique et humaine qui  offre un regard respectueux et intime sur un peuple fier de ses racines et de ses valeurs.

Le Bukut, pratiqué depuis le XIIe siècle, est une cérémonie de passage marquant le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Autrefois seule forme d’éducation dans les sociétés diola, ce rite servait à préparer les jeunes hommes à assumer leurs rôles sociaux, politiques, et économiques. C’est au travers de cette cérémonie que les jeunes générations sont intégrées dans la communauté et doivent prouver leur aptitude à défendre leur culture et leur terre. Le respect du rite est sacré, et ceux qui ne le suivent pas sont exclus de certains aspects fondamentaux de la vie communautaire, tels que le mariage ou la possession de terres.

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« Le Chemin des Pieds Carrés », une chorégraphie de Fabienne Marajo

Vendredi 21 et samedi 22 mars à 19h30 au T.A.C. (Théâtre Aimé Césaire)

Un chemin a un début et une fin.
J’ai pris le parti de commencer au Cap 110, à l’anse Cafard au Diamant en MARTINIQUE.
A cet endroit ont été érigées 15 statues blanches réalisées par le sculpteur martiniquais Laurent Valère pour le 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage (en 1998). Elles pèsent chacune 4 tonnes et sont orientées vers le Cap 110, soit le 110° Nord de l’île de Gorée, en mémoire des 300 esclaves naufragés dont 86 survécurent.
Chacun a son chemin, chacun essaye d’accomplir sa légende personnelle avec ses armes.
Un chemin forgé par les rencontres, bienveillantes ou non, qui influencent notre tracé.
Tantôt droit, courbe, brisé, cassé, reconstruit, heureux, amoureux…
Notre corps traduit tous ces méandres.

Le Chemin des Pieds Carrés
Historique et synopsis :
Depuis 2003, je dirige mon école de danse à Rivière Salée.
Depuis 2013 j’ai créer une compagnie de danse avec les meilleurs élèves : La Comapnie Entrenou
Notre dernière création « Le Chemin des Pieds Carrés »
Un Chemin à un début et une fin.

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Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

— Par Robert Lodimus —

Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –, pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»

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« Indépendant Queen » : une comédie musicale qui fait vibrer les cœurs et les esprits

Mercredi 19 mars & Jeudi 20 mars au Grand Carbet Du Parc Culturel Aimé Césaire

Plongez dans l’univers d’ « Indépendant Queen », une comédie musicale 100% française, où l’art de la scène se réinvente à travers des compositions originales, des chorégraphies séduisantes, et un récit théâtral novateur. Ce spectacle, qui prendra vie au Grand Carbet du Parc Culturel Aimé Césaire en Martinique vous transportera dans un royaume prospère où les femmes détiennent le pouvoir.

L’histoire se déroule sous le règne de la Reine Doah, confrontée à l’incapacité d’avoir une héritière pour perpétuer sa dynastie. Désespérée, elle scelle un pacte sombre avec sa sœur déchue, Malonda, désormais vaudou. En échange de la promesse d’une descendance, la vie de la Reine sera liée par un sort complexe : « Une vie contre une vie, seuls les liens du sang pourront vous libérer ». La naissance inattendue de jumelles marque le début d’une bataille entre amour et fraternité. Qui des deux héritières perpétuera la lignée royale ? Les liens du sang seront-ils plus forts que les rivalités et les passions ?

Ce spectacle, composé de 16 tableaux mêlant chant, danse, et comédie, est bien plus qu’une simple représentation.

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« Port-au-Prince et sa douce nuit » : Une déclaration d’amour à Haïti

Dans une chambre de Port-au-Prince, à la lumière vacillante d’une bougie, un couple s’aime, se déchire, pleure et se souvient, comme deux âmes en quête de réconfort face à la violence d’une ville qui s’effondre. Zily, une jeune femme pleine de rêves et d’espoirs, souhaite quitter Haïti avec Ferah, son amour. Mais Ferah, malgré les assassinats, les émeutes et la violence omniprésente, refuse de partir. Il travaille à l’hôpital de la ville, un témoin quotidien du chaos qui défigure sa terre natale. Comment continuer à aimer dans un tel contexte ? Et comment aimer son île, tout en étant contraint de la fuir ?

