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Le Sidaction 2025 : Sensibiliser, briser le silence et agir pour la prévention et l’accompagnement des seniors face au VIH

Du 21 au 23 mars 2025, Action Sida Martinique, dans le cadre du Sidaction s’engage une nouvelle fois dans la lutte contre le VIH, avec un focus particulier sur les seniors. Longtemps perçue comme une maladie touchant principalement les jeunes, l’épidémie de VIH touche de plus en plus de personnes âgées, notamment aux Antilles où 28 % des nouvelles infections concernent les 50 ans et plus. Le Sidaction représente une opportunité essentielle de sensibiliser, de briser le silence et de soutenir les actions de prévention et d’accompagnement de cette population trop souvent oubliée.

Le VIH chez les seniors : Un enjeu de santé publique

L’étude “Contexte sexualité des Français, 2024” révèle des comportements inquiétants chez les seniors. Alors que 49,4 % des femmes et 52,6 % des hommes utilisent un préservatif lors d’un premier rapport avec un·e partenaire rencontré·e dans l’année, cette pratique chute drastiquement après 60 ans. À cet âge, seulement 25 % des hommes et aucun des 19 femmes de 69 à 89 ans interrogées ne déclarent en utiliser un lors d’une nouvelle relation. Ces chiffres sont particulièrement préoccupants car, selon Santé publique France, en 2021, 23 % des nouveaux diagnostics de VIH concernaient des seniors.

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Un ami perplexe : “je me demande encore qui est Frantz Fanon”

— Par Yves-Léopold Monthieux 

“Ainsi donc, une voix s’élève de part le monde…” C’était le début de l’envolée oratoire de Frantz Fanon alors que, la guerre étant terminée, il allait quitter l’armée pour rejoindre sa famille. A la fête de la victoire organisée dans le village où se trouvait son régiment, il allait connaître une dernière mésaventure. L’orgueilleux Fanon avait dû faire tapisserie au bal de la soirée, éconduit par les filles de la localité. L’ayant observé, le colonel lui adressa ces mots : “je comprends votre amertume, demain, vous présiderez la cérémonie de levée des drapeaux, c’est vous qui allez faire le speech”. C’est alors qu’en introduction de son discours, il prononça la phrase emphatique citée plus haut, laquelle exprimait une grande part de ce qu’était Fanon. Une part seulement de cet être pluriel que les révélations du camarade qui partageait sa chambre d’étudiant, à Lyon, en étonneraient plus d’un. Une part de cet être complexe dont le camarade de quartier et de lycée, le futur instituteur Lucien Zécler, aujourd’hui âgé de 101 ans, termine son propos à Tous Créoles par cette interrogation : “Je me demande encore qui est Frantz Fanon”.

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 » Frida », texte & m.e.s. de Paola Duniaud

Vendredi 21 mars à 19h30 à Tropiques-Atrium COMPLET!

La pièce Frida, écrite et mise en scène par Paõla Duniaud, propose une plongée dans la vie tumultueuse de l’artiste mexicaine Frida Kahlo, une figure iconique du XXe siècle. Après que l’univers de Frida ait été exploré à travers le cinéma et la télévision, Paõla Duniaud choisit le théâtre pour rendre hommage à cette femme hors du commun, en nous dévoilant les facettes complexes de son existence.

La pièce nous transporte dans l’intimité de Frida Kahlo, en particulier en 1960, à l’aube des mouvements féministes. Ce retour sur le parcours de l’artiste mexicaine met en lumière sa vision avant-gardiste, notamment sur des thèmes comme la sexualité, l’acceptation de soi et la liberté individuelle. Paõla Duniaud revisite également l’origine de l’engouement mondial pour Frida Kahlo, cette icône contre son gré, devenue un symbole de la lutte féministe et de l’émancipation des minorités.

Frida Kahlo, artiste au regard perçant et à l’ambition farouche, traverse des épreuves dramatiques, tant sur le plan personnel que physique. Dès son enfance, marquée par la polio et un grave accident de tramway qui lui laissera de lourdes séquelles, Frida fait preuve d’une résilience impressionnante.

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La Fondation Clément soutient l’exposition « Paris-Noir ».

Circulations artistiques et lutte anti-coloniales, 1950-2000

Centre Pompidou jusqu’au 30 juin 2025

L’exposition « Paris Noir » retrace la présence de 150 artistes africains, africains-américains et caribéens à Paris dans la seconde moitié du 20ᵉ siècle : de la création de la revue Présence Africaine en 1947 par Alioune Diop, autour du mouvement de la Négritude, qui est une librairie, une maison d’édition et un lieu de rassemblement pour les artistes et les intellectuels venus de ces différents mondes noirs, jusqu’à la création de la Revue Noire dans les années 1990. Cette exposition accompagne 50 ans de décolonisation à Paris, qui agit alors comme un laboratoire anticolonial panafricain et permet aux artistes de penser l’émancipation.

C’est une exposition qui permet à tous ces artistes de s’adosser à des luttes politiques, mais aussi de contribuer de manière décisive à la redéfinition des modernités et des postmodernités à Paris.

On a souvent raconté que les artistes quittaient Paris pour New York après la Seconde Guerre mondiale. Cette exposition nous montre une autre histoire qui vient en faitouvrir cette odyssée du Paris – Monde autour d’axes géographiques qui avaient été ignorés jusqu’à maintenant par l’institution.

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L’Apocalypse d’un poète. Hommage à Anthony Phelps (1928-2025)

— Par Joël Des Rosiers —

Le poète Anthony Phelps fut une voix supérieure à la manière du peintre québécois Jean-Paul Riopelle qualifié de « trappeur supérieur » par André Breton, le premier admirateur du premier Césaire. Céramiste, chimiste de formation, potier autant que poète, Phelps rencontra dans les contrées boréales des héritages artistiques et culturels autochtones qui ne purent que vivifier son œuvre. Le souffle phelpsien fut happé par les territoires nordiques, vastes espaces qui fournissaient une cohérence continentale américaine à l’insularité caraïbe. Écopoétique où le poète de l’exil manie « une langue de sel / sur des peaux de cartographe ».

Si Phelps prie désormais aux pieds des « Arbres de glace / Blanches morsures / têtes caraïbes sous le coupe-coupe du froid », il chante aussi les nouvelles réjouissances de l’épluchette de blé d’Inde, l’autre nom du maïs sucré au Québec. Ce sont des épis aux cheveux blonds dont les feuilles vertes font l’objet d’un effeuillage au cours d’un rassemblement traditionnel sous la lumière du mois d’août. Or cette céréale, originaire de l’Amérique du Sud, était cultivée depuis 3000 ans par les Autochtones, hommes et femmes de maïs de la Caraïbe :

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Te voici à l’ubac maintenant

— Par Lenous Guillaume-Suprice —

« J’ai bu du rhum et de l’eau fraîche/j’ai eu ma part du gâteau de l’espoir/Maintenant que j’ai dit l’essentiel je dois partir/Au point d’accouplement de la terre et du ciel/j’ai rendez-vous avec la rose/pour assister à la naissance de l’amour. »

(Anthony Phelps)

Elle était un fado bien longtemps joué
dans ta maison près du port
bien loin des ballades d’autrefois
pour étouffer les rots d’anciens marins
qui l’humiliaient
les voix de lointains geôliers
qui te poursuivaient
Toute seule, elle allait et venait, elle courait au secours de sa gueule d’iconoclaste
Te voici à l’ubac maintenant
conforme à ta manière de réagir
intense parfois
et elle toujours bien ferme à l’adret
dans ses convictions d’agir
sans plus
Fourmis dans l’âme
par le soir au fond d’un buisson
chagrine
une brise a défrisé sa chevelure
dans ton regard
à l’heure chantante des cigales

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« L’Appel du Bukut », un film documentaire de Guy Garçon

Mercredi 19 mars à 18h au T.O.M. – Téyat Otonom Mawon à FdF

Le documentaire L’Appel du Bukut, réalisé par Guy Garçon, plonge dans la découverte du rite initiatique « Bukut », une tradition ancestrale des Diolas, un peuple de la région de la Casamance, au sud du Sénégal. Ce film,  exploration d’un rite de passage, est une aventure cinématographique et humaine qui  offre un regard respectueux et intime sur un peuple fier de ses racines et de ses valeurs.