Ce texte poétique et profondément intime, écrit par Gaëlle Bien-Aimé, lauréate du Prix RFI Théâtre 2022, puise ses racines dans l’âme de l’autrice et dans les souffrances d’une nation en proie à des années de guerre, d’instabilité politique, et de désespoir. En partie autobiographique, Port-au-Prince et sa douce nuit s’impose comme une réflexion sur la résilience et l’amour dans un monde brisé. Cette pièce  est une déclaration poignante d’amour à Port-au-Prince, une ville vibrante, autrefois pleine de vie, aujourd’hui sous la coupe des gangs et du désespoir.

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L’avenir du cacao : il y a urgence à préserver un trésor millénaire

— Par Christian Cilas (*) —

Riche et complexe, l’histoire du cacaoyer remonte à environ 3500 av. J.-C. Les Olmèques, l’une des premières civilisations mésoaméricaines, sont souvent considérés comme les premiers à l’avoir cultivé. Ils utilisaient les fèves pour préparer une boisson amère, qui était fréquemment agrémentée d’épices et de piments. Des recherches encore plus récentes indiquent que le recours aux fèves de cacao existait déjà dans la haute Amazonie (actuellement l’Équateur et le Pérou) aux alentours de 5000 av. J.-C.. Les premières plantations organisées, néanmoins, semblent avoir été réalisées dans la région de Soconusco par les Aztèques et les Mayas, parfois avec des systèmes de drainage et d’irrigation.

Le cacao tenait chez les Mayas une place centrale : ils y voyaient un don des dieux et s’en servaient dans des cérémonies religieuses, souvent mélangé avec de l’eau, du miel et des épices pour créer une boisson festive, appelée “xocolatl”. Les fèves de cacao étaient également utilisées comme monnaie, ce qui témoigne de leur valeur économique. Les Aztèques, qui ont succédé aux Mayas, bien que les deux civilisations aient coexisté pendant plusieurs siècles, ont continué cette tradition.Lorsque

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Antilles : Chyen maré sé pou lapidé

Par Mireille Pierre-Louis (Contribution à titre personnel) —

Sommaire

Retour sur le désengagement budgétaire de l’Etat des finances locales

Une Martinique aux finances locales exsangues

Une poudrière sociale qui fait le lit du populisme

L’Etat souffle sur la braise

Des alliés moyenâgeux (comme l’Octroi de mer) devenus encombrants ?

Une instrumentalisation de la misère sociale

Une diversion par rapport à la colonisation de peuplement

Octroi de mer : un nouveau séisme budgétaire en vue

Sans changement de cap de l’Etat français : Maré rin nou !

EXPOSE DES MOTIFS

La « vie est chère » en Martinique, nul ne saurait le contester, mais les prix des produits alimentaires ne sont pas responsables du marasme dans lequel les Antilles s’enfoncent inexorablement depuis une quinzaine d’années. Et, justement, en imposant la « vie chère » comme l’alpha et l’oméga des difficultés de la Martinique aujourd’hui, et même de l’Outremer, l’Etat réussit à détourner l’attention de ses propres manquements dans ces territoires, et plus grave, instrumentalise la misère sociale pour in fine appauvrir les populations, avec la prise de l’Octroi de mer et sa refonte dans une TVA nationale inflationniste.

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Réunion de l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR)

— Déclaration de la CGTM

Monsieur le Ministre,

Après la Kanaky, après Mayotte, la Réunion, vous poursuivez votre tournée et vous voilà depuis samedi dans les Caraïbes, et aujourd’hui en Martinique.

Dans le programme communiqué par la préfecture, il est indiqué : « 16.45 : Séance plénière de l’OPMR à la préfecture suivie d’un discours sur la vie chère ». Nous y sommes donc.

Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas un inconnu.

Vous avez été membre du Parti socialiste, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, et cela sous la présidence de François Hollande, un président dit socialiste. Et vous aviez eu au gouvernement un collègue à la tête du ministère de l’économie et des finances, M. Emmanuel Macron, dont vous êtes depuis quelques mois le ministre en charge des Outre-mer, expression employée pour désigner tous ces territoires loin de la France hexagonale.