Le Bukut, pratiqué depuis le XIIe siècle, est une cérémonie de passage marquant le passage de l’adolescence à l’âge adulte. Autrefois seule forme d’éducation dans les sociétés diola, ce rite servait à préparer les jeunes hommes à assumer leurs rôles sociaux, politiques, et économiques. C’est au travers de cette cérémonie que les jeunes générations sont intégrées dans la communauté et doivent prouver leur aptitude à défendre leur culture et leur terre. Le respect du rite est sacré, et ceux qui ne le suivent pas sont exclus de certains aspects fondamentaux de la vie communautaire, tels que le mariage ou la possession de terres.

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« Le Chemin des Pieds Carrés », une chorégraphie de Fabienne Marajo

Vendredi 21 et samedi 22 mars à 19h30 au T.A.C. (Théâtre Aimé Césaire)

Un chemin a un début et une fin.
J’ai pris le parti de commencer au Cap 110, à l’anse Cafard au Diamant en MARTINIQUE.
A cet endroit ont été érigées 15 statues blanches réalisées par le sculpteur martiniquais Laurent Valère pour le 150ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage (en 1998). Elles pèsent chacune 4 tonnes et sont orientées vers le Cap 110, soit le 110° Nord de l’île de Gorée, en mémoire des 300 esclaves naufragés dont 86 survécurent.
Chacun a son chemin, chacun essaye d’accomplir sa légende personnelle avec ses armes.
Un chemin forgé par les rencontres, bienveillantes ou non, qui influencent notre tracé.
Tantôt droit, courbe, brisé, cassé, reconstruit, heureux, amoureux…
Notre corps traduit tous ces méandres.

Le Chemin des Pieds Carrés
Historique et synopsis :
Depuis 2003, je dirige mon école de danse à Rivière Salée.
Depuis 2013 j’ai créer une compagnie de danse avec les meilleurs élèves : La Comapnie Entrenou
Notre dernière création « Le Chemin des Pieds Carrés »
Un Chemin à un début et une fin.

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Voyage féérique au Macoutistan, le « pays » du grand poète et romancier Gary Klang…

— Par Robert Lodimus —

Le 27 février 2025, les parents, les collègues et les lecteurs de Jean-Pierre Basilic Dantor Franck Étienne d’Argent, alias Frankétienne, l’ont accompagné à sa dernière demeure avec une profonde tristesse. L’enfant de « Ravine-Sèche » allait célébrer sa quatre-vingt-neuvième année d’existence le 12 avril prochain, dans une capitale en lambeaux, méconnaissable, pariatisée, livrée pieds et mains liés, – comme le Fils de l’Homme à Hérode Antipas –, aux lycanthropes d’Hadès et de Perséphone, le dieu et la déesse des enfers. Franck Étienne a traversé, – pour reprendre le jargon utilisé dans le vaudouisme –, sans avoir accompli son rêve : obtenir le prix Nobel de littérature. Peut-être, entrera-t-il dans l’histoire à l’instar de l’écrivain suédois nobélisé à titre posthume en 1931, Erik Axel Karlfeldt, – quoique celui-ci l’eût refusé de son vivant en 1918 –, pour son ouvrage Cor d’Automne (Höstorn), paru pour la première fois en 1927. Car, dans bien des cas, la mort n’est pas arrivée à gommer l’opiniâtreté des « obsessions subjuguantes ». Et puis, « mieux vaut tard que trop tard !»

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« Indépendant Queen » : une comédie musicale qui fait vibrer les cœurs et les esprits

Mercredi 19 mars & Jeudi 20 mars au Grand Carbet Du Parc Culturel Aimé Césaire

Plongez dans l’univers d’ « Indépendant Queen », une comédie musicale 100% française, où l’art de la scène se réinvente à travers des compositions originales, des chorégraphies séduisantes, et un récit théâtral novateur. Ce spectacle, qui prendra vie au Grand Carbet du Parc Culturel Aimé Césaire en Martinique vous transportera dans un royaume prospère où les femmes détiennent le pouvoir.

L’histoire se déroule sous le règne de la Reine Doah, confrontée à l’incapacité d’avoir une héritière pour perpétuer sa dynastie. Désespérée, elle scelle un pacte sombre avec sa sœur déchue, Malonda, désormais vaudou. En échange de la promesse d’une descendance, la vie de la Reine sera liée par un sort complexe : « Une vie contre une vie, seuls les liens du sang pourront vous libérer ». La naissance inattendue de jumelles marque le début d’une bataille entre amour et fraternité. Qui des deux héritières perpétuera la lignée royale ? Les liens du sang seront-ils plus forts que les rivalités et les passions ?

Ce spectacle, composé de 16 tableaux mêlant chant, danse, et comédie, est bien plus qu’une simple représentation.

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« Port-au-Prince et sa douce nuit » : Une déclaration d’amour à Haïti

Dans une chambre de Port-au-Prince, à la lumière vacillante d’une bougie, un couple s’aime, se déchire, pleure et se souvient, comme deux âmes en quête de réconfort face à la violence d’une ville qui s’effondre. Zily, une jeune femme pleine de rêves et d’espoirs, souhaite quitter Haïti avec Ferah, son amour. Mais Ferah, malgré les assassinats, les émeutes et la violence omniprésente, refuse de partir. Il travaille à l’hôpital de la ville, un témoin quotidien du chaos qui défigure sa terre natale. Comment continuer à aimer dans un tel contexte ? Et comment aimer son île, tout en étant contraint de la fuir ?

Ce texte poétique et profondément intime, écrit par Gaëlle Bien-Aimé, lauréate du Prix RFI Théâtre 2022, puise ses racines dans l’âme de l’autrice et dans les souffrances d’une nation en proie à des années de guerre, d’instabilité politique, et de désespoir. En partie autobiographique, Port-au-Prince et sa douce nuit s’impose comme une réflexion sur la résilience et l’amour dans un monde brisé. Cette pièce  est une déclaration poignante d’amour à Port-au-Prince, une ville vibrante, autrefois pleine de vie, aujourd’hui sous la coupe des gangs et du désespoir.

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L’avenir du cacao : il y a urgence à préserver un trésor millénaire

— Par Christian Cilas (*) —

Riche et complexe, l’histoire du cacaoyer remonte à environ 3500 av. J.-C. Les Olmèques, l’une des premières civilisations mésoaméricaines, sont souvent considérés comme les premiers à l’avoir cultivé. Ils utilisaient les fèves pour préparer une boisson amère, qui était fréquemment agrémentée d’épices et de piments. Des recherches encore plus récentes indiquent que le recours aux fèves de cacao existait déjà dans la haute Amazonie (actuellement l’Équateur et le Pérou) aux alentours de 5000 av. J.-C.. Les premières plantations organisées, néanmoins, semblent avoir été réalisées dans la région de Soconusco par les Aztèques et les Mayas, parfois avec des systèmes de drainage et d’irrigation.

Le cacao tenait chez les Mayas une place centrale : ils y voyaient un don des dieux et s’en servaient dans des cérémonies religieuses, souvent mélangé avec de l’eau, du miel et des épices pour créer une boisson festive, appelée “xocolatl”. Les fèves de cacao étaient également utilisées comme monnaie, ce qui témoigne de leur valeur économique. Les Aztèques, qui ont succédé aux Mayas, bien que les deux civilisations aient coexisté pendant plusieurs siècles, ont continué cette tradition.Lorsque

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Antilles : Chyen maré sé pou lapidé

Par Mireille Pierre-Louis (Contribution à titre personnel) —

Sommaire

Retour sur le désengagement budgétaire de l’Etat des finances locales

Une Martinique aux finances locales exsangues

Une poudrière sociale qui fait le lit du populisme

L’Etat souffle sur la braise

Des alliés moyenâgeux (comme l’Octroi de mer) devenus encombrants ?

Une instrumentalisation de la misère sociale

Une diversion par rapport à la colonisation de peuplement

Octroi de mer : un nouveau séisme budgétaire en vue

Sans changement de cap de l’Etat français : Maré rin nou !