Durant le mandat de François hollande, mais aussi avant lui, celui de Jospin, un de vos prédécesseurs et camarades, les travailleurs ont trinqué. D’un Jospin qui a déclaré que « l’Etat ne peut pas tout », à un Hollande qui a déclaré que « son véritable adversaire, c’était le monde de la finance » (Bourget en janvier 2012), on a vu comment cela s’est traduit : le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), l’Accord National Interprofessionnel (ANI) avec la réduction du délai de prescription en matière de salaires, passé de 5 ans à 3 ans, le barème des indemnités en cas de licenciement abusif, la loi travail, dite loi El Khomri, la réforme Touraine portant sur les retraites.

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Chlordécone : culpabiliser la population ou prendre les mesures nécessaires ?

—Le n° 387 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

Dans une interview au journal Libération, Edwige Duclay, chargée de mission de l’État sur la question du chlordécone, lève le voile sur le fond de la politique officielle à ce sujet.

Si l’on considère la faiblesse des moyens mis en œuvre par l’État en comparaison avec d’autres affaires de pollution majeure, tant en France que dans d’autres pays, on doit dire que le maître mot de cette politique est « communication ». Et, toute la stratégie est basée sur la culpabilisation de la population couplée au dédouanement de l’État.

La chargée de mission parle bien « des colères de la population », mais ces colères sont présentées comme autant de freins à l’action ! Elle comprend que l’on pose la question de l’impunité, mais c’est pour affirmer immédiatement après que cela ne sert à rien de revenir sur le passé, puisque ce n’est pas ça qui nous donnera à manger !

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« Grand Tour » de Miguel Gomes : un film qui bouscule les attentes et défie les conventions du genre.

Lundi 17 mars à 14h à Madiana

À première vue, on pourrait s’attendre à une épopée aventureuse à travers l’Asie ou un drame intimiste sous le couvert d’une quête romantique. Mais loin de suivre cette trajectoire prévisible, le réalisateur nous livre une œuvre d’une grande originalité, où se mêlent drame, documentaire et exploration des contrastes entre tradition et modernité.

Le film se déroule en 1918, une époque où les tensions de la Première Guerre mondiale se font encore sentir, mais l’intrigue nous est racontée à travers des images contemporaines. Gomes situe son récit dans des villes d’Asie du Sud-Est, mais choisit de capturer la vie moderne dans ces lieux. Les scènes en noir et blanc, représentant l’histoire fictive d’Edward (Gonçalo Waddington), un fonctionnaire britannique fuyant sa fiancée Molly (Crista Alfaiate), sont entrecoupées de séquences colorées montrant la réalité actuelle des villes traversées par les personnages. Cette approche audacieuse transforme le film en un voyage visuel à travers le temps et l’espace, où la fiction et le documentaire se répondent de manière subtile.

Le film se divise en deux parties distinctes. Dans la première, on suit Edward dans son périple de fuite, une sorte de comédie burlesque où il tente d’échapper à un mariage qui le terrifie.

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Le délitement de la société antillaise, conséquence de la crise existentielle en France hexagonale !

— Par Jean-Marie Nol —
Le délitement de la société antillaise trouve aujourd’hui son explication dans un phénomène insidieux et profondément enraciné : le vide existentiel qui s’installe  de manière progressive en France hexagonale . Près de 80 ans après la départementalisation, la Guadeloupe et la Martinique traversent une mutation sociale majeure découlant de la transformation disruptive de de société française , marquée par une crise du sens, une montée des addictions, une violence accrue et un exil massif des jeunes générations. Ce constat alarmant n’est pas un simple phénomène conjoncturel, mais le résultat d’une évolution lente et complexe, où se mêlent modernité, individualisation et effritement des liens sociaux.

La départementalisation, promulguée en 1946, a marqué un tournant dans l’histoire des Antilles françaises. Elle a amorcé une transformation profonde de la société, rompant en partie avec les structures coloniales d’antan et intégrant progressivement ces territoires dans le modèle républicain français. Pendant les Trente Glorieuses, l’élévation du niveau de vie, la mise en place de l’État providence et l’essor du salariat ont contribué à réduire les inégalités qui, au XIXe siècle, étaient extrêmement marquées.

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