EXPOSE DES MOTIFS

La « vie est chère » en Martinique, nul ne saurait le contester, mais les prix des produits alimentaires ne sont pas responsables du marasme dans lequel les Antilles s’enfoncent inexorablement depuis une quinzaine d’années. Et, justement, en imposant la « vie chère » comme l’alpha et l’oméga des difficultés de la Martinique aujourd’hui, et même de l’Outremer, l’Etat réussit à détourner l’attention de ses propres manquements dans ces territoires, et plus grave, instrumentalise la misère sociale pour in fine appauvrir les populations, avec la prise de l’Octroi de mer et sa refonte dans une TVA nationale inflationniste.

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Réunion de l’Observatoire des Prix, des Marges et des Revenus (OPMR)

— Déclaration de la CGTM

Monsieur le Ministre,

Après la Kanaky, après Mayotte, la Réunion, vous poursuivez votre tournée et vous voilà depuis samedi dans les Caraïbes, et aujourd’hui en Martinique.

Dans le programme communiqué par la préfecture, il est indiqué : « 16.45 : Séance plénière de l’OPMR à la préfecture suivie d’un discours sur la vie chère ». Nous y sommes donc.

Monsieur le Ministre, vous n’êtes pas un inconnu.

Vous avez été membre du Parti socialiste, ministre de l’Intérieur, Premier ministre, et cela sous la présidence de François Hollande, un président dit socialiste. Et vous aviez eu au gouvernement un collègue à la tête du ministère de l’économie et des finances, M. Emmanuel Macron, dont vous êtes depuis quelques mois le ministre en charge des Outre-mer, expression employée pour désigner tous ces territoires loin de la France hexagonale.

Durant le mandat de François hollande, mais aussi avant lui, celui de Jospin, un de vos prédécesseurs et camarades, les travailleurs ont trinqué. D’un Jospin qui a déclaré que « l’Etat ne peut pas tout », à un Hollande qui a déclaré que « son véritable adversaire, c’était le monde de la finance » (Bourget en janvier 2012), on a vu comment cela s’est traduit : le Crédit Impôt Compétitivité Emploi (CICE), l’Accord National Interprofessionnel (ANI) avec la réduction du délai de prescription en matière de salaires, passé de 5 ans à 3 ans, le barème des indemnités en cas de licenciement abusif, la loi travail, dite loi El Khomri, la réforme Touraine portant sur les retraites.

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Chlordécone : culpabiliser la population ou prendre les mesures nécessaires ?

—Le n° 387 de « Révolution Socialiste », journal du GRS —

Dans une interview au journal Libération, Edwige Duclay, chargée de mission de l’État sur la question du chlordécone, lève le voile sur le fond de la politique officielle à ce sujet.

Si l’on considère la faiblesse des moyens mis en œuvre par l’État en comparaison avec d’autres affaires de pollution majeure, tant en France que dans d’autres pays, on doit dire que le maître mot de cette politique est « communication ». Et, toute la stratégie est basée sur la culpabilisation de la population couplée au dédouanement de l’État.

La chargée de mission parle bien « des colères de la population », mais ces colères sont présentées comme autant de freins à l’action ! Elle comprend que l’on pose la question de l’impunité, mais c’est pour affirmer immédiatement après que cela ne sert à rien de revenir sur le passé, puisque ce n’est pas ça qui nous donnera à manger !

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« Grand Tour » de Miguel Gomes : un film qui bouscule les attentes et défie les conventions du genre.

Lundi 17 mars à 14h à Madiana

À première vue, on pourrait s’attendre à une épopée aventureuse à travers l’Asie ou un drame intimiste sous le couvert d’une quête romantique. Mais loin de suivre cette trajectoire prévisible, le réalisateur nous livre une œuvre d’une grande originalité, où se mêlent drame, documentaire et exploration des contrastes entre tradition et modernité.

Le film se déroule en 1918, une époque où les tensions de la Première Guerre mondiale se font encore sentir, mais l’intrigue nous est racontée à travers des images contemporaines. Gomes situe son récit dans des villes d’Asie du Sud-Est, mais choisit de capturer la vie moderne dans ces lieux. Les scènes en noir et blanc, représentant l’histoire fictive d’Edward (Gonçalo Waddington), un fonctionnaire britannique fuyant sa fiancée Molly (Crista Alfaiate), sont entrecoupées de séquences colorées montrant la réalité actuelle des villes traversées par les personnages. Cette approche audacieuse transforme le film en un voyage visuel à travers le temps et l’espace, où la fiction et le documentaire se répondent de manière subtile.

Le film se divise en deux parties distinctes. Dans la première, on suit Edward dans son périple de fuite, une sorte de comédie burlesque où il tente d’échapper à un mariage qui le terrifie.

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Le délitement de la société antillaise, conséquence de la crise existentielle en France hexagonale !

— Par Jean-Marie Nol —
Le délitement de la société antillaise trouve aujourd’hui son explication dans un phénomène insidieux et profondément enraciné : le vide existentiel qui s’installe  de manière progressive en France hexagonale . Près de 80 ans après la départementalisation, la Guadeloupe et la Martinique traversent une mutation sociale majeure découlant de la transformation disruptive de de société française , marquée par une crise du sens, une montée des addictions, une violence accrue et un exil massif des jeunes générations. Ce constat alarmant n’est pas un simple phénomène conjoncturel, mais le résultat d’une évolution lente et complexe, où se mêlent modernité, individualisation et effritement des liens sociaux.

La départementalisation, promulguée en 1946, a marqué un tournant dans l’histoire des Antilles françaises. Elle a amorcé une transformation profonde de la société, rompant en partie avec les structures coloniales d’antan et intégrant progressivement ces territoires dans le modèle républicain français. Pendant les Trente Glorieuses, l’élévation du niveau de vie, la mise en place de l’État providence et l’essor du salariat ont contribué à réduire les inégalités qui, au XIXe siècle, étaient extrêmement marquées.

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Rendre hommage à Frantz Fanon

Appel aux Martiniquaises et Martiniquais

— Par Raphaël Constant & Victor Permal —

« La densité de l’histoire ne détermine aucun de mes actes. Je suis mon propre fondement. Et c’est en dépassant la donnée historique instrumentale que j’introduis le cycle de ma liberté »

(Franz FANON in Peau noire, masques blancs p20C)

Frantz FANON avécu 36ans sur notre terre. Voilà donc 64ans qu’il est décédé aux USAd’une leucémie et, conformément à son souhait, enterrer en terre d’Algérie.

Il nous a laissé un livre-testament écrit la dernière année de sa vie, 1961.

Ce livre « Les damnés de la terre » constitue d’après nous une référence incontournable pour alimenter nos luttes de libération, individuelle et collective.

C’est pour cela que Nous acteurs du Cercle Frantz FANON avons proposé que cet ouvrage soit au centre de la rencontre internationale que nous avons programmée du 17 au 20 juillet 2025 en Martinique et qui se terminera en un acte symbolique le jour du 100ème anniversaire de la naissance de Frantz Fanon.

Nous rappelons qu’à l’initiative ardente de Marcel MANVILLE, ami et compagnon de Frantz FANON, eut lieu en Martinique, en 1982, le Mémorial Frantz FANON.

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Traduction en créole haïtien de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne simplifiée

—Par Robert Berrouët-Oriol (*) —

Repères bibliographiques 

Titre de l’ouvrage : « Chat dwa ak libète moun Vèsyon senp », 40 pages, 2024. (Traduction en créole haïtien de la Charte québécoise des droits et libertés de la personne simplifiée.)

Traduction : Sabine Monpierre, Conseillère en éducation et promotion des droits, Direction de l’éducation et de la promotion des droits, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Éditeur : Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse du Québec.

Mention : « Komisyon dwa moun ak dwa jèn yo remèsye Éducaloi pou kontribisyon li nan redaksyon vèsyon orijinal dokiman sila a. »

Revizyon : Walph Ferentzi Youyou. Pou Komite entènasyonal pou pwomosyon kreyòl ak alfabetizasyon (KEPKAA) : Pierre-Roland Bain, Marvens Jeanty, lengwis, tradiktè.

Avètisman. « Vèsyon senp sila se yon zouti pou edikasyon ki pa gen okenn valè legal. Li pa ranplase tèks orijinal Chat la. Nou dwe refere nou nan tèks orijnal Chat la pou tout revandikasyon politik osnon tout sipò jiridik. »

Le spectacle inaugural de la 23ème édition du Mois du créole à Montréal a tenu le pari de ne pas enfermer la langue créole dans l’enclos de la myopie historique ou du discours identitaire clivant, sectaire et dogmatique.

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La précarité menstruelle, une réalité bien présente dans notre pays !

— Par Culture Egalité —

La précarité menstruelle est une injustice sociale et une question de santé publique qui touche de nombreuses jeunes filles et femmes menstruées en Martinique.

Dans notre région où le coût de la vie est plus élevé qu’en France et où les inégalités économiques persistent, les femmes sont particulièrement vulnérables.

Face à cette réalité préoccupante, notre association agit depuis plusieurs années pour briser ce tabou et favoriser des solutions concrètes.

Afin de répondre plus efficacement aux besoins, nous mettons en place un réseau de lutte solidaire visant à garantir un accès digne et gratuit aux protections périodiques pour toutes.

En proposant gratuitement des protections hygiéniques et en menant des campagnes de sensibilisation, nous refusons que les menstruations soient un facteur d’exclusion sociale.

Notre réseau repose sur la mobilisation collective de plusieurs partenaires associatifs : actuellement l’ACISE INSERTION ENVIRONNEMENT, CHENN LANMOU et EMERGENCE PRO ROBERT, des institutions : l’ARS Martinique, la DREETS, la CACEM, la ville de FORT-DE-FRANCE, la FONDATION EDF et notre fournisseur CORESTEL.

Cette action permettra : une distribution optimale des protections au sein de chaque structure, la coordination des actions de sensibilisation auprès du grand public et des femmes bénéficiaires, un plaidoyer renforcé auprès des pouvoirs publics pour des politiques inclusives en matière d’hygiène menstruelle.

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Nous sommes tous d’une île

Par Yves Untel Pastel

Nous sommes tous d’une île !
Île poussière, Ou vaste continent !
Île, fragment disséminé en mer, Ou enclave en pleine terre.
Nous sommes peuples pluriels, en nos myriades d’archipels,
Dans tous les antipodes diasporiques.

Mais, En nous résonne, Un ADN COMMUN,
Une vibration singulière
Gouvernant notre empire intérieur,
C’est le battement millénaire
Du tambour matriciel originel.

Oui, c’est ainsi que nous savons, Qu’au-delà des frontières,
Nous sommes frères et sœurs, Enfants d’une même mère, l’Afrique.
Et c’est cette fraternité fondamentale que nous avons célébrée,
Que nous célébrons et célébrerons encore
Aujourd’hui, partout et toujours,
En évoquant, en honorant, En faisant vibrer, en faisant parler,
Ce cœur qui nous est commun : LE TAMBOUR

Voilà des millénaires Que le Tambour matriciel résonne,
A travers nos tambours singuliers, Chantant aux pieds des baobabs,
S’interpellant d’écho en écho,
De continent en continent.

Tambour mandingue, tambour zoulou,
Tambour kongo, Tambour bantou, en leurs pulsations originelles,
Mais aussi, survivant aux affres de toutes les déportations,
Dans la forge mortifère de tous les échanges triangulaires.

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Mobiliser la diapora antillaise pour le développement local

Plaidoyer

Il serait plus que temps que la diaspora s’inscrive dans une trajectoire de développement économique et financier des pays Guadeloupe et Martinique !

Pour ce faire il faudrait organiser sans plus tarder un salon des Antilles itinérant dans toutes les grandes villes où se trouvent une diaspora Antillaise avec le concours des collectivités locales, des comités de tourisme, de l’université des Antilles, des représentants de banques ,de groupes culturels ,etc…

La diaspora guadeloupéenne et martiniquaise représente une force inexploitée qui pourrait pourtant jouer un rôle clé dans le développement des 2 îles. Avec environ plus de 600 000 Antillais vivant à l’étranger, notamment en France hexagonale, en Europe , en Amérique du Nord et du Sud , en Asie, dans les territoires d’outre-mer, et dans les Caraïbes, la question de leur implication financière et entrepreneuriale dans l’économie locale mérite une attention particulière. Contrairement à d’autres pays qui, depuis plus de deux décennies, ont su capter et mobiliser leur diaspora au service du développement national, la Guadeloupe tout comme la Martinique accusent un retard important dans ce domaine. Aujourd’hui, face aux défis économiques et sociaux, il devient impératif de structurer une véritable politique d’engagement financier de cette communauté expatriée.

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Chlordécone : C’est quoi le préjudice d’anxiété, base légale de la condamnation de l’Etat ?

Le préjudice d’anxiété est une notion juridique qui désigne la souffrance psychologique ressentie par une personne en raison de l’incertitude liée au développement d’une maladie grave suite à son exposition à un risque, généralement professionnel. Ce préjudice est souvent associé à l’exposition à des substances dangereuses, telles que l’amiante, les produits chimiques ou d’autres agents toxiques. Bien qu’il s’agisse d’un dommage psychologique, il est désormais reconnu et indemnisé par le droit français, comme en témoigne plusieurs décisions de justice, notamment en ce qui concerne l’amiante.

Le concept du préjudice d’anxiété a été consacré pour la première fois en France par la Cour de cassation en 2010, dans une affaire impliquant des travailleurs exposés à l’amiante. Bien que ces travailleurs n’aient pas encore développé de maladies graves, ils vivaient dans une angoisse permanente de contracter des pathologies graves, telles que le cancer de la plèvre, en raison de leur exposition prolongée à ce matériau toxique. Cette décision a ouvert la voie à la reconnaissance de la souffrance psychologique liée à l’incertitude de la maladie, et l’indemnisation des victimes a été étendue à d’autres situations où un risque similaire existait.

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Le Pass’colo aide à financer une colonie pour les jeunes de 11 ans

Le Pass’colo est un dispositif de l’État visant à favoriser les départs en colonies de vacances des enfants durant l’année civile de leurs 11 ans, un âge charnière de l’entrée au collège. L’aide attribuée varie entre 200 et 350 € selon les ressources du foyer. Pour en bénéficier, votre enfant doit être né entre le 1er janvier 2014 et le 31 décembre 2014. Si votre enfant est né en 2013 et que vous n’avez pas utilisé l’aide en 2024, vous pouvez toujours en bénéficier cette année. L’aide est utilisable pour un seul séjour par enfant et uniquement pendant les vacances scolaires. 

Cette initiative est issue du Pacte des solidarités qui est entré en vigueur au 1er janvier 2024.

Consultez la liste des séjours 2025 éligibles au dispositif. Des colonies sont disponibles pour les vacances de printemps et d’été.

À savoir  

Vous ne pouvez recevoir le Pass’colo qu’une seule fois par enfant et il doit être utilisé pendant les vacances scolaires. Il est cumulable avec les autres aides aux vacances.

Le montant de l’aide

Le montant du Pass’colo est calculé en fonction de votre quotient familial, et sera déduit directement du prix du séjour (l’aide est prise en charge par Vacaf).

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Arnaque : la banque n’est pas tenue de rembourser la victime négligente

Deux sociétés ont subi une attaque informatique par hameçonnage ayant conduit au versement de 6 virements vers des comptes étrangers. Elles ont demandé, sans succès, à leur banque le remboursement de ces opérations de paiement non autorisées. Elles saisissent la justice et assignent la banque en remboursement.

La cour d’appel condamne la banque à rembourser les sociétés à hauteur de 50 % des pertes subies. Pour elle, la banque a manqué à ses obligations de vigilance et de surveillance de ses systèmes. La banque se pourvoit en cassation.

La Cour de cassation casse et annule l’arrêt rendu en appel. Elle soutient que la responsabilité de la banque n’a pas été retenue par la cour d’appel en raison de la négligence des sociétés clientes. Ainsi, seules celles-ci doivent supporter les pertes subies.

Ainsi, la banque n’a pas à rembourser son client victime d’une escroquerie bancaire lorsque celui-ci a commis une négligence grave.

Voir aussi

Hameçonnage (phishing ou vishing)
Vous avez reçu un message (courriel/SMS : SMS : Short message system (service de message court)) ou un appel suspect de la part de votre banque ou d’une administration (par exemple, caisse d’Assurance maladie) ?

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